Serviteur du Bien commun, non esclave de quiconque

« Il n’y a point de plus cruelle tyrannie que celle que l’on exerce à l’ombre des lois et avec les couleurs de la justice. » Le talent littéraire d’un Montesquieu suffit en une phrase a résumer le danger du prêt à penser ridicule qu’on nous impose depuis quelques jours.

Bien loin déjà semble l’urgence sanitaire qui a présidé notre confinement général pendant près de deux mois. A peine sorti de nos maisons et le soleil retrouvé, nous voici de nouveau confronté au rouleau compresseur idéologique et médiatique. Les mêmes qui nous gavaient jusqu’à la nausée d’images ignobles et de chiffres terrifiants sur le COVID-19 durant le confinement, s’échinent aujourd’hui à nous « sensibiliser » à la nouvelle lubie planétaire : la lutte générale et généralisée contre le racisme.

Antiracisme ?

Comprenons-nous bien, il est évident que le racisme est un mal et qu’on ne peut qu’avoir de la compassion pour ceux qui en sont les victimes. Mais la justice consiste à rendre à chacun selon ses œuvres et non selon sa couleur de peau. En cela, la logique antiraciste est semblable à celle qu’elle prétend combattre puisqu’elle prétend donner à certains au nom de leur appartenance ethnique et non de leur mérite personnel.

Certes, la recette est connue. On nous sert du réchauffé, avec en accompagnement le dernier mort d’ordre scandé par toute la classe médiatique : « Black Lives Matters », comprendre en français “la vie des noirs compte”.

Car pour le système, il y a évidemment les vies qui comptent, mais aussi celles qui ne comptent pas. Soudainement, le monde entier semble se préoccuper de la valeur de la vie des noirs aux États-Unis et en Europe. Enfin, tout du moins, celle des criminels ou de ceux suspectés d’actes délictueux au nom d’un racisme d’État imaginaire. Quand un policier noir est insulté, caillassé, brûlé voir tué par des émeutiers, sa vie compte déjà beaucoup moins.  Quand des milliers de Français, chaque année, vivent dans la peur pour leurs biens ou pour eux-mêmes car ayant la malchance de vivre dans ce qu’on appelle communément aujourd’hui des zones de non-droit, cela n’émeut ni la classe journalistique, ni même la classe politique.

La réalité, c’est que cet énième mouvement proclamé antiraciste par le « camp du Bien » n’a comme mots à la bouche que les vertus du droit, de la vérité ou de la justice mais lutte exactement pour l’inverse. Droit, vérité et justice n’ont de sens que s’ils sont sujettis au Bien commun et non aux intérêts particuliers de quelques groupes communautaires, pour ne pas dire personnels, dans ce jeu du « tous-racistes ».

La haine n’est pas la justice

Le vrai visage de ces émeutiers du samedi, c’est celui de la haine des blancs. De la haine de la France. De la haine de notre civilisation de droit, de tempérance et de justice.

Alors comment ne pas exprimer notre dégout en voyant nos élites ramper devant eux ? Comment ne pas comprendre la saine colère de nos forces de police, quand le premier flic de France leur crache ouvertement dessus au lieu de les défendre ? Comment ne pas nous-même nourrir du ressentiment, lorsque l’Assemblée nationale, la garde des Sceaux, et même le Président de la République se mettent à genoux devant quelques excités qui déboulonnent des statues et exigent des réparations sonnantes et trébuchantes aux français déjà saignés de tous les côtés ? Comment ne pas s’inquiéter en entendant de la bouche du Ministre de l’Intérieur que l’émotion prime sur le droit ?

Face à cette lâcheté générale et cette tyrannie de l’émotion, nous restons debout. Jamais nous ne plierons genoux devant une communauté, une cause ou une idéologie quelle qu’elle soit. Seul le bon Dieu, infiniment parfait et désirable, peut nous demander dignement de s’incliner bas devant lui. En tant que Maire, je suis volontiers le serviteur des Orangeois et du Bien commun. Je ne suis en revanche l’esclave de personne.

Viticulture : emplois français en danger

Pesant 500 000 emplois directs et indirects sur l’ensemble du territoire national, la filière viticole est en grande difficulté. La fermeture des hôtels, bars et restaurants pendant 3 mois aggrave une situation déjà critique depuis la surtaxe de 25% imposée par les Etats-Unis en représailles d’une guerre commerciale entre Airbus et Boeing.

Taxes + pandémie

En Vaucluse, terre bénie des Côtes-du-Rhône, cette convergence de la politique internationale et de la pandémie est extrêmement préoccupante après des années de calamités agricoles (sécheresse et flavescence dorée). 6000 emplois directs sont en jeu dans ce département qui, rappelons-le, est l’un des plus pauvres de France et dont le vin est l’une des rares richesses. La moitié de la surface agricole du Vaucluse est dédiée à la vigne.

Les estimations sont catastrophiques. L’organisation internationale du vin prévoit une baisse de 50% en valeur des ventes en Europe. Pire, même les ventes par l’intermédiaire de la grande distribution ont chuté de 13% lors du confinement en France.

Dans cette situation, la profession réclame un plan d’aide à Bruxelles et à Bercy chiffré à 500 millions d’euros. Surtout les entreprises du secteur ont demandé une exonération des charges comprises dans le coût du plan de soutien. Le 11 mai, le gouvernement a annoncé sa stratégie en divisant toutes les demandes par deux. Quant au contentieux américain, il demeure en suspens.

C’est ici le point d’achoppement. Face à une politique américaine protectionniste, dans un contexte de tension commerciale, l’Union européenne s’avère incapable de remettre en cause ses dogmes idéologiques pour répondre aux sanctions unilatérales des Etats-Unis. Pire, le seul commissaire Français à Bruxelles, Thierry Breton, consacre toute son énergie à saper toute possibilité de souveraineté commerciale et économique comme il l’a déclaré à la presse. Du côté du commissariat européen à l’agriculture, le Polonais Janusz Wojciechowski a lancé un avertissement aux ministres européens le 13 mai sur le strict respect du marché unique, s’opposant notamment aux mesures favorisant la consommation locale.

Des Français pour les emplois

Enfin, et surtout, cette crise révèle que l’un des derniers pans de notre économie repose sur la main d’œuvre étrangère. En effet, nombre de nos exploitations agricoles sont en pénurie de travailleurs, lesquels proviennent souvent d’Espagne, d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord et même d’Amérique du Sud. Deux causes à cela : un coût trop élevé du travailleur français et le manque de candidatures. Ce constat doit nous engager à promouvoir une révolution culturelle qui consisterait non seulement à relocaliser totalement l’économie, c’est-à-dire la production et la consommation mais aussi l’emploi. Il faut défiscaliser le travail pour l’employeur et l’employé, et relancer la valorisation et la reconnaissance des métiers de la terre qui souffrent d’une désaffection dangereuse. Ce n’est pas qu’une simple question de commerce et de gros sous. C’est aussi la préservation d’un savoir-faire et d’un patrimoine qui est en train de disparaître sous nos yeux.

Le monde à l’endroit n°4

Déconfinement : il faut briser l’engrenage de peur suscité par l’épidémie et recommencer à vivre en prenant ses responsabilités : port du masque et gestes barrière.
Je promeus un Etat qui fait confiance à ses citoyens et les responsabilise plutôt qu’un Etat intempérant qui terrorise sa population, ne l’équipe pas et met à bas son économie.

Appel à la mobilisation : nous comptons sur vous le 28 juin !

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce midi la tenue du deuxième tour des élections municipales le 28 juin. C’est une nouvelle démonstration du mépris profond de cette caste LREM pour le suffrage universel et la démocratie locale.

Déjà entaché par l’abstention massive du premier tour, ce scrutin risque de subir un désintérêt profond des électeurs. La crainte de l’épidémie conjuguée à l’arrivée de l’été laissent entrevoir la désertion prévisible des votants, car il est évident que les conditions d’une élection sereine ne sont pas réunies.  

Voter par procuration

C’est pourquoi cette élection ne doit pas être volée aux Orangeois. Nous comptons sur vous pour mobiliser vos voisins et vos proches. A défaut de pouvoir se déplacer dans les bureaux, il faut absolument réunir les procurations de ceux qui veulent voter. Nul ne doit être privé de son droit de vote !

Cette décision, déjà largement contestée avant sa confirmation, est en totale contradiction avec les deux mois de confinement subis au lendemain du premier tour. Il apparaît donc que ce gouvernement est incapable d’apprendre de ses erreurs.

Après avoir pris la mesure de l’échec du maintien de l’élection municipale en mars, le consensus semblait général pour un report à la rentrée, voire à l’année suivante. Il n’en sera rien, sauf changement de dernière minute comme ce gouvernement nous y a habitués.

Le grand retour du masque

Cerise sur le gâteau, le port du masque sera obligatoire le 28 juin. Après nous avoir dit sur tous les tons que les masques n’étaient pas utiles, après avoir empêché les Français de s’en procurer en mars et en avril, après avoir laissé les mairies et les régions s’approvisionner par leurs propres moyens, voilà que le masque devient un équipement nécessaire. Nous ne savons plus si la bêtise l’emporte sur le dédain ou si l’incompétence le dispute au cynisme.

Bref, le 28 juin, envoyons un message clair : nous maintiendrons, tous ensemble, contre cette clique d’incapables et de prétentieux !

Un second tour en juin ? Bis repetita non placent

Le consensus est établi : le premier tour des élections municipales est entaché d’une lourde insincérité. Les électeurs ne se sont pas rendus aux urnes pour plus de la moitié d’entre eux : 55,25% d’abstention au niveau national et 57,64% à Orange. Du jamais vu pour l’élection la plus populaire dans le cœur et l’intérêt des Français !

Les causes sont connues. D’un côté, le gouvernement sonne le branle-bas de combat sur les risques de contagion du virus Covid-19. Il entame même les premières phases du confinement en annonçant le 13 mars la fermeture des écoles. D’un autre côté, il maintient l’élection municipale pour finalement, quelques jours après le premier tour, décider de reporter sine die le second et contraindre tout le pays à 55 jours de quarantaine.

Une abstention massive

Tenaillés entre l’incertitude et la crainte, beaucoup d’électeurs, surtout parmi les populations les plus fragiles et les plus vulnérables, n’ont pas osé prendre le risque d’aller voter. De même, de nombreuses familles avec des enfants en bas âge ont ajourné leur devoir électoral au regard de la situation.

Non content de cette première expérience largement bancale qui entraîne tout un ébranlement des élections suivantes, dont les sénatoriales programmées en septembre 2020, le gouvernement s’acharne sur un maintien du deuxième tour en juin. Si cette solution est retenue, le millésime 2020 sera une bien curieuse cuvée pour la démocratie. Car l’abstention de mars risque encore d’être plus forte, et de mémoire d’électeur, nul n’a jamais vu un tel écart entre les deux tours.

Face à cet état des lieux, il eût été plus sage et constitutionnel d’annuler ce premier tour, et de reporter l’élection à une période plus sereine. Première raison, l’éloignement des deux tours de scrutin et l’atmosphère générale qui rendent insincère le scrutin dans son ensemble. Deuxième raison, il est juridiquement difficile d’envisager deux types d’élus pour une même fonction : ceux élus en mars lors d’un premier tour pré-confinement et ceux élus à l’automne, par exemple, dans un contexte totalement différent.

Des recours à venir en pagaille

Maintenir ces choix retenus par l’exécutif, c’est ouvrir la voie à une foule de recours devant les tribunaux administratifs qui auront à juger un cas inédit certes, mais dont la légalité est grandement entachée de doute et de contestations.

Pendant toute la durée de la crise, le mensonge et l’incertitude ont guidé l’action de ce gouvernement. Par peur de dire des vérités simples aux Français, aucune ligne claire n’est tracée. La confusion règne et le trouble est général. Tout cela nuit gravement au bien commun. Des masques aux élections, en passant par la réouverture des écoles, il est temps de mettre fin aux discours contradictoires et de confesser une fois pour toutes les mauvais choix pour partir sur de bonnes bases.

De la même manière que tout le monde sait qu’il fallait des masques pour tout le monde dès le début de l’épidémie, tout le monde sait qu’il faut refaire les élections municipales à une nouvelle date pour respecter la démocratie.

Jeanne est de ces êtres qui retendent l’espérance

Chaque année, le deuxième dimanche de mai est consacré à la fête annuelle de la Ligue du Sud à Bollène, car il est bon qu’un groupe militant se soude aussi bien dans l’effort, la conquête, l’engagement, que dans la joie, la camaraderie et le partage.

Malheureusement pour le centenaire de la canonisation et de l’intronisation de la fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme, réunissant dans une même communion l’Eglise et la patrie, le dernier jour du confinement nous contraint à la retraite forcée. J’en profite toutefois pour vous adresser à tous mes vœux d’enthousiasme et de redressement.

L’esprit de reconquête doit sans cesse nous animer, car lâcher prise serait reculer, pour ne pas dire pire. Il est des retraites nécessaires, des replis stratégiques, mais ils ne sont jamais provoqués par la pensée de céder le terrain par faiblesse ou par goût du repos. La seule excuse à la tentation d’abandonner le combat, malgré les soupirs et la lassitude légitimes, repose sur la nécessité psychologique de se secouer et de remonter à cheval avec encore plus de ferveur à l’envi qu’il n’en fut à l’origine.

L’histoire de Jeanne pour exemple

Pourtant, blessures et horions s’abattent avec force de toutes parts. L’histoire de Jeanne doit sur ce point nous éclairer. Une vie de combat est une vie de martyr. La sainteté est à ce prix. Même, considérons que tout ce qui est bon et juste en ce monde ne peut s’obtenir sans ce don total et permanent. Cela ne signifie pas qu’il suffit de se battre pour être dans le juste et le vrai, car c’est toujours la finalité qui donne la valeur à l’acte. Cependant les objectifs ne peuvent être atteints sans en passer par là. Si vous n’agissez pas, vous ne pouvez prétendre à la victoire. Nulle conquête sans bataille. Nulle vertu sans souffrance. La prudence est fille de l’action. Elle n’est pas un attentisme.

La bataille n’est pas que choc des boucliers et des lances. Avant que de se mesurer à l’Anglais, Jeanne a dû affronter de plus terribles épreuves. Moins sanglantes. Moins physiques. Des épreuves qui ont demandé un courage plus profond et moins démonstratif. Face à elle-même, face à ses parents, face à son oncle, face à Baudricourt, face au gentil Dauphin, face aux juges ecclésiastiques de Poitiers, face aux rudes capitaines, face, enfin, au désespoir de toute une nation, de tous ces peuples de France qui doutaient de la légitimité de leur prince en mal de sacre, qui doutaient du destin de la France et de sa mission si contrarié par l’occupation et les razzia anglaises.

La foi

Remémorons-nous ce fameux passage dans le château de Chinon lorsque Jeanne s’apprête à rencontrer pour le première fois celui qu’elle fera roi. A 16 ans, venue des marches de l’Est, Jeanne ne doute pas de son bon droit et parle avec l’assurance des humbles, que d’aucuns confondent avec l’orgueil. « J’ai parcouru cent cinquante lieues au milieu des bandes armées pour vous porter secours. J’ai beaucoup de bonnes choses à vous dire. Je saurai vous reconnaître entre tous. » Il y a tout dans cette première missive : du courage, de l’audace, de la simplicité, de la hauteur, de l’affection, de l’amour, du don, et enfin ce qui est la source de tout, la foi.

Comment est-elle accueillie ? Avec joie ? Avec soulagement ? Avec espoir ? Nullement… La petite cour réfugiée sur les bords de Loire, loin de Paris et de Reims, se morfond dans sa mesquinerie et l’affreuse dissipation d’un quotidien qui se veut hors du temps et des vicissitudes du réel. On y fait de l’esprit à défaut d’en avoir. On courtise un prince sans royaume. On porte des fourreaux sans épées et des titres sans noblesse. Jeanne y est donc reçue avec une défiance ironique et la supériorité de ceux qui manquent de hauteur. On trouve drôle alors pour mettre ses dires à l’épreuve de faire occuper le trône sans roi au comte de Clermont. Malgré l’intimidation, les chuchotements, les rires étouffés, Jeanne décèle la tromperie et reconnaît parmi l’assemblée ce Dauphin près duquel elle s’agenouille en lui affirmant d’une voix claire, « Je te dis de par Dieu que tu es vrai héritier de France et fils de roi, et que je suis envoyée pour te conduire à Reims afin que tu y reçoives ton couronnement et ta consécration. » Là, les rôles s’inversent. C’est à présent le prince, honteux de son mensonge et terrifié devant la sagacité de l’envoyée, qui tremble et cherche à obtenir les grâces de Jeanne.

L’attitude de la cour n’est pas sans nous rappeler cette fausse superbe qui anime tous ceux qui cachent leur inconsistance derrière le mépris, leur manque de foi derrière le sarcasme. Ce qui unit de manière intime cet ensemble de réactions n’est autre que le mensonge. Non pas la classique et inévitable hypocrisie sociale, nécessaire hommage du vice à la vertu comme l’a formulé le Moraliste. Non, ici, il s’agit bien du mensonge dans toute sa vérité, si je puis oser le décrire ainsi. Comment le reconnaît-on ? Justement à cette défiance vis-à-vis de la pureté et du vrai. Il y a toujours une volonté d’abaisser, de salir, de briser dans l’âme blessée de ces hommes de peu de foi.
Certes les Anglais considèreront Jeanne de la manière la plus honnie qui soit. Ils la traiteront de paysanne, de vachère, de putain, de sorcière, d’ogresse, et de tous les noms que la haine peut invoquer.
Avant eux, les courtisans de Charles verront ce nouvel espoir comme la fin du leur : cette subite intrusion chamboulait toutes les prérogatives, toutes les manigances, tous les petits jeux de pouvoir. Il allait falloir se remettre en guerre, monter à l’assaut, se battre et prouver sa valeur. Mais avant, il ne serait pas dit qu’ils retourneraient se faire trouer la peau par les flèches des Godons sans soumettre Jeanne aux pire épreuves du doute et de la remise en cause. Préfiguration du procès de Rouen, les clercs la soumettent à la question et en concluent « qu’il n’y avait en elle rien de mal ni rien de contraire à la foi catholique, et qu’étant donné la nécessité dans laquelle étaient le roi et le royaume, puisque le roi et les habitants qui lui étaient fidèles étaient alors au désespoir et ne pouvaient espérer d’aide d’aucune sorte si elle ne leur venait de Dieu, que le roi pouvait s’aider d’elle ». C’est ainsi que le rapporte l’avocat au Parlement, Jean Barbin. Derrière la neutralité de l’exposé point déjà tout la cartésianisme politique de la raison d’Etat, ce réalisme d’apostat. D’un côté la pureté de Jeanne. De l’autre le cynisme des magistrats. D’un côté, le « battons-nous » de Jeanne. De l’autre le « servons-nous d’elle » des précurseurs de Cauchon, car c’est le même esprit qui anime les théologiens de Poitiers que les quelques vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands et dix délégués de l’Université de Paris qui l’enverront au bûcher. Loin de vouloir aboutir à la manifestation de la vérité, ces gens de robe entendent démontrer ce que l’exécutif leur impose de prouver. Là encore, nous assistons au combat des partisans du mensonge et de celle que la Vérité isole.

L’espoir

« Le ressort détendu de l’espérance a toujours été retendu par un petit nombre d’êtres héroïques », constate Bernanos.
Jeanne, la Sainte qui a connu la gloire des batailles, le faste du sacre, mais aussi l’opprobre de la défaite, la violence de la prison, et la libération du martyr, Jeanne est de ces êtres qui retendent l’espérance au milieu des menteurs et des lâches.

La France est empoisonnée de mensonges et il est naturel d’y voir s’y développer ceux qui font profession de mentir, mais ce n’est pas la première cause du malheur. Le jardinier peut passer son temps à éliminer les mauvaises herbes, s’il ne plante pas la pousse nourricière, son labeur est vain.
Plutôt que de conspuer les menteurs, si nombreux, regardons ce qu’il nous manque.
Brûlons de vérité. Démontrons à la mesure de nos efforts.
Puisse l’exemple de Jeanne, si soumise face aux épreuves, si simple et si forte dans l’adversité, nous guider à travers notre propre combat qui s’inscrit, si modeste soit-il, dans son exacte continuité, celle de voir le bien commun triompher afin que le Christ, roi des Francs, soit restauré sur Son trône et que la France retrouve sa vocation universelle à Son service.

Les chiffres de l’immigration : des millions d’entrées et des milliards d’euros

Une fraude sociale qui coûterait 30 milliards par an à l’Etat français… C’est le chiffre ahurissant que rapporte Charles Prats, ancien magistrat de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude au ministère du Budget. Dans un entretien accordé au Figaro magazine publié le 1er mai, ce haut magistrat confirme le constat que nous faisons depuis des années : la France, par son système social hypertrophié (787 milliards d’euros pour 66,5 millions d’habitants) dépense 56% de son PIB dans ses dépenses publiques. Cela alors même que nos armées, nos forces de police, notre justice et même nos hôpitaux sont bradés et régulièrement mis à la diète par les pouvoirs successifs. 

1 allocataire sur 2 de la CAF est né à l’étranger

Charles Prats dresse un tableau terrible : 12,4 millions d’allocataires de la CAF sont nés à l’étranger, soit 47% des bénéficiaires de l’aide sociale. Parmi eux, les fameux 2,5 millions de clandestins qui toucheraient également le pactole. L’interviewé prend l’exemple d’une famille roumaine dans le Nord qui, en 2018, avait créé 1200 faux profils pour escroquer 1,7 millions d’euros d’allocations ! Cependant, la majorité des fraudes est avant tout extra européenne : en 2011 parmi les faux papiers d’origines étrangères, 47% des fraudeurs se prétendaient Algériens, 27% Marocains, 6% Congolais et 3% Maliens. Une surreprésentation donc de fraudes pratiquées par des individus apparemment d’origine africaine.

Informée le 3 mars dernier par un rapport présenté par ce haut magistrat, l’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée sur la gravité de la situation.

A l’heure où nous nous apprêtons à rentrer dans la pire crise économique depuis la grande dépression, la Vème République continue de rincer à l’œil une partie oisive de la population, tandis que la France qui travaille croule sous les impôts, les réglementations et les charges. Un constat amer qui doit appeler à une réaction salutaire : faire en sorte que seul le travail paye !

1 million d’entrées par an pour 6,6 Mds d’euros

Ces chiffres sont aussi à rapprocher de l’audit de la Cour des comptes paru le 5 mai sur le coût de l’immigration estimé en 2019 à 6,6 milliards d’euros avec une explosion de l’aide médicale d’Etat, et de l’asile.

Ce rapport délivre aussi un chiffre record : l’immigration totale, légale et illégale, représente près d’un million d’entrées en France par an, et personne ne repart puisque les mesures d’éloignement sont jugées tout simplement inefficaces.

En 2019, la France a délivré 276.576 premiers titres de séjour à des ressortissants non-européens, un chiffre qui a augmenté de 38% ces huit dernières années. Parallèlement, ce sont 154 620 demandes d’asile qui ont été enregistrées. Il faut y ajouter 92 000 visas étudiants (+55% depuis 2012). Le taux de refus de renouvellement des titres de séjour serait de seulement 1%. Et 37 000 clandestins seraient régularisés grâce à la circulaire Valls tous les ans. Enfin, la Cour des comptes estime les entrées irrégulières à 400 000 par an.

L’immigration n’est pas seulement une question de chiffres, c’est aussi une balance démographique, un choc des cultures et un enjeu sanitaire.

La question est donc simple : la France est-elle en mesure d’accueillir près d’un million de ressortissants non-européens tous les ans ? A cette échelle, le grand remplacement paraît déjà une expression obsolète. Au regard de la crise économique annoncée après la pandémie, cette charge de plusieurs milliards d’euros sur les épaules des contribuables sera-t-elle encore supportable et ne confine-t-elle pas à la haute trahison ?

Les aveux du mensonge

Je crois que le mensonge est un parasite, le menteur un parasité, qui se gratte là où cela le démange.

Georges Bernanos, Les enfants humiliés

Enfin ! Avec le triptyque « protéger, tester, isoler », Edouard Philippe a exposé la stratégie d’évidence qui aurait pu nous éviter un confinement de 2 mois et la mort de l’économie française. Nous le disons depuis le début.

En expliquant qu’il fallait désormais se masquer, se faire dépister et se confiner en cas de maladie, le chef du gouvernement admet en creux plusieurs défaillances graves de l’Etat :

  1. La solution de bon sens était connue depuis le départ
  2. Elle était impossible à mettre en œuvre faute de moyens (pas de masques, pas de tests)
  3. Ce manque de moyens est dû à l’impréparation et à la faillite industrielle de tous nos secteurs stratégiques, de la médecine jusqu’aux usines d’approvisionnement
  4. Pour éviter une saturation des hôpitaux, il a donc fallu mettre le pays à l’arrêt
  5. L’économie a été tuée brutalement par la somme des trahisons de la Vème république : quand la santé est détruite depuis 40 ans et que l’industrie est dépecée et vendue, il n’y a plus de résilience nationale.

La bêtise du retour à l’école

Entre amende honorable, « devoir d’humilité » et appel au secours aux députés de la majorité, Edouard Philippe n’a pas eu le courage de lever le voile de la dernière hypocrisie manifeste : le retour des enfants à l’école.

Se réfugiant derrière un impératif pédagogique, argument fallacieux pour seulement un mois de cours, le Premier ministre n’a pas osé avouer ce qui est entendu de tous. Les écoles ouvrent pour permettre aux parents d’aller travailler. Le pragmatisme l’a d’ailleurs emporté à demi-mot : il a nettement conseillé de prioriser l’accès aux établissements aux enfants des parents qui travaillent sans pouvoir rester à la maison, et aux familles monoparentales.

C’est un discours qui peut s’entendre, et cette ouverture des écoles et des collèges (les lycées dont les élèves sont quasi autonomes ne sont pas concernés) devrait se limiter drastiquement à ces seuls cas. Comme il a été fait pour les enfants de personnels soignants.

Il faut donc que le gouvernement clarifie ce dernier point pour éviter de retomber dans la méfiance qu’il crée à force de mensonges et de mépris de l’intelligence des Français. Il faut accueillir seulement les enfants dont les parents travaillent. S’ils renvoient tous les enfants à l’école, il y a un risque de contagion massive et donc de reconfinement, et de spirale infernale. Autant adopter la même progression que dans les autres domaines, et attendre calmement septembre pour la rentrée.

Confessions

Qu’y a-t-il à retenir de cette heure de discours ?

Tout d’abord la reconnaissance partielle de mensonges et d’erreurs manifestes.

– Sur les masques tout d’abord : les différentes versions sur leur nécessité n’avaient pour cause que la pénurie et l’impréparation de la commande publique. Il est même confessé la crainte passée de manquer de masques chirurgicaux pour le personnel hospitalier. Il faudra en temps voulu examiner la causalité des responsabilités dans cette affaire.

L’Etat s’engage enfin à soutenir les collectivités dans l’achat de fournitures de protection en payant la moitié des factures, mais « à compter de ce jour ». Est-ce à dire que ceux qui ont déjà commandé les premières livraisons seront punis d’avoir été prévoyants ?

– Sur les tests ensuite. Edouard Philippe tente de se cacher derrière les avis contradictoires du Conseil scientifique, mais il ne fallait pas être grand clerc pour s’apercevoir qu’un dépistage massif était nécessaire pour juguler l’épidémie et suivre ainsi l’exemple des pays vertueux, Allemagne et Corée du Sud en tête.  

L’indécision continue d’être la norme. Le 11 mai demeure encore hypothétique. Les hôtels, cafés et restaurants qui représentent plus d’1 million d’emplois et 300 000 saisonniers devront attendre fin mai pour avoir un avis sur leur réouverture.

La liberté de culte de nouveau bafouée

Enfin, et ce n’est pas le moindre, les lieux de culte demeurent officiellement fermés (hors dérogations) malgré la réouverture des écoles, des médiathèques et des commerces. Après Pâques, ce sont les fêtes majeures de l’Ascension et de la Pentecôte qui sont interdites de célébration de manière arbitraire. L’autorisation encadrée par de strictes consignes n’est même pas évoquée. Comme une ultime provocation, cette injustice sera potentiellement levée le 2 juin, deux jours après la Pentecôte.

Le droit de servir Dieu

La semaine passée, le président de la République a réuni les « autorités religieuses » pour annoncer la suspension du culte au moins jusqu’à mi-juin. Obéissant sagement aux directives, l’Église a suspendu le culte et a demandé à ses fidèles de rester chez eux.

Si certains ont voulu assister à la messe de Pâques, ils se sont vu attendre à la sortie des églises, à la sortie même de chapelles privées, par des camionnettes de gendarmerie, carnet de PV en main alors même que les consignes du Ministère de l’Intérieur autorisaient l’ouverture des églises et la célébration du culte selon des conditions qui ont toujours été scrupuleusement respectées.

Loin d’en être remerciées par un assouplissement des consignes sanitaires, les églises de France doivent toutes rester fermées et la verbalisation de prêtres célébrant, même en privé, commence à fleurir dans les périodiques locaux. Au même moment, les supermarchés, ces nouveaux temples de la consommation, sont ouverts, avec peu de restrictions sanitaires, les clients s’y côtoyant en masse.

Des traitements différents

A l’inverse, des consignes circulent au sein de la police pour recommander le relâchement des contrôles pendant le ramadan et la bienveillance pour les réunions de voisins fêtant la rupture du jeûn chaque soir. Cette différence de traitement n’a malheureusement pas été contestée par le Président de la Conférence des Évêques de France lors de sa réunion avec le Président de la République.

On pouvait craindre une nouvelle soumission de l’Église face aux vexations habituelles mais dans les jours qui ont suivi, de nombreux évêques et prêtres ont élevé la voix pour dénoncer le manque de logique autorisant l’ouverture des commerces et écoles et maintenant les lieux de culte fermés.

Si l’indignation ne sera sûrement pas suffisante pour faire changer d’avis les autorités, entendre la voix des clercs accourir au secours spirituel de leurs fidèles redonne un peu d’espoir. Il faut surtout espérer que cette levée de bouclier, même si elle est partielle, aidera les Français à ouvrir les yeux sur la gestion déplorable de la pandémie, dépourvue de tout bon sens et sans aucun souci du peuple.