Marion Maréchal : observations d’un sceptique

Petite-fille de Jean-Marie Le Pen, fille de Samuel Maréchal, étoile filante de la politique locale (un mandat et puis s’en va !), désormais directrice d’école, le parcours de Marion sans Le Pen ne cesse de me surprendre. Pourtant, je dois bien confesser qu’il y a des éléments qui me tracassent dans cette sucess-story un peu trop lisse, un peu trop bien racontée, un peu trop séquencée à mon goût. Marion à l’Assemblée, Marion en Amérique, Marion au pèlerinage de Chartres, Marion s’installe à Lyon… Il y a un côté « dans l’épisode précédent… » qui est addictif mais casse le naturel d’une carrière et d’un combat politique souvent fait d’horions et d’avanies. Oh je ne me plains pas, mais l’expérience m’a appris à être méfiant.

Marion, l’étrange coqueluche des médias

Elle est jeune, elle est belle, elle a tout pour elle… Indéniablement l’ancienne député de Vaucluse que j’ai eu l’heur d’avoir pour voisine sur les bancs du Palais Bourbon ne manque ni de charme ni de succès dans ses entreprises. Du moins en apparence. Il faut dire que le récit déployé à longueur de pages de magazines, de photos sur papier glacé et de reportages télévisés, est à la hauteur d’une mise sur orbite rarement constatée.

Cependant rappelez-vous le lancement du jeune premier, vous savez cet obscur conseiller économique de la campagne de François Hollande, mince ! celui dont le nom m’échappe mais qui fut secrétaire général adjoint de l’Elysée avant d’être propulsé à Bercy… Celui dont personne n’avait entendu parler, celui qui n’avait même jamais daigné se présenter au suffrage des électeurs, mais qui a su parfaitement capter le désir de changement en mêlant populisme et technocratie. Souvenez-vous donc de lui, d’Emmanuel Macron, et de la véritable campagne d’affichage en sa faveur à la une de tous les journaux, alors qu’à l’époque l’homme n’avait déclaré aucune intention d’accéder à la fonction suprême de la République.

Je le confesse, je ne peux m’empêcher de voir une identité de situation, voire de stratégie, dans cette starisation à l’américaine. Ceux qui pensent que cette mise en scène est directement inspirée par Marion elle-même se trompent néanmoins, même si elle en a l’usufruit. Mais pourquoi le système aurait intérêt à propulser et à maintenir cette jeune fille sur le devant de la scène malgré ses idées théoriquement conservatrices ?

Marion contre Marine

Quel scoop ! me direz-vous, oui Marion est l’anti-Marine. Tout observateur de la vie politique sait que Marine Le Pen ne peut et ne se relèvera pas de son débat catastrophique de l’entre-deux tours. Même Alain Duhamel le sait, c’est dire s’il ne s’agit pas d’une brillante analyse mais d’un constat d’évidence. Il faut donc trouver une ou un remplaçant d’envergure dans le jeu dialectique de notre démocratie-spectacle. Et il semble bien que le nom du substitut soit déjà connu de tous, d’autant que la droite parlementaire traverse un véritable désert. Marion Maréchal est la candidate idoine pour suppléer aux déficiences de sa tante. Sans parti mais soutenue par de nombreux réseaux qui se ramifient jusqu’au-delà de l’Atlantique, l’ancienne député cultive sans avoir l’air une ambigüité qui lui laisse la plus large marge de manœuvre possible. Se présentera ? Se présentera pas ? Nul ne peut affirmer l’une de ces alternatives avec assurance, et je ne m’y risquerais pas, quand bien même la logique incline en ce sens. Cependant la logique politique aurait aussi voulu qu’elle restât dans sa circonscription et qu’elle s’enracina, ce qu’elle refusa au risque de tromper l’espérance de ses militants les plus dévoués.

En conclusion, et au regard de mes quelques doutes, je ne voudrais pas que mes pensées soient vues comme de simples piques lancées par vilenie. Je m’interroge publiquement. C’est tout. Ce questionnement est aussi alimenté par quelques souvenirs de l’Assemblée lorsque, lors de débats houleux et catégoriques, j’ai eu l’impression que la jeune promesse de la droite nationale flanchait et préférait donner des gages plutôt que de maintenir l’adversité. Je songe notamment à quelques paroles malheureuses sur la loi Veil qui me paraissent encore aujourd’hui comme un refus réel de lutter pied à pied contre le système.

Surtout, et c’est peut-être le grand scrupule qui m’habite en regardant le film « Marion face à son destin », de telles promotions ne sont jamais gratuites. J’entends par là qu’il existe toujours une contrepartie, et je ne vois pas comment l’enrôlement comme agent du système peut être la confirmation d’une pensée droite et d’un combat indéfectible pour le bien commun. Nous ne pouvons servir deux maîtres, et certaines attitudes nous placent obligatoirement dans l’un des deux camps. Espérons qu’elle conserve cette pensée à l’esprit, car les grands médias suivent une feuille de route qui est strictement écrite : aucun engouement médiatique n’arrive par hasard. Les chiens de garde obéissent à leurs maîtres.

Est-ce la fin de l’Armée française ?

Il fut un temps où la simple prononciation des mots Armée française claquait comme le slogan de la grandeur qui étreignait la France. Devenir militaire, porter l’uniforme de notre belle Armée, signifiait s’engager pour un idéal patriotique ayant toute sa place dans le concert des Nations.

Autre temps, autre mœurs. Emmanuel Macron, comme avant lui François Hollande et bien d’autres politiciens, achèvent peu à peu le modèle d’une France qui s’assumait et qui n’avait pas honte d’être ce qu’elle était.

Aujourd’hui, Florence Parly, l’inconnue ministre des Armées, a annoncé la volonté d’en finir avec la suprématie européenne de l’Armée française. Un partenariat stratégique va être noué avec la Bundeswehr, l’armée allemande. Je n’ai absolument rien contre les projets européens fédérateurs, mais annoncer cette coopération après avoir diminué de 800 millions d’euros le budget destiné à nos militaires français, prouve bien l’objectif affiché de nos dirigeants : en finir avec une armée encombrante.

Alors que tous les pays de la planète font de leur Armée, à savoir de leur outil de défense nationale, une priorité, puisque la Suède comme la Lituanie réinstaurent le service militaire obligatoire, que le Japon consacre 39 milliards d’euros à son Armée, Macron fait tout le contraire.  En effet, il privilégie la perpétuation des gaspillages de l’entretien ruineux et suicidaire de l’Etat comme des communautarismes, et diminue les efforts budgétaires et financiers pour partager nos peu de moyens opérationnels avec l’Allemagne, qui pour le coup, dispose déjà d’une armée minimaliste.

Cela signifie donc que la France va devoir de nouveau assurer une bonne partie de l’effort militaire européen, avec des moyens et des dotations de plus en plus réduits. Cela prouve que même le projet européen du tandem Macron-Parly est bien trop étroit pour assurer la relève de notre modèle de civilisation.

Le coup d’Etat de la technocratie contre le peuple italien

Dans notre histoire commune, Athènes et Rome passent pour être les mères des fondements de notre démocratie moderne. C’est un modèle qui fut admiré et chanté au XVIIIè siècle, Montesquieu y voyant la définition de la vertu même.

Tout le paradoxe c’est que ce qui reste de cet exemple de démocratie occidentale est désormais malmené, sacrifié et détruit sur l’autel de la technocratie et de la bien-pensance. Le pire, c’est que cela se déroule chez la mère patrie, à Rome.

En mars dernier, 69% des suffrages italiens condamnaient sans ambages le système politique en place, en faisant confiance à des coalitions politiques atypiques. Les deux grands vainqueurs du scrutin étaient le Mouvement 5 Etoiles de Luigi Di Maio et la Ligue du Nord de Matteo Salvini. Les Italiens ont donc clairement exprimé leur souhait d’en finir avec les partis de gouvernement de gauche comme de droite qui se succédaient depuis des années, et dont la principale préoccupation restait de s’aligner scrupuleusement sur le diktat bruxellois. Au nom du système, l’électeur italien s’est vu administrer durant des années une politique économique bruxelloise prônant l’austérité à tout va, avec en contrepartie des augmentations d’impôts et le rabotage des salaires comme des retraites. L’argument brandi : l’avenir de l’Europe. Au nom de la sacro-sainte bien-pensance, les Italiens ont dû accepter l’arrivée d’un million de clandestins sur leurs côtes en l’espace de 20 ans, avec toutes les conséquences sociales et identitaires inhérentes. L’argument choisi : l’Europe terre d’accueil.

Il était donc tout à fait légitime que 7 Italiens sur 10 se prononcent massivement pour des partis osant se dresser contre le système et voulant défendre leur souveraineté. Clairement, l’Italie disait son choix de ne pas être la vassale de l’Europe. On retrouvait là tout l’esprit italien du 12è siècle qui avait sévi contre la féodalité d’antan, synonyme de confiscation des libertés.

Toutefois, Bruxelles n’est démocrate que lorsque cela l’arrange. Peu importe le traité de Copenhague de 1993 faisant du respect de la démocratie la condition sine qua non pour adhérer à l’U.E., Bruxelles et ses sbires europhiles ont décidé que le nouveau gouvernement italien n’était pas légitime et qu’il n’avait pas lieu d’exister, leur objectif premier restant de « préserver l’épargne des ménages ». Bruxelles s’assoit sans aucune difficulté sur la volonté populaire de 69% d’Italiens … et le président de la République italienne, notable sans légitimité démocratique, suit et avalise en refusant la formation d’un gouvernement anti-système directement issu de la légitimité populaire.

Ce jour du 27 mai fera date dans l’Histoire. Ce sera celle du reniement populaire et du triomphe d’une philosophie du prêt-à-penser qui prétend contrôler le monde. Cela signifie que le modèle politique que prépare l’Europe est celui de la dénonciation des Etats-Nations, considérés comme de simples supplétifs d’un système mondialisé souhaitant éradiquer nos frontières, nos cultures propres et nos particularités. Quant au vote, il n’est qu’un artifice devant acter du modèle mondialiste qui nous est imposé. Et si le peuple est contre, il n’a plus qu’à se taire.

Alors que l’Europe s’était fondée sur le souhait de préserver, au nom de la paix, notre civilisation occidentale commune, les eurocrates semblent préparer volontairement une guerre civile où le peuple européen aurait toutes les raisons de se battre pour le retour du bon sens, du bien commun et la préservation de son identité. Et surtout que l’on respecte son choix.

Agriculture : tout va de Travert

« On pense beaucoup plus aux paysans quand on a faim » Simone Weil

Aujourd’hui, la question agricole figurait à l’ordre du jour du Conseil des ministres. Le projet de loi concocté à l’issue des Etats généraux de l’alimentation (EGA) qui se sont tenus au deuxième semestre 2017 est présenté par le ministre de l’Agriculture. Les mesures phares de cette loi Alimentation reflètent le néant d’une vision pérenne de redressement de l’agriculture française. Le ministre Stéphane Travert part du constat de la grande détresse de la paysannerie française pour aboutir à des mesures cosmétiques concernant la souffrance animale et le gaspillage alimentaire.

La moitié des agriculteurs gagne moins de 350 euros par mois. 70% des exploitations agricoles sont dans une situation financière extrêmement critique, voire en état de faillite. Un paysan se suicide tous les jours… Et le gouvernement nous parle par la voix de son ministre de souffrance animale. Quelle indécence ! Si l’industrialisation de l’abattage pose question, comment ne pas voir l’injustice suprême et le mépris qu’il y a à ne pas prendre en compte la disparition physique d’un monde paysan à l’agonie.

Stéphane Travert, fils de syndicaliste et apparatchik socialiste passé des frondeurs à Macron, n’a peut-être pas une conscience aigüe du drame qui se joue sous ses yeux et dont il prend sa part de responsabilité sans le vouloir. Limiter les promotions alimentaires, attribuer l’estimation des prix aux producteurs et non aux centrales d’achat, lutter contre le gaspillage, tout cela est bien et beau, mais peut-on y voir une volonté de sauver l’agriculture française ? Certainement non.

Au-delà de la profonde révolution des esprits qu’il faudrait entamer pour sauver le dépôt social et culturel de la paysannerie française, il faut surtout s’assurer que l’agriculture demeure un secteur pérenne de notre économie nationale. Qui dit agriculture dit souveraineté. Nulle souveraineté sans autosuffisance. Nulle indépendance possible sans autosuffisance alimentaire. A l’heure où la Chine achète des milliers d’hectares de terres agricoles en France, où nos paysans en sont réduits à mendier des subventions à l’Union européenne pour survivre, où nous ne cultivons plus en fonction des besoins réels mais selon le bon vouloir de la spéculation, où l’enseignement agricole est la proie des lobbies de la chimie, il est inadmissible que l’Etat se désolidarise de ses agriculteurs et les entraîne à marche forcée vers l’abattoir social.

Ni le président de la République ni son ministre Travert ne semblent avoir conscience de l’imminence de la disparition de ce qui a toujours fait la France : ses paysans. Certes il est annoncé un plan d’investissement de 5 milliards d’euros, mais nul renseignement ne filtre encore sur la répartition de cet argent qui risque d’être capté, comme toute subvention, par les grandes exploitations prospères liées aux lobbies et aux syndicats. Il est urgent de soulager nos agriculteurs des dettes usurières et du soviétisme subventionné. Le gouvernement doit mettre en place un vaste mouvement de libération du monde agricole pour le dégager des serres réglementaires de Bruxelles, du poids des charges et de l’endettement.

Plutôt que de fondre les paysans dans le régime général de la sécurité sociale en programmant la mort de la MSA, le gouvernement devrait accorder aux agriculteurs une exception fiscale qui les dégage du poids de l’impôt durant un temps suffisamment long pour faciliter le redressement et renforcer l’attraction d’un secteur d’activité en perdition.

L’Etat français champion du monde du racket fiscal

Au XIVe siècle le paiement des impôts, excepté les contributions exceptionnelles consenties pour la guerre, était regardé comme un déshonneur, une honte réservée aux pays conquis, le signe visible de l’esclavage

Simone Weil, L’enracinement

 

Dans un silence assourdissant et quasi unanime, la France vient de décrocher une victoire mondiale sur laquelle l’Etat se montre très discret. Eurostat, l’équivalent européen de l’INSEE, l’affirme sans conteste : L’Etat français bat tous les records de prélèvements fiscaux et sociaux.

Il faut dire que nous avons des experts à la tête de l’Etat qui ont travaillé jour et nuit pour décrocher cette victoire. Le président Macron n’a pas chômé depuis son arrivée à l’Elysée il y a huit mois. Le cabinet d’audit Ernst&Young a relevé dans la loi Finances 2018 et les lois de finances rectificatives 2017 pas moins de 8 nouveaux prélèvements : un par mois.

Hollande avait fait mieux que Sarkozy et Macron s’inscrit dans les pas de son prédécesseur en matière de pression fiscale. Si la continuité de l’Etat est assurée en un domaine, c’est bien celui de l’impôt.

A côté des annonces tonitruantes concernant la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages ou encore la disparition de l’impôt sur la Fortune (ISF), Bercy a très vite concocté de nouvelles formules pour taxer les Français. Par exemple, l’ISF a immédiatement été remplacée par l’impôt sur la fortune immobilière : cas d’école de la technique Macron-Philippe.

Les prestidigitateurs au pouvoir enchaînent les tours pour faire accroire au changement et masquer des prélèvements toujours plus élevés. En sus, l’Etat se décharge de ses compétences et des frais attenants sur les collectivités locales, tout en réduisant son enveloppe des dotations générale de fonctionnement aux communes (30 milliards d’euros en moins sur les cinq dernières années). Résultat mathématique dans la plupart des cas, les impôts locaux augmentent aussi.

Exemple : l’Etat transfert la prévention des risques d’inondations aux collectivités mais ne fournit aucune aide au financement. Il y a 8000 kilomètres de digues à construire sans un sou vaillant à cet effet, alors que le chantier prévisionnel se chiffre dizaines de milliards. Résultat, une nouvelle taxe apparaît connue sous le nom de GeMAPI.

Exception notable, seule la ville d’Orange parvient à baisser ses taxes grâce à son désendettement total et à sa libération de l’usure depuis 2 ans : un modèle dont l’Etat devrait s’inspirer. Il n’en est rien.

Non content d’appauvrir sa population et ses corps intermédiaires par une imposition délirante, L’Etat ne semble pas prêt de revenir sur son train de vie, ni de réduire son déficit. Le scandale des privilèges des fonctionnaires de l’Assemblée nationale et du Sénat et de leurs logements de fonctions luxueux en plein Paris est l’un des exemples prosaïques de cette déconnexion entre le pays légal et le pays réel. L’enquête sur la caste des hauts fonctionnaires de Vincent Jauvert révèle les conflits d’intérêts, les rémunérations secrètes et le mélange des genres qui ont cours dans les plus hautes instances de l’Etat. Où que le regard du contribuable se porte, Caisse des Dépôts, Elysée, Bercy, Conseil d’Etat… partout règne la prévarication en bande organisée.

Si encore l’argent public permettait de défendre les Français et la souveraineté nationale… Or, l’Etat a malheureusement vendu depuis longtemps ses pouvoirs régaliens aux instances mondialistes et aux multinationales.

Il est grand temps de chasser les menteurs, les spoliateurs et les voleurs pour rendre aux Français leurs libertés et leur prospérité !

Jacques Bompard défend les paysans face à Christian Mounier

BompardM. Jacques Bompard, maire d’Orange, souhaite réagir aux propos de M. Mounier, vice-président du Conseil départemental de Vaucluse en charge des questions agricoles.
En effet, M. Jacques Bompard a découvert avec étonnement, dans Vaucluse Matin, le souhait de M. Christian Mounier d’écrire à tous les propriétaires agricoles afin de les forcer à louer leurs terres. Selon le vice-président du Conseil départemental, deux raisons inciteraient à agir en ce sens. D’abord, lutter contre la friche agricole. Deuxièmement, répondre aux injonctions du Préfet qui est en droit de demander aux propriétaires de louer leurs terres afin d’éviter les friches supposées.

D’abord, il se trouve que le problème de la friche agricole n’est pas que la conséquence du refus des propriétaires de louer leurs terres.

D’une part, elle résulte de la spéculation foncière en secteur péri-urbain, qui conduit inévitablement à un morcellement des exploitations et à une impossibilité à terme d’opérer une exploitation viable et rentable de ces parcelles. D’autre part, ces friches sont aussi la conséquence d’un abandon des terres à cause d’une non-reprise d’activité par la descendance des exploitants. Et puis, la location de ces terres n’avantage en rien les agriculteurs étant donné que les productions agricoles sont sous-payées car elles ne sont pas rétribuées à leur juste prix, notamment par rapport aux exigences de chaque instant qu’elles réclament. De plus, il faut savoir que les prix des locations sont encadrés par arrêté préfectoral, en fonction des rendements et de la qualité des parcelles, et donc que la location n’est en rien un moyen de rentabilité à long terme. Enfin, la location d’une terre est un vrai risque de spoliation pour le propriétaire, étant donné que dans un bail agricole, le droit de renouvellement est de fait infini, et que l’exploitant ne peut même pas reprendre son bien lorsqu’il souhaite le vendre. Je comprends donc la réticence des propriétaires à répondre à l’appel du Conseil départemental puisque il n’y a rien qui puisse les favoriser dans une telle démarche.
Enfin, l’attitude de M. le vice-président du Conseil départemental est assez étonnante pour être soulignée, car M. Mounier est normalement le tenant d’un pouvoir décentralisé, et finalement il s’en remet à l’autorité centralisée, en devançant les attentes préfectorales. Or le rôle d’un élu local n’est-il pas de se préoccuper avant tout du sort de ses concitoyens, plutôt que de s’associer à la promotion d’une loi parisienne qui méconnaît la réalité du terrain et oppresse le monde agricole ?
Pour conclure, la solution ne serait-elle pas de changer l’ensemble des règles qui rend l’entretien de la terre non rentable, afin qu’elle puisse le redevenir de manière totalement naturelle ? Mais imaginer seulement en revenir à la normalité et au bon sens est totalement opposé au règne du prêt à penser qui domine la France.

Macron : le zombie de la PAC

Répondre aux besoins des consommateurs sur le marché : telle semble être l’épine dorsale du programme d’Emmanuel Macron en matière agricole. En véritable garant de la politique défectueuse menée par son prédécesseur de la rue de Varenne, le candidat d’En Marche renouvelle son vif soutien à la Politique Agricole Commune, à laquelle il souhaite néanmoins redonner des couleurs. Couleurs toutes transatlantiques : en instituant un « système de subventions contracyliques de garantie sur les prix ou le chiffre d’affaires »[1] dans le domaine agricole, Macron ne fait qu’ébaucher une disposition inapplicable sur le territoire français. Inféodée aux règles budgétaires plafonnées de Bruxelles, un tel pastiche du système américain ne ferait qu’entériner la précarisation des agriculteurs.

Aspirant à cristalliser son image de progressiste assumé, l’héritier d’Hollande tente vainement de flatter un électorat que son gouvernement n’a cessé de dépecer. Là, le candidat à l’Elysée annonce une modernisation des exploitations agricoles, oubliant que les exploitants surendettées ne pourront investir quelconque subsides dans la remise à neuf de leur matériel. Une disposition qui plus est davantage destinée à satisfaire les marchés par une productivité accrue, qu’à soulager les conditions de production des agriculteurs. Flatterie, encore, lorsque l’ancien locataire de Bercy annonce « renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs dans le respect de la législation européenne pour qu’ils fassent le poids face aux industriels et aux distributeurs » ; sans jamais dénigrer les modes de gestion d’une production intensive, Emmanuel Macron sait pourtant que la législation européenne en ce domaine a fait la preuve de ses échecs et que ce n’est guère en délivrant aux agriculteurs une faculté d’expression factice qu’il parviendra à apaiser leur légitime courroux.

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Le plus vil des camouflets infligés aux agriculteurs fut sans nul doute l’hommage que rendit Emmanuel Macron, à l’issue de la présentation de son programme agricole en janvier, à Stéphane le Foll. Un ministre de l’Agriculture dont le seul exploit fut d’être le seul de toute la Cinquième République à rester à la tête de son ministère cinq années durant. Un ministre qui contribua à la faillite des éleveurs bovins en restant sourd aux dangers que produirait l’embargo à l’encontre de la Russie sur le prix de la viande française. Un potentat qui ne sut pas favoriser la production céréalière française, alors même que celle-ci connaissait une chute de 30 à 40% et se voyait confrontée à la folle concurrence avec un marché mondiale pléthorique…

Sans réponse sur l’orientation qu’il donnera à la recherche sur les OGM ; sans avis sur les traités mondiaux (CETA, TAFTA) dont cet adorateur échevelé de la mondialisation fera rejaillir le spectre inquiétant ; c’est à l’enterrement définitif de l’agriculture française que la présidence d’Emmanuel Macron va vouer son quinquennat.

[1] Cf. La France agricole, Macron expose son programme agricole, 17.01.2017.

Emmanuel Macron faiseur d’illusions et créateur de nouvelles discriminations

Emmanuel Macron se comporte comme un banquier qui achète tout, y compris les emplois. Alors que le fils spirituel de celui qui est encore président scande qu’« il faut faire sauter les verrous, les tabous, les discriminations », il promeut la discrimination positive sans rougir, à travers les emplois francs. Que les électeurs ne s’y trompent pas, cette mesure a été instituée à titre expérimental depuis juin 2013 sous la houlette de François Hollande. L’objectif est de permettre aux habitants des quartiers prioritaires d’être embauchés plus facilement.

L’entreprise qui emploiera un salarié en CDI « bénéficiera d’une prime de 15 000 euros étalée sur trois ans, ce sera comme si elle ne payait plus de charges ! ». Comme à son habitude Emmanuel Macron agite un rêve qui séduit plus qu’il ne construit. La discrimination ne lui fait pas horreur, il s’en délecte en en créant une nouvelle ! Saigner la classe moyenne ne lui fait pas peur, il promet des aides aux entreprises qui seront financées par les même Français qui ne pourront pas être embauchés, du fait même de cette faveur faite aux habitants des quartiers prioritaires. L’hypocrisie est à son comble.

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L’emploi marchand, qui regroupe l’ensemble des personnes exerçant une activité dans la production des biens et des services destinés à être écoulés sur un marché, est la cible d’Emmanuel Macron. Certes, mais que fait-il de ses emplois marchands lorsqu’il désosse l’industrie française en la bradant comme il l’a fait avec Areva, Alstom et Alcatel ? Les économies étrangères prennent le contrôle de ce qui jadis fut le fleuron de l’industrie française. Peu importe que la France soit déclassée en perdant son triple A puisque, dans l’esprit mondialiste d’Emmanuel Macron, le savoir-faire français est la marque d’un temps ancien. Le candidat du second tour des élections présidentielles n’est pas celui des Français mais des grands groupes industriels étrangers.

Pour lutter contre ce « recyclage » permanent de mesures qui mettent à genoux la France, Jacques Bompard n’a de cesse de dénoncer l’absence de réformes profondes nécessaires à redynamiser le marché de l’emploi aussi bien au niveau local qu’à travers son travail parlementaire.

 

Avec Macron les Dimanche ne seront plus pour Dieu mais pour les marchés !

A la veille du second tour de l’élection présidentielle, le bilan du quinquennat Hollande en matière de travail s’avère désastreux : cinq ans d’impotence, dont Emmanuel Macron risque de se révéler l’héritier légitime. L’impéritie du président ne lui aura permis « d’inverser la courbe du chômage » ; elle lui aura également fait abonder dans le sens des lois émises par son ministre de l’Economie d’alors, à l’instar de la loi sur le travail du Dimanche.

Une législation dont son auteur assurait, en 2014, qu’elle favoriserait le retour de la croissance en France. Echec patent: en 2016, la croissance se révélait moins haute qu’en 2015[1]… A l’heure du passage de cette loi inique, Jacques Bompard en dénonçait déjà les pièges fallacieux : « jamais l’idéologie n’est efficace pour relancer la machine économique, jamais le pragmatisme ne peut être supplanté par la volonté de faire participer nos structures économiques au changement de civilisation promu par la gauche française » soulignait-il au détour d’une tribune[2].

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Car à cet écueil de la politique économique du banquier du parti socialiste, s’ajoute également un péril civilisationnel auquel la gauche nous aura presque accoutumée : celui de la perte de nos repères traditionnels. Depuis Constantin, le Dimanche est chômé ; il en va là des racines chrétiennes de notre civilisation européenne millénaire, soucieuse de mettre sa politique au service du bien de la Cité et de ses ressortissants. En favorisant la mise en place de zones commerciales cyclopéennes ouvertes le dimanche, Emmanuel Macron installe les soubassements d’une société esclave des marchés, où les Dimanche ne sont plus dévolus à Dieu mais à la banque mondiale.

Les familles seront les premières victimes de cette disposition : comme le député de Vaucluse l’annonçait en 2014, cette législation entérine le modèle de société que la gauche porte en étendard : une société résumée à « une somme d’individus dénués de toute solidarité naturelle et de toute vie familiale ». En s’introduisant de la sorte dans la vie de famille des Français, Emmanuel Macron perpétue l’œuvre de son maître : une immixtion d’une nouvelle forme pourtant, parachevant la mise en berne de nos traditions, en y adjoignant l’inféodation totale à un modèle économique auquel les Français, eût égard à la lecture des scrutins de dimanche dernier, n’aspirent pas.

Soucieux que le travail du Dimanche reste un jour chômé, Jacques Bompard avait porté à l’attention du Parlement une proposition de loi en juillet 2016, alertant des risques de cette « intrusion délicate[ment fallacieuse] dans la gestion de [l]a vie de famille ». N’est-il pas temps de sonner le glas de ces cinq années de politique immersive, dévastatrice à toutes les échelles ?

 

[1] http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/02/28/20002-20170228ARTFIG00091-la-croissance-moins-forte-en-2016-qu-en-2015.php

[2] www.les4verites.com/societe/non-au-travail-du-dimanche-2