Agriculture : tout va de Travert

« On pense beaucoup plus aux paysans quand on a faim » Simone Weil

Aujourd’hui, la question agricole figurait à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Le projet de loi concocté à l’issue des Etats généraux de l’alimentation (EGA) qui se sont tenus au deuxième semestre 2017 est présenté par le ministre de l’Agriculture. Les mesures phares de cette loi Alimentation reflètent le néant d’une vision pérenne de redressement de l’agriculture française. Le ministre Stéphane Travert part du constat de la grande détresse de la paysannerie française pour aboutir à des mesures cosmétiques concernant la souffrance animale et le gaspillage alimentaire.

La moitié des agriculteurs gagne moins de 350 euros par mois. 70% des exploitations agricoles sont dans une situation financière extrêmement critique, voire en état de faillite. Un paysan se suicide tous les jours… Et le gouvernement nous parle par la voix de son ministre de souffrance animale. Quelle indécence ! Si l’industrialisation de l’abattage pose question, comment ne pas voir l’injustice suprême et le mépris qu’il y a à ne pas prendre en compte la disparition physique d’un monde paysan à l’agonie.

Stéphane Travert, fils de syndicaliste et apparatchik socialiste passé des frondeurs à Macron, n’a peut-être pas une conscience aigüe du drame qui se joue sous ses yeux et dont il prend sa part de responsabilité sans le vouloir. Limiter les promotions alimentaires, attribuer l’estimation des prix aux producteurs et non aux centrales d’achat, lutter contre le gaspillage, tout cela est bien et beau, mais peut-on y voir une volonté de sauver l’agriculture française ? Certainement non.

Au-delà de la profonde révolution des esprits qu’il faudrait entamer pour sauver le dépôt social et culturel de la paysannerie française, il faut surtout s’assurer que l’agriculture demeure un secteur pérenne de notre économie nationale. Qui dit agriculture dit souveraineté. Nulle souveraineté sans autosuffisance. Nulle indépendance possible sans autosuffisance alimentaire. A l’heure où la Chine achète des milliers d’hectares de terres agricoles en France, où nos paysans en sont réduits à mendier des subventions à l’Union européenne pour survivre, où nous ne cultivons plus en fonction des besoins réels mais selon le bon vouloir de la spéculation, où l’enseignement agricole est la proie des lobbies de la chimie, il est inadmissible que l’Etat se désolidarise de ses agriculteurs et les entraîne à marche forcée vers l’abattoir social.

Ni le président de la République ni son ministre Travert ne semblent avoir conscience de l’imminence de la disparition de ce qui a toujours fait la France : ses paysans. Certes il est annoncé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros, mais nul renseignement ne filtre encore sur la répartition de cet argent qui risque d’être capté, comme toute subvention, par les grandes exploitations prospères liées aux lobbies et aux syndicats. Il est urgent de soulager nos agriculteurs des dettes usurières et du soviétisme subventionné. Le gouvernement doit mettre en place un vaste mouvement de libération du monde agricole pour le dégager des serres réglementaires de Bruxelles, du poids des charges et de l’endettement.

Plutôt que de fondre les paysans dans le régime général de la sécurité sociale en programmant la mort de la MSA, le gouvernement devrait accorder aux agriculteurs une exception fiscale qui les dégage du poids de l’impôt durant un temps suffisamment long pour faciliter le redressement et renforcer l’attraction d’un secteur d’activité en perdition.

L’Etat français champion du monde du racket fiscal

Au XIVe siècle le paiement des impôts, excepté les contributions exceptionnelles consenties pour la guerre, était regardé comme un déshonneur, une honte réservée aux pays conquis, le signe visible de l’esclavage

Simone Weil, L’enracinement

 

Dans un silence assourdissant et quasi unanime, la France vient de décrocher une victoire mondiale sur laquelle l’Etat se montre très discret. Eurostat, l’équivalent européen de l’INSEE, l’affirme sans conteste : L’Etat français bat tous les records de prélèvements fiscaux et sociaux.

Il faut dire que nous avons des experts à la tête de l’Etat qui ont travaillé jour et nuit pour décrocher cette victoire. Le président Macron n’a pas chômé depuis son arrivée à l’Elysée il y a huit mois. Le cabinet d’audit Ernst&Young a relevé dans la loi Finances 2018 et les lois de finances rectificatives 2017 pas moins de 8 nouveaux prélèvements : un par mois.

Hollande avait fait mieux que Sarkozy et Macron s’inscrit dans les pas de son prédécesseur en matière de pression fiscale. Si la continuité de l’Etat est assurée en un domaine, c’est bien celui de l’impôt.

A côté des annonces tonitruantes concernant la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages ou encore la disparition de l’impôt sur la Fortune (ISF), Bercy a très vite concocté de nouvelles formules pour taxer les Français. Par exemple, l’ISF a immédiatement été remplacée par l’impôt sur la fortune immobilière : cas d’école de la technique Macron-Philippe.

Les prestidigitateurs au pouvoir enchaînent les tours pour faire accroire au changement et masquer des prélèvements toujours plus élevés. En sus, l’Etat se décharge de ses compétences et des frais attenants sur les collectivités locales, tout en réduisant son enveloppe des dotations générale de fonctionnement aux communes (30 milliards d’euros en moins sur les cinq dernières années). Résultat mathématique dans la plupart des cas, les impôts locaux augmentent aussi.

Exemple : l’Etat transfert la prévention des risques d’inondations aux collectivités mais ne fournit aucune aide au financement. Il y a 8000 kilomètres de digues à construire sans un sou vaillant à cet effet, alors que le chantier prévisionnel se chiffre dizaines de milliards. Résultat, une nouvelle taxe apparaît connue sous le nom de GeMAPI.

Exception notable, seule la ville d’Orange parvient à baisser ses taxes grâce à son désendettement total et à sa libération de l’usure depuis 2 ans : un modèle dont l’Etat devrait s’inspirer. Il n’en est rien.

Non content d’appauvrir sa population et ses corps intermédiaires par une imposition délirante, L’Etat ne semble pas prêt de revenir sur son train de vie, ni de réduire son déficit. Le scandale des privilèges des fonctionnaires de l’Assemblée nationale et du Sénat et de leurs logements de fonctions luxueux en plein Paris est l’un des exemples prosaïques de cette déconnexion entre le pays légal et le pays réel. L’enquête sur la caste des hauts fonctionnaires de Vincent Jauvert révèle les conflits d’intérêts, les rémunérations secrètes et le mélange des genres qui ont cours dans les plus hautes instances de l’Etat. Où que le regard du contribuable se porte, Caisse des Dépôts, Elysée, Bercy, Conseil d’Etat… partout règne la prévarication en bande organisée.

Si encore l’argent public permettait de défendre les Français et la souveraineté nationale… Or, l’Etat a malheureusement vendu depuis longtemps ses pouvoirs régaliens aux instances mondialistes et aux multinationales.

Il est grand temps de chasser les menteurs, les spoliateurs et les voleurs pour rendre aux Français leurs libertés et leur prospérité !

Jacques Bompard défend les paysans face à Christian Mounier

BompardM. Jacques Bompard, maire d’Orange, souhaite réagir aux propos de M. Mounier, vice-président du Conseil départemental de Vaucluse en charge des questions agricoles.
En effet, M. Jacques Bompard a découvert avec étonnement, dans Vaucluse Matin, le souhait de M. Christian Mounier d’écrire à tous les propriétaires agricoles afin de les forcer à louer leurs terres. Selon le vice-président du Conseil départemental, deux raisons inciteraient à agir en ce sens. D’abord, lutter contre la friche agricole. Deuxièmement, répondre aux injonctions du Préfet qui est en droit de demander aux propriétaires de louer leurs terres afin d’éviter les friches supposées.

D’abord, il se trouve que le problème de la friche agricole n’est pas que la conséquence du refus des propriétaires de louer leurs terres.

D’une part, elle résulte de la spéculation foncière en secteur péri-urbain, qui conduit inévitablement à un morcellement des exploitations et à une impossibilité à terme d’opérer une exploitation viable et rentable de ces parcelles. D’autre part, ces friches sont aussi la conséquence d’un abandon des terres à cause d’une non-reprise d’activité par la descendance des exploitants. Et puis, la location de ces terres n’avantage en rien les agriculteurs étant donné que les productions agricoles sont sous-payées car elles ne sont pas rétribuées à leur juste prix, notamment par rapport aux exigences de chaque instant qu’elles réclament. De plus, il faut savoir que les prix des locations sont encadrés par arrêté préfectoral, en fonction des rendements et de la qualité des parcelles, et donc que la location n’est en rien un moyen de rentabilité à long terme. Enfin, la location d’une terre est un vrai risque de spoliation pour le propriétaire, étant donné que dans un bail agricole, le droit de renouvellement est de fait infini, et que l’exploitant ne peut même pas reprendre son bien lorsqu’il souhaite le vendre. Je comprends donc la réticence des propriétaires à répondre à l’appel du Conseil départemental puisque il n’y a rien qui puisse les favoriser dans une telle démarche.
Enfin, l’attitude de M. le vice-président du Conseil départemental est assez étonnante pour être soulignée, car M. Mounier est normalement le tenant d’un pouvoir décentralisé, et finalement il s’en remet à l’autorité centralisée, en devançant les attentes préfectorales. Or le rôle d’un élu local n’est-il pas de se préoccuper avant tout du sort de ses concitoyens, plutôt que de s’associer à la promotion d’une loi parisienne qui méconnaît la réalité du terrain et oppresse le monde agricole ?
Pour conclure, la solution ne serait-elle pas de changer l’ensemble des règles qui rend l’entretien de la terre non rentable, afin qu’elle puisse le redevenir de manière totalement naturelle ? Mais imaginer seulement en revenir à la normalité et au bon sens est totalement opposé au règne du prêt à penser qui domine la France.

Macron : le zombie de la PAC

Répondre aux besoins des consommateurs sur le marché : telle semble être l’épine dorsale du programme d’Emmanuel Macron en matière agricole. En véritable garant de la politique défectueuse menée par son prédécesseur de la rue de Varenne, le candidat d’En Marche renouvelle son vif soutien à la Politique Agricole Commune, à laquelle il souhaite néanmoins redonner des couleurs. Couleurs toutes transatlantiques : en instituant un « système de subventions contracyliques de garantie sur les prix ou le chiffre d’affaires »[1] dans le domaine agricole, Macron ne fait qu’ébaucher une disposition inapplicable sur le territoire français. Inféodée aux règles budgétaires plafonnées de Bruxelles, un tel pastiche du système américain ne ferait qu’entériner la précarisation des agriculteurs.

Aspirant à cristalliser son image de progressiste assumé, l’héritier d’Hollande tente vainement de flatter un électorat que son gouvernement n’a cessé de dépecer. Là, le candidat à l’Elysée annonce une modernisation des exploitations agricoles, oubliant que les exploitants surendettées ne pourront investir quelconque subsides dans la remise à neuf de leur matériel. Une disposition qui plus est davantage destinée à satisfaire les marchés par une productivité accrue, qu’à soulager les conditions de production des agriculteurs. Flatterie, encore, lorsque l’ancien locataire de Bercy annonce « renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs dans le respect de la législation européenne pour qu’ils fassent le poids face aux industriels et aux distributeurs » ; sans jamais dénigrer les modes de gestion d’une production intensive, Emmanuel Macron sait pourtant que la législation européenne en ce domaine a fait la preuve de ses échecs et que ce n’est guère en délivrant aux agriculteurs une faculté d’expression factice qu’il parviendra à apaiser leur légitime courroux.

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Le plus vil des camouflets infligés aux agriculteurs fut sans nul doute l’hommage que rendit Emmanuel Macron, à l’issue de la présentation de son programme agricole en janvier, à Stéphane le Foll. Un ministre de l’Agriculture dont le seul exploit fut d’être le seul de toute la Cinquième République à rester à la tête de son ministère cinq années durant. Un ministre qui contribua à la faillite des éleveurs bovins en restant sourd aux dangers que produirait l’embargo à l’encontre de la Russie sur le prix de la viande française. Un potentat qui ne sut pas favoriser la production céréalière française, alors même que celle-ci connaissait une chute de 30 à 40% et se voyait confrontée à la folle concurrence avec un marché mondiale pléthorique…

Sans réponse sur l’orientation qu’il donnera à la recherche sur les OGM ; sans avis sur les traités mondiaux (CETA, TAFTA) dont cet adorateur échevelé de la mondialisation fera rejaillir le spectre inquiétant ; c’est à l’enterrement définitif de l’agriculture française que la présidence d’Emmanuel Macron va vouer son quinquennat.

[1] Cf. La France agricole, Macron expose son programme agricole, 17.01.2017.

Emmanuel Macron faiseur d’illusions et créateur de nouvelles discriminations

Emmanuel Macron se comporte comme un banquier qui achète tout, y compris les emplois. Alors que le fils spirituel de celui qui est encore président scande qu’« il faut faire sauter les verrous, les tabous, les discriminations », il promeut la discrimination positive sans rougir, à travers les emplois francs. Que les électeurs ne s’y trompent pas, cette mesure a été instituée à titre expérimental depuis juin 2013 sous la houlette de François Hollande. L’objectif est de permettre aux habitants des quartiers prioritaires d’être embauchés plus facilement.

L’entreprise qui emploiera un salarié en CDI « bénéficiera d’une prime de 15 000 euros étalée sur trois ans, ce sera comme si elle ne payait plus de charges ! ». Comme à son habitude Emmanuel Macron agite un rêve qui séduit plus qu’il ne construit. La discrimination ne lui fait pas horreur, il s’en délecte en en créant une nouvelle ! Saigner la classe moyenne ne lui fait pas peur, il promet des aides aux entreprises qui seront financées par les même Français qui ne pourront pas être embauchés, du fait même de cette faveur faite aux habitants des quartiers prioritaires. L’hypocrisie est à son comble.

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L’emploi marchand, qui regroupe l’ensemble des personnes exerçant une activité dans la production des biens et des services destinés à être écoulés sur un marché, est la cible d’Emmanuel Macron. Certes, mais que fait-il de ses emplois marchands lorsqu’il désosse l’industrie française en la bradant comme il l’a fait avec Areva, Alstom et Alcatel ? Les économies étrangères prennent le contrôle de ce qui jadis fut le fleuron de l’industrie française. Peu importe que la France soit déclassée en perdant son triple A puisque, dans l’esprit mondialiste d’Emmanuel Macron, le savoir-faire français est la marque d’un temps ancien. Le candidat du second tour des élections présidentielles n’est pas celui des Français mais des grands groupes industriels étrangers.

Pour lutter contre ce « recyclage » permanent de mesures qui mettent à genoux la France, Jacques Bompard n’a de cesse de dénoncer l’absence de réformes profondes nécessaires à redynamiser le marché de l’emploi aussi bien au niveau local qu’à travers son travail parlementaire.

 

Avec Macron les Dimanche ne seront plus pour Dieu mais pour les marchés !

A la veille du second tour de l’élection présidentielle, le bilan du quinquennat Hollande en matière de travail s’avère désastreux : cinq ans d’impotence, dont Emmanuel Macron risque de se révéler l’héritier légitime. L’impéritie du président ne lui aura permis « d’inverser la courbe du chômage » ; elle lui aura également fait abonder dans le sens des lois émises par son ministre de l’Economie d’alors, à l’instar de la loi sur le travail du Dimanche.

Une législation dont son auteur assurait, en 2014, qu’elle favoriserait le retour de la croissance en France. Echec patent: en 2016, la croissance se révélait moins haute qu’en 2015[1]… A l’heure du passage de cette loi inique, Jacques Bompard en dénonçait déjà les pièges fallacieux : « jamais l’idéologie n’est efficace pour relancer la machine économique, jamais le pragmatisme ne peut être supplanté par la volonté de faire participer nos structures économiques au changement de civilisation promu par la gauche française » soulignait-il au détour d’une tribune[2].

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Car à cet écueil de la politique économique du banquier du parti socialiste, s’ajoute également un péril civilisationnel auquel la gauche nous aura presque accoutumée : celui de la perte de nos repères traditionnels. Depuis Constantin, le Dimanche est chômé ; il en va là des racines chrétiennes de notre civilisation européenne millénaire, soucieuse de mettre sa politique au service du bien de la Cité et de ses ressortissants. En favorisant la mise en place de zones commerciales cyclopéennes ouvertes le dimanche, Emmanuel Macron installe les soubassements d’une société esclave des marchés, où les Dimanche ne sont plus dévolus à Dieu mais à la banque mondiale.

Les familles seront les premières victimes de cette disposition : comme le député de Vaucluse l’annonçait en 2014, cette législation entérine le modèle de société que la gauche porte en étendard : une société résumée à « une somme d’individus dénués de toute solidarité naturelle et de toute vie familiale ». En s’introduisant de la sorte dans la vie de famille des Français, Emmanuel Macron perpétue l’œuvre de son maître : une immixtion d’une nouvelle forme pourtant, parachevant la mise en berne de nos traditions, en y adjoignant l’inféodation totale à un modèle économique auquel les Français, eût égard à la lecture des scrutins de dimanche dernier, n’aspirent pas.

Soucieux que le travail du Dimanche reste un jour chômé, Jacques Bompard avait porté à l’attention du Parlement une proposition de loi en juillet 2016, alertant des risques de cette « intrusion délicate[ment fallacieuse] dans la gestion de [l]a vie de famille ». N’est-il pas temps de sonner le glas de ces cinq années de politique immersive, dévastatrice à toutes les échelles ?

 

[1] http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/02/28/20002-20170228ARTFIG00091-la-croissance-moins-forte-en-2016-qu-en-2015.php

[2] www.les4verites.com/societe/non-au-travail-du-dimanche-2

Ceta : haro sur nos exploitants agricoles locaux !

Le vote avait lieu hier : au Parlement Européen, près de 408 députés à l’Union Européenne ont adopté l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada (CETA). Au dehors, l’ambiance est houleuse : les opposants au texte, issus de la société civile, crient leur indignation face à un texte désastreux.

Mais au siège du Parlement Européen, la coalition libérale est à l’œuvre : au nom du « caractère démocratique de la prise de décision en Europe », au titre de la nature « singulièrement progressiste de l’accord », il fallait s’élever en faveur de ce texte. Voter le CETA, un gage de conformisme bon teint ? De Jean-Claude Juncker à Justin Trudeau, les chantres du néolibéralisme s’érigent en défenseurs des vertus d’un traité qui engendrera la perte de 230 000 emplois, dont 200 000 seulement pour la seule Union Européenne[1].

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Aux quelques audacieux qui oseraient s’opposer à cet écrin du progressisme, on brandit l’épouvantail d’une tentation protectionnisme. Et de la droite à la gauche, tous s’y accordent : « Nous voulons le partenariat, pas le protectionnisme », s’insurge Manfred Weber président du groupe PPE au Parlement Européen. La menace est toute pointée du doigt : au-delà de l’Atlantique, les propos du Président Donald Trump sur la préférence d’une économie faisant prévaloir les acteurs nationaux dérangent. Qu’importe, donc, que les bénéfices d’un tel traité se révèlent quasi nuls. Qu’importe, que le PIB de l’Union ne connaisse qu’une progression infirme (0.08%) à l’application d’un tel traité. Qu’importe que les peuples s’y opposent/

Introduction de droits de justices privées pour des entreprises étrangères, au détriment des institutions nationales ; entrée intrusives de lobbies industriels susceptibles d’attaquer chaque pays membre de l’Union ; dommages sanitaires collatéraux sur les exploitations agricoles locaux,… : dès le 1er mars, ce sont ces mesures-là qui vont s’imposer à l’Union Européenne.

Soumises aux exigences de plus en plus fortes d’une mondialisation destructrice ; atteintes en leur cœur par un traité de libre-échange faisant primer la quantité et une réponse à la demande rapide au détriment de la qualité du produit, nos filières agricoles et artisanales ne pourront se relever d’une telle attaque. L’adoption des traités de libre-échange signent la fin d’une économie fondée sur la nature même des intérêts nationaux.

Un espoir toutefois demeure : les trente-huit parlements régionaux et nationaux doivent encore ratifier le texte. L’opposition farouche de la Wallonie, à l’issue de la signature des premières négociations du texte, laissent à penser que le rejet du texte est encore possible…

[1] Selon une étude de l’Université américaine Tufts.

Jacques Bompard pour la promotion des langues régionales !

En Séance, Jacques Bomard a fait référence, lors du passage du texte sur la promotion des langues régionales, à ces paroles de Frédéric Mistral.  » Il faut qu’il sache, notre peuple, que la langue qu’il parle, a été, lorsqu’il l’a voulu, la langue poétique et littéraire de l’Europe, la langue de l’amour, du Gai-Savoir, des libertés municipales, de la civilisation ».

Retrouver les interventions filmées de son discours :

http://youtu.be/28TFIbC7_mI
https://youtu.be/0t0rUDT29J0
https://youtu.be/I16A2He8BYQ

 

 

Retrouver l’allocution complète de Jacques Bompard.

Promotion-des-langues-régionale1-page-001

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Statut de Paris et aménagement métropolitain

Jacques Bompard parlait dans l’hémicycle de la proposition de loi sur le statut de Paris et l’aménagement métropolitain.

« Une remarque sur l’article 21 de votre texte. Il parle prérogatives de l’édile et notamment salubrité des bâtiments. Je crains que nous ne puissions pas faire confiance du tout à la municipalité de Paris sur ces questions. Prenons par exemple le patrimoine religieux, patrimoine volé en 1905 avec promesse de bonne gestion des biens. Dans un article du 5 janvier Valeurs Actuelles titre : Miséricorde pour les églises de Paris. Notre Dame de Lorette, saint Philippe du Roule ; Sainte Croix des Arméniens, autant de paroisses laissées à l’abandon« , a-t-il souligné.

https://youtu.be/e7V_9ub_ET4