Adrien Perez, nouvelle victime du prêt-à-penser

Un coup de couteau. En plein cœur. Adrien Perez, 26 ans, meurt sur le parking d’une discothèque de l’agglomération grenobloise le 29 juillet dernier, au petit matin. Il a voulu s’interposer quand un couple d’amis a été agressé par un binôme de racailles, aujourd’hui en attente de jugement et écroué.

D’aucuns diront que l’histoire tragique d’Adrien Perez n’est malheureusement qu’un fait divers, la chronique de la sauvagerie ordinaire. D’autres ne prêteront qu’une attention de circonstance à ce meurtre, voire l’ignoreront tout simplement. Une minorité enfin y décèlera le nouvel attentat de l’occupation ordinaire, l’impunité meurtrière des mutants de la République, tristes enfants du nihilisme et du laisser-faire.

Une marche blanche initiée par la famille d’Adrien Perez, ses parents et sa sœur, a réuni un millier de personnes le 8 août à Grenoble. Je n’ai jamais été adepte de ces cortèges païens qui oscillent entre la résignation fataliste et l’émotion parfois vide de sens, transmutation par l’Empire du Bien, cher à Philippe Muray, des cortèges de colère en défilé festif et moral. Pour autant, la société réagit avec le mimétisme de son époque, et cela ne retire rien à la peine et à l’injustice grave que représente un meurtre.

Pour prendre la mesure de la gravité de cet homicide volontaire, il faut entendre Patricia Perez, la mère de la victime : « Notre France ne fait rien pour ses enfants, Monsieur (…). Nos gouvernants, nos pouvoirs publics ne font rien, Monsieur. Ils ne font rien, je suis révoltée. Combien encore ? Combien de nos jeunes vont partir comme ça dans la violence gratuite, combien ? Combien ? (…) Adrien n’est pas le premier, il y a eu des enfants bien avant Adrien, et il y en aura encore. On fait des marches blanches, c’est bien (…), mais après ? (…) Nos enfants se font encore assassiner sauvagement, et par toujours les mêmes. Toujours les mêmes. » (RMC le 8 août). J’enjoins à chacun d’écouter le podcast de cet entretien difficile et touchant qui donne un ressenti assez juste de l’immense démission de l’Etat et de l’injustice conséquente.

Encore une fois, le prêt-à-penser minore sciemment la mort cruelle d’Adrien Perez, comme celles de toutes les victimes innocentes exécutées qui pour une malheureuse cigarette, qui pour un simple regard, qui à cause « d’une mauvaise rencontre ».

Cette violence gratuite, cette haine ordinaire qui tue sans faire l’objet des remontrances des associations culpabilisatrices et des personnalités qui ont voie de presse a pourtant des causes. Tant que l’Etat ne s’attaquera pas aux causes, les victimes seront de plus en plus nombreuses. Les petites frappes qui ont assassiné Adrien Perez l’ont tué physiquement. Le prêt-à-penser le tue une seconde fois. Pour qu’Adrien ne soit pas mort pour rien, nous demandons que l’Etat s’attaque aux causes, donc à la racaille en réformant sa justice par des consignes d’intransigeance et par l’abandon définitif de la doxa gauchiste de l’excuse sociologique qui bénéficient « toujours aux mêmes » pour reprendre les mots de la maman d’Adrien.

 

La contrebande fait un tabac en France !

Nouveau succès à mettre au crédit de l’Etat : la France est en pole position du marché noir. Le trafic de cigarettes est devenu en l’espace de quelques années l’une des contrebandes les plus rentables pour les mafias, au point de concurrencer le cannabis. Pudiquement, l’Etat parle d’achats « hors réseau » pour désigner toute l’économie parallèle du tabac. Il y a bien sûr le particulier qui profite de ses voyages ou de sa proximité avec la frontière pour acheter ses cigarettes à l’étranger où celles-ci sont moins taxées : Espagne, Belgique, Luxembourg sont les principaux pourvoyeurs de tabac à prix attractifs. Et puis il existe aussi un véritable circuit parallèle qui est peu ou prou le même que celui de la drogue : le port de Marseille est le théâtre régulier de saisies de cigarettes provenant d’Algérie notamment. La France est devenue le souk de la contrebande en tous genres à cause de la multiplication et de l’expansion des zones de non-droit tolérées par laxisme, prêt-à-penser et impuissance.

 

Selon un rapport du cabinet d’audit KPMG récemment analysé (Le Figaro économie du 31 juillet 2018), « la France reste championne d’Europe des achats hors réseau », et cela malgré le fait que la consommation globale de tabac est en baisse. Régulièrement interpellé par la puissante fédération des buralistes, Bercy a décidé de mobiliser les services de la Douane sur ce trafic directement motivé par les taxes exponentielles et régulières sur le tabac. De 200 tonnes de tabac saisies en 2007, les chiffres ont triplé en dix ans, preuve de l’augmentation du marché parallèle.

Imposées au nom du doux prétexte de la Santé publique, ces taxes ont deux effets directs : la baisse du chiffre d’affaire des civettes qui ferment une à une, et l’augmentation en parallèle du marché noir. Avec un paquet neutre de cigarettes vendu en moyenne à 8 euros, la France adopte la technique des pays anglo-saxons et scandinaves qui ont fait du tabac un produit légal mais financièrement prohibé. Si quelques fumeurs ont réussi le sevrage avec une consommation en baisse de 4%, le marché demeure attractif pour les trafiquants de tout poil : les cambriolages de réserves de tabac et les vols lors des livraisons se sont multipliés au fil des ans, fragilisant encore plus une profession en sursis.

Outre une harmonisation européenne du prix du tabac réclamée depuis des années par les buralistes pour tempérer les achats transfrontaliers, la méthode la plus efficace pour baisser le trafic de cigarettes a été involontaire. « Le recul des achats sur les réseaux parallèles s’explique en fait surtout par la stabilité du prix du paquet chez les buralistes qui n’a pas bougé de 2014 à fin 2017 ». Ainsi le gouvernement fait fausse route avec sa décision d’augmenter tous les six mois le prix du tabac jusqu’à ce que le paquet atteigne le seuil de 10 euros. Une telle politique n’améliorera pas la santé publique, déstabilisera une profession qui travaille directement pour l’Etat, n’augmentera pas les recettes de ce dernier et enfin favorisera l’expansion tentaculaire de la contrebande. Enfin, en reprenant la souveraineté effective sur son territoire, l’Etat français fera disparaître les zones de non-droit et les bases arrières des trafics.

Où sont passés les 300 millions d’euros spoliés l’an dernier aux collectivités locales ?

Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron venait de démontrer son étrange habileté dans le mensonge. « En même temps », il promettait le 17 juillet 2017 lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat de ne pas rogner les fonds destinés aux collectivités locales, et à peine trois jours plus tard un décret retirait 300 millions d’euros à ces mêmes collectivités… Certes, la promesse portait déjà sur 2018 alors que le décret concernait le budget 2017, mais la concomitance des deux annonces révélait le peu de valeur à attribuer à une parole politique qui n’existe que pour distraire l’attention des élus locaux et des électeurs.

Outre le mensonge des prévaricateurs qui nous gouvernent, cette réminiscence permet de prendre conscience de l’incroyable facilité avec laquelle ceux-ci se contredisent lorsqu’il s’agit du peuple français qui réside hors des métropoles, qui vient des territoires ruraux, des petites villes et de cette fameuse France périphérique théorisée par le géographe Christophe Guilluy.

Et par qui étions-nous défendus dans ce combat politico-administratif qui sacrifiait une fois de plus les territoires inutiles de la République ? Un député socialiste de l’Ardèche s’était levé pour croiser le fer avec l’Etat et Emmanuel Macron au nom de l’association des petites villes de France (oui, car dans notre merveilleux pays, il y a des associations pour tout). « Les entreprises locales et les associations vont être touchées. Cela peut concerner l’aide au devoir, la lutte contre les discriminations, de la prévention contre les addictions ou encore la mise en place de système de sécurité. », déclara alors Olivier Dussopt à France Info.

Diable, si la prévention des addictions et la lutte contre les discriminations sont concernées alors cela mérite bien que nous allions chercher ces messieurs de Paris à coups de fourche !

Voilà encore une belle démonstration du totalitarisme du prêt-à-penser qui ruine jusqu’aux plus simples arguments de défense du localisme.

L’analyse conjointe de l’aménagement du territoire et des budgets alloués par l’Etat illustre la politique d’abandon de la France des chemins noirs et des villages désertés. Ces 300 millions d’euros retirés aux collectivités locales l’an passé n’ont pas été économisés et ne permettront pas un allègement fiscal en faveur des contribuables. A titre de comparaison et pour mémoire, le simple budget consacré à la mission « Asile, immigration et intégration des réfugiés » a augmenté de 300 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2018. Par ailleurs, le budget total de cette mission se monte à 1,38 milliard d’euros.

Cet été nous fêtons donc cet anniversaire symbolique des 300 millions d’euros qui résume toute la politique de l’Etat : ce qui est retiré à la France d’en bas, des champs et des villages, est donné en surplus à la France de l’invasion.

Roulette russe : rien ne va plus pour Macron

Décidément, l’été 2018 s’annonce plus difficile que prévu pour le président Macron. L’hypothèse d’un ralentissement de la croissance ne fait que se confirmer de jour en jour.

Alors que l’exécutif jupitérien prévoyait une croissance en hausse, un recul du chômage et une réduction du déficit public, tous ces projets semblent s’écrouler tel un modeste château de cartes.

En effet, le chômage est reparti à la hausse ce dernier trimestre, avec 0,2% de chômeurs en sus. De même, le gouvernement aura le plus grand mal du monde à respecter son objectif d’un déficit aux alentours de 2,3% du P.I.B., avec un déficit actuel équivalent à 2,6% du P.I.B. Quant à la dette publique, son niveau atteint tous les records et représente désormais 97,6% du P.I.B. Sans oublier que l’inflation repart à la hausse et atteint des records jamais atteints si ce n’est durant le pic de la crise économique en 2012, avec un taux d’inflation de 2,3%.

Il faut dire qu’Emmanuel Macron et son ministre des Finances, Bruno Le Maire, misaient tout sur la croissance européenne voire même mondiale, pensant que les réussites des uns entraîneraient celles des autres … et surtout de Macron.

Toutefois, ce n’est pas en espérant naïvement que les autres fassent les efforts à notre place, que notre pays parviendra à sortir de l’ornière. Pourtant, Bruno Le Maire mise toujours sur une croissance de l’ordre de 2% pour 2018, lorsque depuis le 1er trimestre 2018, elle n’est que de 0,2%, affirmant : « Nous verrons dans le cadre du projet de loi de finances 2019 s’il faut réajuster notre prévision. La croissance française est solide ».

De son côté, le Fonds Monétaire International (F.M.I.) épingle le gouvernement quant à sa gestion de la dette publique, et n’hésite pas à faire des propositions de bon sens, comme celles consistant à la mise en place d’incitations au travail, dans le contexte de refonte du système d’assurance-chômage.

Quant à la réduction du déficit, le gouvernement En Marche n’a rien à promettre aux Français, si ce n’est une énième augmentation des impôts, car seuls deux facteurs peuvent jouer sur cette réduction : la fiscalité ou la réalisation d’économies. Or, en matière d’économie, pour le moment, rien de bien nouveau, si ce n’est que le niveau de vie de l’Elysée va bon train … si qui n’est guère une marque d’exemplarité.

Quelques observations à la suite de l’affaire Benalla

L’uberisation de la paranoïa

Maintenant que l’emballement médiatique reprend son souffle et que la présidence s’est décidée à sortir d’un silence aussi long que suspect, preuve irréfutable de la portée du coup, il s’agit de considérer l’affaire Benalla avec l’esprit d’analyse nécessaire à quelques enseignements pour l’avenir.

L’augmentation exponentielle des dépenses de la présidence en matière de sécurité démontre que le jeune président jupitérien est atteint d’une pathologie classique du pouvoir : la paranoïa. La menace terroriste n’est qu’une justification bancale mise à mal justement par la présence d’un Benalla dans la garde rapprochée. En effet, les effectifs de sécurité ont augmenté de manière suffisamment sensible pour que la Cour des Comptes s’en inquiète dans son rapport annuel. Ce « besoin » immédiat de recrutement, au risque des doublons mais au prétexte de la fatigue des troupes militaires et de police, se chiffre à plus d’un million d’euros. La sécurité représente un tiers de la masse salariale de l’Elysée. Le comble résidant dans l’opacité totale de ces emplois puisqu’il apparaît que le traitement d’un Benalla n’est même pas comptabilisé dans ces nouveaux coûts.

Peut-être Emmanuel Macron a-t-il voulu privatiser la sécurité de la présidence de la République au regard des millions dépensés sur ce seul poste… Par-delà les rumeurs de police politique ou d’espionnage, Alexandre Benalla n’est finalement que l’incarnation d’une forme d’uberisation de la paranoïa présidentielle, laquelle en valorisant des profils atypiques espère sans doute engendrer une saine concurrence dans un domaine réservé. Comme le remarque le sociologue Antonio Casilli, « Dans un État moderne, les forces de l’ordre ont le monopole de la violence. Dans une startup-nation, n’importe quel Benalla peut aspirer à uberiser ce monopole. » De la SNCF au GSPR, Emmanuel Macron met un terme aux régimes spéciaux quitte à froisser les fonctionnaires, et il est certain que la sortie de l’affaire Benalla est en partie due à des vexations internes. De chauffeur pour cacique d’un Parti Socialiste moribond, le jeune Benalla a su prendre le train En Marche pour devenir le Monsieur Sécurité du CEO de la République : derrière le bling-bling, les Français aperçoivent la réalité d’un vigile de banlieue en guise de garde du corps de l’ambitieux du Touquet.

Une situation de blocage sans précédent

Un autre aspect du scandale repose sur la profonde défiance existant entre la haute fonction publique et l’entourage du président de la République. Nul doute que nous assistons à un règlement de compte dans lequel Benalla n’est que le talon d’Achille d’un Jupiter en mauvaise posture. D’ailleurs Benalla le dit lui-même dans Le Monde : « Je suis le maillon faible, je le sais. »

Alexandre Benalla devrait être renvoyé pour son absence de discrétion, une faute professionnelle au regard de ses missions. Là aussi, cet exhibitionnisme est somme toute très contemporain et très problématique.

Outre les manquements déontologiques de Benalla, il faut voir que le président de la République a perdu beaucoup de crédit auprès de ceux qui le servent en promouvant un tel homme. L’heure de la vengeance ayant sonné, souvenons-nous du général de Villiers, il est à craindre un plus grand fossé entre une présidence claquemurée dans sa tour d’ivoire et une administration fonctionnant au ralenti. Méfiance et défiance caractériseront les prochaines années du pouvoir.

De plus, l’impunité avancée par Alexandre Benalla et Emmanuel Macron a désorienté les Français. Celui qui se donnait pour mission de redonner un sens à la verticalité du pouvoir a affiché une déconsidération des institutions qui ne manque pas de lui porter préjudice.

Complot ?

Enfin puisque nous sommes en politique, doit-on voir une main invisible derrière les révélations d’Ariane Chemin ? Sans doute, Benalla n’est-il qu’un scandale résultant d’une conspiration politique, elle-même fortement teintée de corporatisme comme je viens de le souligner plus haut. Il n’en reste pas moins qu’Emmanuel Macron n’a jamais été aussi sérieusement ébranlé dans sa magnificence qu’avec cette affaire qui a vu l’ensemble de ses soutiens médiatiques et politiques douter de son génie. En quelques jours, la façade s’est lézardée et il a fallu peu de temps pour que la Macronie révèle sa fragilité. Jupiter n’est pas encore monté à l’Olympe, Benalla montre qu’il n’est que d’argile.

Cette affaire d’été marque la fin de l’esbroufe, et renforce tous les arguments en faveur du localisme comme seul rempart à la dérive autocratique de nos institutions et comme contre-pouvoir légitime et populaire face à un Etat livré aux bandes et aux mafias.

Le scandale Benalla n’est que l’un des nombreux épisodes de la dérive autocratique inscrite dans les textes et coutumes de la Vème république. Lorsque j’emploie le qualificatif d’autocratique, je le pense dans sa forme arbitraire et antidémocratique, non dans une perspective de commandement légitime. Je le dis avec assez peu de vergogne et sans mitterrandisme à rebours, car j’ai eu à subir dès sa genèse cette république tant vantée parmi les constitutionnalistes de notre pays. Et que sont les constitutionnalistes si ce n’est des juristes du pouvoir, prêts à changer de doctrine avec celui-ci ?

Benalla de Bourgogne, l’homme de main de l’homme des Banques

Formé au service d’ordre du Parti Socialiste, Alexandre Benalla, à peine trente ans, est réputé pour brûler les étapes. Depuis 24 heures, cet inconnu du grand public est au centre de l’attention. Chargé de mission de l’Elysée en tant que responsable de la sécurité rapprochée d’Emmanuel Macron, il est à l’origine d’une véritable tempête médiatique, à tel point que l’effet « Mondial » aura été de courte durée pour le président de la République.

Dans une vidéo devenue virale, le garde du corps de Jupiter muni d’un casque et d’un brassard de police s’en prend violemment à un manifestant lors des manifestations parisiennes du 1er mai. Sans être titulaire de l’autorité publique, Alexandre Benalla recourt à la force sans autre justification apparente que sa simple présence sur le théâtre d’opération. Pour ce grave incident, accompli dans l’illégalité la plus totale, le protégé d’Emmanuel Macron n’a écopé que de quinze jours de suspension…

Arnaud Montebourg, précédent employeur de l’individu lorsqu’il était à Bercy, s’en était séparé au bout d’une semaine à cause d’une tentative de délit de fuite lors d’un accident de la circulation. Il semblerait qu’Alexandre Benalla ait su avec le temps s’attirer les faveurs de responsables moins regardant sur son pedigree et ses méthodes.

Autre anecdote, les coupures de presse révèlent que Makao, le géant congolais ami de l’hôtellier des terroristes Jawad Bendaoud, avait été recruté par le fameux Alexandre Benalla dans l’équipe rapprochée du président. Bref, alors candidat, Emmanuel Macron s’était constitué une petite bande de caïds de banlieue en guise de garde prétorienne. Le bourgeois du Touquet, lui-même obligé des banques, a recruté des hommes de main selon une forme de discrimination positive qui interroge : ces hommes qui vont et viennent désormais à l’Elysée comme à la maison sont-ils sûrs, n’ont-ils pas des attaches plus sulfureuses en marge de la loi ?

La sortie de cette affaire par le journal Le Monde révèle qu’une personnalité telle qu’Alexandre Benalla a dû en agacer plus d’un. Nul doute que certains policiers ou fonctionnaires dont le métier est d’assurer la sécurité des institutions et des personnes qui y travaillent ont perçu d’un mauvais œil l’impunité dont jouissent les lascars du Président, à l’instar d’un Benalla. Le recours à la presse plutôt qu’à la justice montre en creux la séparation toute théorique des pouvoirs et la crainte de magistrats aux ordres, le comportement d’un Benalla n’étant que l’écho de l’hybris présidentielle. Cela sans compter la curieuse atmosphère de barbouzerie qui empuantit progressivement ce dossier.

Benalla est le pendant de Belattar, le duo incarne les indigènes de la République macronienne, la grande gueule et les gros bras au service d’un Jupiter d’opérette vivant sur les restes d’une République décomposée. Que le vent se lève afin que nous puissions tenter de vivre sans ces crapules !

Du président des riches au président des villes

La conférence des territoires qui s’est tenue le 12 juillet et qui était organisée par l’exécutif macronien a été très largement boudée par les élus locaux.

Résultat : comme lors du discours du Congrès du président Macron, les élus de la majorité présidentielle se sont retrouvés dans un entre-soi politique pour exposer la manière avec laquelle ils souhaitaient continuer à détricoter la France rurale et périphérique.

Des absences notables furent à remarquer : celles des trois présidents des associations nationales des Régions, des Départements et des Maires de France, pourtant peu critiques jusqu’à présent à l’égard d’Emmanuel Macron, du moins en ce qui concerne Dominique Bussereau et François Baroin.

D’ailleurs ces derniers n’ont pas hésité à publier une lettre ouverte demandant le retour à un pacte dit girondin, afin que l’Etat puisse mieux entendre les préoccupations majeures de nos collectivités locales.

Il est vrai que la suppression brutale et drastique des dotations de l’Etat aux collectivités a rompu le lien de confiance indispensable entre l’Etat et les acteurs locaux. Pourtant, les collectivités territoriales ont toujours répondu présentes aux sollicitations de l’Etat lorsqu’il leur demandait de respecter sa politique de restriction budgétaire. Alors que le président Hollande imposait un plan d’économies de 11 milliards d’euros aux collectivités entre 2015 et 2017, il s’avère que ces dernières ont respecté ces engagements au mieux en ayant effectivement diminué de 10 milliards leurs dépenses. Parallèlement, l’Etat sommé d’économiser 21 milliards d’euros sur la même période n’a réduit la voilure officiellement que de 3 milliards.

Sans oublier que la loi Notre, pur produit de la technostructure macronienne, a profondément bouleversé le champ d’action des élus locaux, puisque l’Etat ne cesse d’abandonner bon nombre de compétences, y compris parfois régaliennes comme en matière de sécurité, à des collectivités locales qui n’ont ni les moyens humains ou financiers à dispositions. Le souhait implicite de l’Etat est de contribuer à faire exploser la dette des échelons locaux, alors que lui-même dépasse désormais les 2 000 milliards d’euros de dette. N’ayant plus de portefeuille adéquat, Macron espère utiliser celui des élus locaux.

Sans oublier, la goutte d’eau qui fait déborder le vase : la réduction de vitesse à 80 km/h, décidée par l’Etat, sera financée par… les départements qui ont en charge l’adaptation signalétique sur des centaines de kilomètres.

Décidément la France atteint des tristes records ces derniers jours.

Tout le paradoxe c’est que cela se produit au moment où son équipe de football a atteint les sommets footballistiques au mondial, comme pour que les Français détournent le regard de la triste réalité.

Depuis deux jours, la France n’est plus que la septième puissance économique mondiale, l’Inde venant de lui disputer son ancien sixième rang. Et tout est allé très vite.

En 2009, le Produit Intérieur Brut de l’Inde représentait seulement la moitié de celui de la France. En 2018, il le dépasse.

Déjà en 2006, la France avait été doublée par la Chine. Le réveil et l’émergence des géants asiatiques sur le marché mondial avait été présentés comme bénéfiques pour tous les vieux acteurs occidentaux. Un nouveau challenge, l’injection d’une dynamique nouvelle devait relancer l’esprit de concurrence et par conséquent la consommation, la production et les emplois. Les nouveaux blocs devaient rétablir un équilibre malmené depuis trop longtemps par la puissance américaine et permettre à chaque machine économique nationale d’embrayer à la vitesse supérieure.

Désavantagée de fait, les politiques économiques successives ont mis fin à la compétition avant même qu’elle ne commence en soumettant notre économie nationale à une mondialisation n profitant qu’aux riches et protégée par un étatisme clientéliste et anachronique: réduction de coût, dumping social, délocalisation… La France a été totalement dépassée, noyée dans ses rêves et son économie a régressé contrairement à toutes les promesses d’avenir radieux.

Toutefois au-delà de ses simples données statistiques, la régression de notre P.I.B prouve bien la longue et profonde crise qui nous concerne.

Notre productivité n’a cessé de baisser entre 2016 et 2017, la France passant du 12e au 14e rang dans le classement des pays les plus productifs. De plus, notre modèle industriel est en régression totale. Entre 2009 et 2016, le montant d’investissement industriel a baissé d’un million d’euros, n’atteignant plus que 9 millions, sans oublier que le nombre d’employés médian par site industriel est passé, durant la même période, de 30 à 20. Le pire c’est que la France affiche un colossal déficit commercial en matière de biens manufacturés, atteignant 35 milliards d’euros contre 20 milliards en 2012. D’après les statistiques, le coût de production de l’industrie française est 20% plus cher que celui de ses concurrents directs. A ce niveau, toute compétition est strictement impossible et le résultat s’en fait sentir douloureusement : depuis 2008, ce sont près de 600 usines françaises qui ont mis la clé sous la porte, alors que les quelques nouvelles entreprises fournissent moins d’emplois qu’auparavant, 49 par site en moyenne.

Sans oublier que le poids des dépenses publiques françaises représente 47,6% du P.I.B. ce qui fait de nous, et de loin, le champion du monde sans aucune étoile à arborer.

A ce rythme, il est prévu qu’en 2027 la France dégringole à la huitième place mondiale puis à la neuvième d’ici 2032, en espérant que la dégringolade ne s’accentue pas trop rapidement.

Nicolas Sarkozy, François Hollande et maintenant Emmanuel Macron ont beau nous dire que l’économie est la pierre angulaire de leur politique, il s’avère que tout a été contre-productif.

Il est urgent aujourd’hui de changer de politique économique, de revenir aux réalités de bon sens et de raison. La culture des clientèles, l’endettement systématique, les incitations financières vaines qui encouragent l’inactivité plutôt que le travail ne font que nous entraîner chaque jour un peu plus vers des solutions totalitaires infiniment regrettables. Tant que les rêves absurdes resteront la règle idéologique du système, la corruption intellectuelle et financière continuera de vendre tout ce qui est vendable et même ce qui ne l’est pas.

Il faut relancer une économie vraie, réaliste basée sur la création systématique d’emplois, encouragée par la promotion de grands travaux d’utilité publique afin de redonner toute sa valeur au travail et donc à l’économie positive dans notre pays.

Le Conseil constitutionnel valide la collaboration et l’aide active à l’invasion

Vendredi 6 juillet, les neuf membres du Conseil constitutionnel présidé par Laurent Fabius ont rédigé un communiqué de presse dans lequel il est stipulé que « l’immunité pénale à toute personne physique ou morale ayant apporté une (…) aide à un étranger » est accordée au nom du principe de fraternité. Cette décision est censée revenir sur l’injustice du « délit de solidarité ». Il faut bien reconnaître que les institutions ne font par là-même que de se mettre en accord avec le prêt-à-penser qui présente l’aide à l’invasion comme une obligation morale et constitue l’impératif catégorique de l’Occidental culpabilisé.

Voici donc l’énième chronique d’un délitement moral qui en vient à tronquer les vertus en germes actifs de l’esprit de la trahison et du sabordage. A la lecture de telles nouvelles, nous ne pouvons que repenser avec amertume au terrible constat de Jean Raspail dans un entretien au Figaro en 2004 : « La France trahie par la République ».

L’universalisme niais des valeurs maçonniques, pâle adaptation laïque des vertus évangéliques, ne peut constituer une doctrine politique à même de servir le bien commun au regard des circonstances présentes. En effet, l’aide à l’étranger mise en exergue par ce communiqué, même s’il ne doit donner lieu « à aucune contrepartie directe ou indirecte », n’est qu’une reconnaissance et un encouragement envers le militantisme des ONG et des passeurs. Il s’agit de sacraliser la tolérance de l’invasion en la mutant en acte de charité individuelle : il n’y a plus de patrie ni de peuple à préserver et à défendre, juste un homme dans le besoin à accueillir. Dans cette alternative simpliste et manichéenne, il n’existe plus aucune nuance entre l’amour de la patrie diabolisée en un égoïsme xénophobe et l’activisme migratoire vue comme l’engagement ultime de l’humanisme.

Au risque de subir les condamnations et insultes des chiens de garde d’un système qui n’a pour finalité que la disparition spirituelle, matérielle et totale de notre civilisation par la mutation, nous ne reconnaissons pas comme principe de fraternité l’aval de la trahison nationale. Ce n’est pas parce que Ganelon préside aux destinées de la Cité que nous devons nous soumettre à ses arrêts criminels. Nulle charité ne peut se construire sur la haine de soi. En revanche, toute conquête résulte de la défaite morale et physique de la nation vaincue.

Qui sont donc les traîtres ? Qui sont-ils ces fameux sages proclamés décidant du bien, de la loi, et de la morale à appliquer dans notre pays ? Qui sont-ils ces « magistrats » nommés par le pouvoir qui prétendent au nom d’une hiérarchie des normes arbitraire imposer leur bon vouloir à toute la Nation ?

Ils sont neuf, tous nommés par leurs obligés, issus des mêmes sérails politiques et des mêmes écoles. Ils siègent au cœur de Paris en reconnaissance de leurs mauvaises actions contre la Patrie. Voici leurs noms :

Laurent FABIUS,

Valéry GISCARD D’ESTAING,

Michel CHARASSE,

Claire BAZY MALAURIE,

Nicole MAESTRACCI,

Lionel JOSPIN,

Jean-Jacques HYEST,

Michel PINAULT,

Corinne LUQUIENS,

Dominique LOTTIN

 

Dette publique : les compteurs s’affolent !

Ça y est : la France est en été et les Français entrent progressivement en vacances. Jusqu’à ce mois-ci, il faut qu’ils sachent qu’ils n’ont travaillé que pour le gouvernement, puisque le taux de prélèvement obligatoire est tel que toutes leurs économies n’ont servi qu’à remplir les caisses de l’Etat. Si la France ne devient pas champion du monde de football, au moins elle l’est déjà en matière fiscale. D’autant plus qu’en janvier, le sieur Macron a ajouté 8 taxes supplémentaires qui n’étranglent que les Français moyens, puisque les bénéficiaires de minima sociaux comme les plus riches en sont exemptés.

Malgré l’allégresse estivale qui s’installe, les compteurs de l’Etat continuent de s’affoler. Jamais la dette de l’Etat n’a été aussi importante, alors que les présidents Sarkozy et Hollande avaient fait de sa réduction l’alpha et l’oméga de leur politique intérieure.

En 10 ans, la dette est passée de 64,5% du P.I.B. à 97,6%, soit 2.255,3 milliards d’euros ce qui correspond au coût de production de 27.000 Rafales, dont manquent pourtant cruellement certaines bases de notre valeureuse Armée de l’Air.

Ce n’est pas tout. Le poids des dépenses publiques s’envole aussi, représentant 55,1% du P.I.B., ce qui signifie désormais que la France se coupe de toute politique d’investissement et se contente de gérer les affaires courantes, ou plutôt de dilapider la cagnotte de l’Etat. Et tout le paradoxe, c’est que jamais autant que sous l’ère macronienne, le gouvernement n’a transféré d’aussi nombreuses compétences au bloc communal, sans lui afférer les compensations financières et techniques correspondantes, alors que les finances des collectivités locales restent vertueuses avec une dette largement inférieure à 12% du P.I.B.

L’Etat centralise toujours plus. Le gouvernement dépense toujours plus. Ce qui ne l’empêche pas de brader le pays et de vendre la France à l’encan : séparation des domaines viticoles et des propriétés historiques, dépossession des brevets français, cession de l’armement de pointe à nos ennemis, fin des dernières grandes entreprises publiques, perte de nos aéroports et de nos fleurons industriels …

Dans le même temps, le simple coût de l’accueil des clandestins, sans évoquer la prise en charge qui en découle, a augmenté de 5 milliards d’euros, ce qui là encore représente une somme faramineuse, soit 2 milliards de plus que la dernière enveloppe consacrée au secours du monde agricole.

Toutefois, notons qu’il y a bien un indicateur qui baisse avec Macron : c’est celui du pouvoir d’achat des Français. Depuis son élection, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1% dépassant ainsi la moyenne européenne, alors que Macron ne cesse de donner des leçons de morale et de bonne conduite à ses voisins européens. Rien que le prix de l’énergie bat tous les records avec 12,2% d’augmentation supplémentaire. Edouard Philippe a beau vouloir réduire la vitesse à 80 km/h, il n’en demeure pas moins que le coût du transport sera toujours plus cher.

La Cour des Comptes se montre inquiète quant à la suite du quinquennat, précisant que « la crédibilité de la trajectoire des dépenses » était mise en question. Bref il y a longtemps qu’il n’y a plus de capitaine dans le navire même s’il pérore beaucoup et partout.