Retraités : le cynisme de Barbier

« Macron ne craint pas le vote des retraités, car en 2022 beaucoup seront morts ».

C’est par cette phrase très emblématique de la philosophie politique macronienne que Christophe Barbier, journaliste et soutien d’Emmanuel Macron, a souhaité dissiper tout malentendu sur la réforme des retraites qu’envisage l’exécutif.

Cela a au moins le mérite de la clarté. Les aînés sont taillables et corvéables à merci et sont devenus la nouvelle variable d’ajustement de la majorité présidentielle.

D’ailleurs l’actualité ne fait que le prouver jour après jour, puisque l’exécutif vient d’annoncer la sous-indexation des retraites par rapport à l’inflation, qui bât pourtant des records inédits depuis 10 ans, avec un taux atteignant 2,3%.

Le pire c’est que cette perte d’argent pour les retraités vient s’ajouter à la hausse sans compensation de 1,7 point de C.S.G.

En moyenne, l’impact des mesures gouvernementales sur les retraités correspond à une perte comprise entre 262 et 2.160 euros en fonction de la tranche des pensions perçues.

Jusqu’à présent, le président Macron avait eu beaucoup de chance. L’affaire Benalla puis la démission surprise de Hulot avaient permis d’évincer totalement le sujet des retraites et de la baisse actuelle et à venir des pensions.

Toutefois, l’impertinence des amis du président finit par agacer sérieusement les Français, déjà fâchés que le président ne cesse de rabrouer les Gaulois et leur esprit de clocher.

Heurs et malheurs de l’impôt prélevé à la source

Les 16 millions de foyers imposables s’apercevront très vite que pensions et fiches de paie verront leurs montants baisser et que cela ne fait malheureusement que commencer.

Il faut d’abord noter qu’avec le nouveau prélèvement à la source qui entrera en vigueur en janvier prochain, les assistantes maternelles, les femmes de ménage et tous les employés à domicile devront payer deux fois leurs impôts en 2020. Oui deux fois ! Une première fois chaque mois, dès janvier 2019, à travers leurs fiches de paie et le prélèvement à la source. Puis une seconde fois en septembre 2019 au titre des revenus de l’année en cours.

Pressentant le raout social qui devrait s’ensuivre, Bercy réfléchit au meilleur moyen pour faire passer sa réforme, alors que le Conseil Constitutionnel pourrait dans le même temps la bloquer car jugée anticonstitutionnelle au motif qu’elle engendrerait une inégalité devant l’impôt.

A moins de quatre mois de son entrée en application le prélèvement à la source semble bien chaotique. Déjà souvenons-nous que le président Hollande n’était pas parvenu à la mettre en œuvre et que son dauphin Macron avait dû repousser son entrée en vigueur d’une année.

Soulignons encore que désormais les collecteurs de l’impôt seront les entreprises et les collectivités territoriales qui le feront en lieu et place de l’Etat, puisque ce sont elles qui ont la charge de payer leur personnel. Bien sûr ce prélèvement s’effectuera gratuitement. Gratuitement ? Oui, mais uniquement pour l’Etat alors que le contribuable devra participer à financer ce travail supplémentaire en voyant son salaire un peu plus amputé de diverses contributions.

L’Inspection générale des finances estime que le coût de ce délire est évalué à 3 milliards d’euros, addition que les Français devront régler. La Cour des Comptes pense quant à elle que le prélèvement à la source devrait coûter 2 milliards d’euros à l’Etat étant donné les difficultés de mise en œuvre. La Cour des Comptes a d’ailleurs souligné que cette réforme présentait « un intérêt limité ».

Le pire c’est que ce prélèvement à la source viendra taxer davantage les contribuables français au titre d’une collecte anticipée des fruits de la croissance : l’objectif est bien de priver les Français des éventuels gains d’une croissance à venir.

Au prélèvement à la source ajoutons la montée en flèche des prix avec une inflation inégalée ces dernières années puisqu’elle atteint désormais 2,3% avec des incidences directes sur le pouvoir d’achat comme sur l’épargne des ménages.

Une chose est sûre : les macronistes au pouvoir continuent de ruiner le pays et avec lui les Français.

Le fou criminel de Trappes était bien un islamiste

Un nouvel attentat vient de se dérouler dans la ville de Trappes. L’auteur des faits a tué deux personnes, sa mère et sa sœur.

Immédiatement la bien-pensance médiatique a jugé bon de ne pas associer ce qui serait le geste d’un « déséquilibré » avec un acte prétendument terroriste et islamiste.

Kamel Salhi avait pourtant crié à plusieurs reprises « Allak Akbar », laissant peu de doute sur la portée de son action. Sans oublier que l’Etat islamique mit peu de temps à revendiquer l’attentat. Mais tout cela semble être bien naturel.

Finalement ce qui devient désespérant dans notre pays c’est que la recherche de prétextes atténuants supprime totalement la portée de l’action terroriste, comme si non seulement nous nous étions habitués à la banalité du mal et pire encore comme si notre société préférait détourner son regard de la dramatique réalité.

Bien évidemment Kamel Salhi était dans le collimateur des forces de l’ordre. Sans émotion particulière, le ministre de l’Intérieur en personne affirma que l’individu était recensé dans le Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, tout en étant connu pour des faits d’apologie du terrorisme.

Les médias et nos dirigeants ne retiennent que l’acte d’un déséquilibré. Il s’agit sans doute d’une personne troublée, personne ne peut le nier, mais toutefois sérieusement radicalisée ce qui conduisit d’ailleurs dans le passé son employeur, la R.A.T.P., à le licencier pour incitation à la haine et à la violence. Or le prêt-à-penser préfère toujours retenir l’hypothèse la plus conciliante aux fins de condamner au pilori tous ceux qui se prêteraient à des propos supposés islamophobes.

« Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » nous transmet l’héritage biblique à travers cette phrase que l’on prêta à Jésus Christ. Je laisserai chacun méditer à sa convenance.

 

L’Etat lâche la cordée et abandonne ses missions de sécurité publique

En cette période estivale qui s’achève, nombre de villes et de villages français ont organisé des animations pour leurs habitants et les nombreux touristes aimant s’arrêter et flâner. Tout le problème c’est que le contexte d’organisation de ces événements a crucialement changé ces dernières années, depuis que la France est malheureusement devenue le théâtre d’opérations des attentats islamistes.

Dès lors les Préfets astreignent les Maires à respecter des normes de sécurité drastiques pour assurer la sécurité des spectateurs et des visiteurs. Ce sont donc non seulement des équipes de policiers municipaux qui sont sur le pied de guerre sans oublier les agents de sécurité privés souvent recrutés pour filtrer les entrées et veiller à la sûreté des lieux. Tout cela payé par les Mairies alors que la décision est prise par l’administration parisienne. Bref, l’Etat abandonne ses pouvoirs régaliens à des collectivités locales qui n’ont ni les moyens humains et financiers nécessaires pour pallier les manquements de l’Etat.

Le pire, c’est que l’Etat prive même certaines communes du littoral français de nageurs-sauveteurs des C.R.S. alors que parallèlement ce même Etat oblige ces communes à sécuriser les plages. Il y a de quoi en perdre son latin.

Rassurons-nous : les Maires ne sont pas encore au bout de leurs surprises ! Rejoignant la colère légitime de Robert Ménard, Maire de Béziers, je crains que l’Etat oblige nos villes à payer dorénavant la présence des forces de l’ordre présentes le jour des manifestations. Après tout, les départements ne facturent-ils pas déjà aux communes la prestation des pompiers déployés le temps d’une animation ? L’Etat ne serait pas désintéressé par cette méthode.

A force de faire porter aux élus locaux ses obligations les plus impératives et fondamentales, l’Etat risque de dissuader nos communes de continuer à organiser des manifestations. Ou alors à des prix prohibitifs risquant de transformer des manifestations populaires en des zones réservées à la seule classe supérieure. Or, le devoir d’un Maire c’est avant tout d’agir pour le bien commun. Mais Macron s’en moque : il ne croit qu’aux premiers de cordée.

Adrien Perez, nouvelle victime du prêt-à-penser

Un coup de couteau. En plein cœur. Adrien Perez, 26 ans, meurt sur le parking d’une discothèque de l’agglomération grenobloise le 29 juillet dernier, au petit matin. Il a voulu s’interposer quand un couple d’amis a été agressé par un binôme de racailles, aujourd’hui en attente de jugement et écroué.

D’aucuns diront que l’histoire tragique d’Adrien Perez n’est malheureusement qu’un fait divers, la chronique de la sauvagerie ordinaire. D’autres ne prêteront qu’une attention de circonstance à ce meurtre, voire l’ignoreront tout simplement. Une minorité enfin y décèlera le nouvel attentat de l’occupation ordinaire, l’impunité meurtrière des mutants de la République, tristes enfants du nihilisme et du laisser-faire.

Une marche blanche initiée par la famille d’Adrien Perez, ses parents et sa sœur, a réuni un millier de personnes le 8 août à Grenoble. Je n’ai jamais été adepte de ces cortèges païens qui oscillent entre la résignation fataliste et l’émotion parfois vide de sens, transmutation par l’Empire du Bien, cher à Philippe Muray, des cortèges de colère en défilé festif et moral. Pour autant, la société réagit avec le mimétisme de son époque, et cela ne retire rien à la peine et à l’injustice grave que représente un meurtre.

Pour prendre la mesure de la gravité de cet homicide volontaire, il faut entendre Patricia Perez, la mère de la victime : « Notre France ne fait rien pour ses enfants, Monsieur (…). Nos gouvernants, nos pouvoirs publics ne font rien, Monsieur. Ils ne font rien, je suis révoltée. Combien encore ? Combien de nos jeunes vont partir comme ça dans la violence gratuite, combien ? Combien ? (…) Adrien n’est pas le premier, il y a eu des enfants bien avant Adrien, et il y en aura encore. On fait des marches blanches, c’est bien (…), mais après ? (…) Nos enfants se font encore assassiner sauvagement, et par toujours les mêmes. Toujours les mêmes. » (RMC le 8 août). J’enjoins à chacun d’écouter le podcast de cet entretien difficile et touchant qui donne un ressenti assez juste de l’immense démission de l’Etat et de l’injustice conséquente.

Encore une fois, le prêt-à-penser minore sciemment la mort cruelle d’Adrien Perez, comme celles de toutes les victimes innocentes exécutées qui pour une malheureuse cigarette, qui pour un simple regard, qui à cause « d’une mauvaise rencontre ».

Cette violence gratuite, cette haine ordinaire qui tue sans faire l’objet des remontrances des associations culpabilisatrices et des personnalités qui ont voie de presse a pourtant des causes. Tant que l’Etat ne s’attaquera pas aux causes, les victimes seront de plus en plus nombreuses. Les petites frappes qui ont assassiné Adrien Perez l’ont tué physiquement. Le prêt-à-penser le tue une seconde fois. Pour qu’Adrien ne soit pas mort pour rien, nous demandons que l’Etat s’attaque aux causes, donc à la racaille en réformant sa justice par des consignes d’intransigeance et par l’abandon définitif de la doxa gauchiste de l’excuse sociologique qui bénéficient « toujours aux mêmes » pour reprendre les mots de la maman d’Adrien.

 

La contrebande fait un tabac en France !

Nouveau succès à mettre au crédit de l’Etat : la France est en pole position du marché noir. Le trafic de cigarettes est devenu en l’espace de quelques années l’une des contrebandes les plus rentables pour les mafias, au point de concurrencer le cannabis. Pudiquement, l’Etat parle d’achats « hors réseau » pour désigner toute l’économie parallèle du tabac. Il y a bien sûr le particulier qui profite de ses voyages ou de sa proximité avec la frontière pour acheter ses cigarettes à l’étranger où celles-ci sont moins taxées : Espagne, Belgique, Luxembourg sont les principaux pourvoyeurs de tabac à prix attractifs. Et puis il existe aussi un véritable circuit parallèle qui est peu ou prou le même que celui de la drogue : le port de Marseille est le théâtre régulier de saisies de cigarettes provenant d’Algérie notamment. La France est devenue le souk de la contrebande en tous genres à cause de la multiplication et de l’expansion des zones de non-droit tolérées par laxisme, prêt-à-penser et impuissance.

 

Selon un rapport du cabinet d’audit KPMG récemment analysé (Le Figaro économie du 31 juillet 2018), « la France reste championne d’Europe des achats hors réseau », et cela malgré le fait que la consommation globale de tabac est en baisse. Régulièrement interpellé par la puissante fédération des buralistes, Bercy a décidé de mobiliser les services de la Douane sur ce trafic directement motivé par les taxes exponentielles et régulières sur le tabac. De 200 tonnes de tabac saisies en 2007, les chiffres ont triplé en dix ans, preuve de l’augmentation du marché parallèle.

Imposées au nom du doux prétexte de la Santé publique, ces taxes ont deux effets directs : la baisse du chiffre d’affaire des civettes qui ferment une à une, et l’augmentation en parallèle du marché noir. Avec un paquet neutre de cigarettes vendu en moyenne à 8 euros, la France adopte la technique des pays anglo-saxons et scandinaves qui ont fait du tabac un produit légal mais financièrement prohibé. Si quelques fumeurs ont réussi le sevrage avec une consommation en baisse de 4%, le marché demeure attractif pour les trafiquants de tout poil : les cambriolages de réserves de tabac et les vols lors des livraisons se sont multipliés au fil des ans, fragilisant encore plus une profession en sursis.

Outre une harmonisation européenne du prix du tabac réclamée depuis des années par les buralistes pour tempérer les achats transfrontaliers, la méthode la plus efficace pour baisser le trafic de cigarettes a été involontaire. « Le recul des achats sur les réseaux parallèles s’explique en fait surtout par la stabilité du prix du paquet chez les buralistes qui n’a pas bougé de 2014 à fin 2017 ». Ainsi le gouvernement fait fausse route avec sa décision d’augmenter tous les six mois le prix du tabac jusqu’à ce que le paquet atteigne le seuil de 10 euros. Une telle politique n’améliorera pas la santé publique, déstabilisera une profession qui travaille directement pour l’Etat, n’augmentera pas les recettes de ce dernier et enfin favorisera l’expansion tentaculaire de la contrebande. Enfin, en reprenant la souveraineté effective sur son territoire, l’Etat français fera disparaître les zones de non-droit et les bases arrières des trafics.

Où sont passés les 300 millions d’euros spoliés l’an dernier aux collectivités locales ?

Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron venait de démontrer son étrange habileté dans le mensonge. « En même temps », il promettait le 17 juillet 2017 lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat de ne pas rogner les fonds destinés aux collectivités locales, et à peine trois jours plus tard un décret retirait 300 millions d’euros à ces mêmes collectivités… Certes, la promesse portait déjà sur 2018 alors que le décret concernait le budget 2017, mais la concomitance des deux annonces révélait le peu de valeur à attribuer à une parole politique qui n’existe que pour distraire l’attention des élus locaux et des électeurs.

Outre le mensonge des prévaricateurs qui nous gouvernent, cette réminiscence permet de prendre conscience de l’incroyable facilité avec laquelle ceux-ci se contredisent lorsqu’il s’agit du peuple français qui réside hors des métropoles, qui vient des territoires ruraux, des petites villes et de cette fameuse France périphérique théorisée par le géographe Christophe Guilluy.

Et par qui étions-nous défendus dans ce combat politico-administratif qui sacrifiait une fois de plus les territoires inutiles de la République ? Un député socialiste de l’Ardèche s’était levé pour croiser le fer avec l’Etat et Emmanuel Macron au nom de l’association des petites villes de France (oui, car dans notre merveilleux pays, il y a des associations pour tout). « Les entreprises locales et les associations vont être touchées. Cela peut concerner l’aide au devoir, la lutte contre les discriminations, de la prévention contre les addictions ou encore la mise en place de système de sécurité. », déclara alors Olivier Dussopt à France Info.

Diable, si la prévention des addictions et la lutte contre les discriminations sont concernées alors cela mérite bien que nous allions chercher ces messieurs de Paris à coups de fourche !

Voilà encore une belle démonstration du totalitarisme du prêt-à-penser qui ruine jusqu’aux plus simples arguments de défense du localisme.

L’analyse conjointe de l’aménagement du territoire et des budgets alloués par l’Etat illustre la politique d’abandon de la France des chemins noirs et des villages désertés. Ces 300 millions d’euros retirés aux collectivités locales l’an passé n’ont pas été économisés et ne permettront pas un allègement fiscal en faveur des contribuables. A titre de comparaison et pour mémoire, le simple budget consacré à la mission « Asile, immigration et intégration des réfugiés » a augmenté de 300 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2018. Par ailleurs, le budget total de cette mission se monte à 1,38 milliard d’euros.

Cet été nous fêtons donc cet anniversaire symbolique des 300 millions d’euros qui résume toute la politique de l’Etat : ce qui est retiré à la France d’en bas, des champs et des villages, est donné en surplus à la France de l’invasion.

Roulette russe : rien ne va plus pour Macron

Décidément, l’été 2018 s’annonce plus difficile que prévu pour le président Macron. L’hypothèse d’un ralentissement de la croissance ne fait que se confirmer de jour en jour.

Alors que l’exécutif jupitérien prévoyait une croissance en hausse, un recul du chômage et une réduction du déficit public, tous ces projets semblent s’écrouler tel un modeste château de cartes.

En effet, le chômage est reparti à la hausse ce dernier trimestre, avec 0,2% de chômeurs en sus. De même, le gouvernement aura le plus grand mal du monde à respecter son objectif d’un déficit aux alentours de 2,3% du P.I.B., avec un déficit actuel équivalent à 2,6% du P.I.B. Quant à la dette publique, son niveau atteint tous les records et représente désormais 97,6% du P.I.B. Sans oublier que l’inflation repart à la hausse et atteint des records jamais atteints si ce n’est durant le pic de la crise économique en 2012, avec un taux d’inflation de 2,3%.

Il faut dire qu’Emmanuel Macron et son ministre des Finances, Bruno Le Maire, misaient tout sur la croissance européenne voire même mondiale, pensant que les réussites des uns entraîneraient celles des autres … et surtout de Macron.

Toutefois, ce n’est pas en espérant naïvement que les autres fassent les efforts à notre place, que notre pays parviendra à sortir de l’ornière. Pourtant, Bruno Le Maire mise toujours sur une croissance de l’ordre de 2% pour 2018, lorsque depuis le 1er trimestre 2018, elle n’est que de 0,2%, affirmant : « Nous verrons dans le cadre du projet de loi de finances 2019 s’il faut réajuster notre prévision. La croissance française est solide ».

De son côté, le Fonds Monétaire International (F.M.I.) épingle le gouvernement quant à sa gestion de la dette publique, et n’hésite pas à faire des propositions de bon sens, comme celles consistant à la mise en place d’incitations au travail, dans le contexte de refonte du système d’assurance-chômage.

Quant à la réduction du déficit, le gouvernement En Marche n’a rien à promettre aux Français, si ce n’est une énième augmentation des impôts, car seuls deux facteurs peuvent jouer sur cette réduction : la fiscalité ou la réalisation d’économies. Or, en matière d’économie, pour le moment, rien de bien nouveau, si ce n’est que le niveau de vie de l’Elysée va bon train … si qui n’est guère une marque d’exemplarité.

Quelques observations à la suite de l’affaire Benalla

L’uberisation de la paranoïa

Maintenant que l’emballement médiatique reprend son souffle et que la présidence s’est décidée à sortir d’un silence aussi long que suspect, preuve irréfutable de la portée du coup, il s’agit de considérer l’affaire Benalla avec l’esprit d’analyse nécessaire à quelques enseignements pour l’avenir.

L’augmentation exponentielle des dépenses de la présidence en matière de sécurité démontre que le jeune président jupitérien est atteint d’une pathologie classique du pouvoir : la paranoïa. La menace terroriste n’est qu’une justification bancale mise à mal justement par la présence d’un Benalla dans la garde rapprochée. En effet, les effectifs de sécurité ont augmenté de manière suffisamment sensible pour que la Cour des Comptes s’en inquiète dans son rapport annuel. Ce « besoin » immédiat de recrutement, au risque des doublons mais au prétexte de la fatigue des troupes militaires et de police, se chiffre à plus d’un million d’euros. La sécurité représente un tiers de la masse salariale de l’Elysée. Le comble résidant dans l’opacité totale de ces emplois puisqu’il apparaît que le traitement d’un Benalla n’est même pas comptabilisé dans ces nouveaux coûts.

Peut-être Emmanuel Macron a-t-il voulu privatiser la sécurité de la présidence de la République au regard des millions dépensés sur ce seul poste… Par-delà les rumeurs de police politique ou d’espionnage, Alexandre Benalla n’est finalement que l’incarnation d’une forme d’uberisation de la paranoïa présidentielle, laquelle en valorisant des profils atypiques espère sans doute engendrer une saine concurrence dans un domaine réservé. Comme le remarque le sociologue Antonio Casilli, « Dans un État moderne, les forces de l’ordre ont le monopole de la violence. Dans une startup-nation, n’importe quel Benalla peut aspirer à uberiser ce monopole. » De la SNCF au GSPR, Emmanuel Macron met un terme aux régimes spéciaux quitte à froisser les fonctionnaires, et il est certain que la sortie de l’affaire Benalla est en partie due à des vexations internes. De chauffeur pour cacique d’un Parti Socialiste moribond, le jeune Benalla a su prendre le train En Marche pour devenir le Monsieur Sécurité du CEO de la République : derrière le bling-bling, les Français aperçoivent la réalité d’un vigile de banlieue en guise de garde du corps de l’ambitieux du Touquet.

Une situation de blocage sans précédent

Un autre aspect du scandale repose sur la profonde défiance existant entre la haute fonction publique et l’entourage du président de la République. Nul doute que nous assistons à un règlement de compte dans lequel Benalla n’est que le talon d’Achille d’un Jupiter en mauvaise posture. D’ailleurs Benalla le dit lui-même dans Le Monde : « Je suis le maillon faible, je le sais. »

Alexandre Benalla devrait être renvoyé pour son absence de discrétion, une faute professionnelle au regard de ses missions. Là aussi, cet exhibitionnisme est somme toute très contemporain et très problématique.

Outre les manquements déontologiques de Benalla, il faut voir que le président de la République a perdu beaucoup de crédit auprès de ceux qui le servent en promouvant un tel homme. L’heure de la vengeance ayant sonné, souvenons-nous du général de Villiers, il est à craindre un plus grand fossé entre une présidence claquemurée dans sa tour d’ivoire et une administration fonctionnant au ralenti. Méfiance et défiance caractériseront les prochaines années du pouvoir.

De plus, l’impunité avancée par Alexandre Benalla et Emmanuel Macron a désorienté les Français. Celui qui se donnait pour mission de redonner un sens à la verticalité du pouvoir a affiché une déconsidération des institutions qui ne manque pas de lui porter préjudice.

Complot ?

Enfin puisque nous sommes en politique, doit-on voir une main invisible derrière les révélations d’Ariane Chemin ? Sans doute, Benalla n’est-il qu’un scandale résultant d’une conspiration politique, elle-même fortement teintée de corporatisme comme je viens de le souligner plus haut. Il n’en reste pas moins qu’Emmanuel Macron n’a jamais été aussi sérieusement ébranlé dans sa magnificence qu’avec cette affaire qui a vu l’ensemble de ses soutiens médiatiques et politiques douter de son génie. En quelques jours, la façade s’est lézardée et il a fallu peu de temps pour que la Macronie révèle sa fragilité. Jupiter n’est pas encore monté à l’Olympe, Benalla montre qu’il n’est que d’argile.

Cette affaire d’été marque la fin de l’esbroufe, et renforce tous les arguments en faveur du localisme comme seul rempart à la dérive autocratique de nos institutions et comme contre-pouvoir légitime et populaire face à un Etat livré aux bandes et aux mafias.

Le scandale Benalla n’est que l’un des nombreux épisodes de la dérive autocratique inscrite dans les textes et coutumes de la Vème république. Lorsque j’emploie le qualificatif d’autocratique, je le pense dans sa forme arbitraire et antidémocratique, non dans une perspective de commandement légitime. Je le dis avec assez peu de vergogne et sans mitterrandisme à rebours, car j’ai eu à subir dès sa genèse cette république tant vantée parmi les constitutionnalistes de notre pays. Et que sont les constitutionnalistes si ce n’est des juristes du pouvoir, prêts à changer de doctrine avec celui-ci ?