Quelques observations à la suite de l’affaire Benalla

L’uberisation de la paranoïa

Maintenant que l’emballement médiatique reprend son souffle et que la présidence s’est décidée à sortir d’un silence aussi long que suspect, preuve irréfutable de la portée du coup, il s’agit de considérer l’affaire Benalla avec l’esprit d’analyse nécessaire à quelques enseignements pour l’avenir.

L’augmentation exponentielle des dépenses de la présidence en matière de sécurité démontre que le jeune président jupitérien est atteint d’une pathologie classique du pouvoir : la paranoïa. La menace terroriste n’est qu’une justification bancale mise à mal justement par la présence d’un Benalla dans la garde rapprochée. En effet, les effectifs de sécurité ont augmenté de manière suffisamment sensible pour que la Cour des Comptes s’en inquiète dans son rapport annuel. Ce « besoin » immédiat de recrutement, au risque des doublons mais au prétexte de la fatigue des troupes militaires et de police, se chiffre à plus d’un million d’euros. La sécurité représente un tiers de la masse salariale de l’Elysée. Le comble résidant dans l’opacité totale de ces emplois puisqu’il apparaît que le traitement d’un Benalla n’est même pas comptabilisé dans ces nouveaux coûts.

Peut-être Emmanuel Macron a-t-il voulu privatiser la sécurité de la présidence de la République au regard des millions dépensés sur ce seul poste… Par-delà les rumeurs de police politique ou d’espionnage, Alexandre Benalla n’est finalement que l’incarnation d’une forme d’uberisation de la paranoïa présidentielle, laquelle en valorisant des profils atypiques espère sans doute engendrer une saine concurrence dans un domaine réservé. Comme le remarque le sociologue Antonio Casilli, « Dans un État moderne, les forces de l’ordre ont le monopole de la violence. Dans une startup-nation, n’importe quel Benalla peut aspirer à uberiser ce monopole. » De la SNCF au GSPR, Emmanuel Macron met un terme aux régimes spéciaux quitte à froisser les fonctionnaires, et il est certain que la sortie de l’affaire Benalla est en partie due à des vexations internes. De chauffeur pour cacique d’un Parti Socialiste moribond, le jeune Benalla a su prendre le train En Marche pour devenir le Monsieur Sécurité du CEO de la République : derrière le bling-bling, les Français aperçoivent la réalité d’un vigile de banlieue en guise de garde du corps de l’ambitieux du Touquet.

Une situation de blocage sans précédent

Un autre aspect du scandale repose sur la profonde défiance existant entre la haute fonction publique et l’entourage du président de la République. Nul doute que nous assistons à un règlement de compte dans lequel Benalla n’est que le talon d’Achille d’un Jupiter en mauvaise posture. D’ailleurs Benalla le dit lui-même dans Le Monde : « Je suis le maillon faible, je le sais. »

Alexandre Benalla devrait être renvoyé pour son absence de discrétion, une faute professionnelle au regard de ses missions. Là aussi, cet exhibitionnisme est somme toute très contemporain et très problématique.

Outre les manquements déontologiques de Benalla, il faut voir que le président de la République a perdu beaucoup de crédit auprès de ceux qui le servent en promouvant un tel homme. L’heure de la vengeance ayant sonné, souvenons-nous du général de Villiers, il est à craindre un plus grand fossé entre une présidence claquemurée dans sa tour d’ivoire et une administration fonctionnant au ralenti. Méfiance et défiance caractériseront les prochaines années du pouvoir.

De plus, l’impunité avancée par Alexandre Benalla et Emmanuel Macron a désorienté les Français. Celui qui se donnait pour mission de redonner un sens à la verticalité du pouvoir a affiché une déconsidération des institutions qui ne manque pas de lui porter préjudice.

Complot ?

Enfin puisque nous sommes en politique, doit-on voir une main invisible derrière les révélations d’Ariane Chemin ? Sans doute, Benalla n’est-il qu’un scandale résultant d’une conspiration politique, elle-même fortement teintée de corporatisme comme je viens de le souligner plus haut. Il n’en reste pas moins qu’Emmanuel Macron n’a jamais été aussi sérieusement ébranlé dans sa magnificence qu’avec cette affaire qui a vu l’ensemble de ses soutiens médiatiques et politiques douter de son génie. En quelques jours, la façade s’est lézardée et il a fallu peu de temps pour que la Macronie révèle sa fragilité. Jupiter n’est pas encore monté à l’Olympe, Benalla montre qu’il n’est que d’argile.

Cette affaire d’été marque la fin de l’esbroufe, et renforce tous les arguments en faveur du localisme comme seul rempart à la dérive autocratique de nos institutions et comme contre-pouvoir légitime et populaire face à un Etat livré aux bandes et aux mafias.

Le scandale Benalla n’est que l’un des nombreux épisodes de la dérive autocratique inscrite dans les textes et coutumes de la Vème république. Lorsque j’emploie le qualificatif d’autocratique, je le pense dans sa forme arbitraire et antidémocratique, non dans une perspective de commandement légitime. Je le dis avec assez peu de vergogne et sans mitterrandisme à rebours, car j’ai eu à subir dès sa genèse cette république tant vantée parmi les constitutionnalistes de notre pays. Et que sont les constitutionnalistes si ce n’est des juristes du pouvoir, prêts à changer de doctrine avec celui-ci ?

Benalla de Bourgogne, l’homme de main de l’homme des Banques

Formé au service d’ordre du Parti Socialiste, Alexandre Benalla, à peine trente ans, est réputé pour brûler les étapes. Depuis 24 heures, cet inconnu du grand public est au centre de l’attention. Chargé de mission de l’Elysée en tant que responsable de la sécurité rapprochée d’Emmanuel Macron, il est à l’origine d’une véritable tempête médiatique, à tel point que l’effet « Mondial » aura été de courte durée pour le président de la République.

Dans une vidéo devenue virale, le garde du corps de Jupiter muni d’un casque et d’un brassard de police s’en prend violemment à un manifestant lors des manifestations parisiennes du 1er mai. Sans être titulaire de l’autorité publique, Alexandre Benalla recourt à la force sans autre justification apparente que sa simple présence sur le théâtre d’opération. Pour ce grave incident, accompli dans l’illégalité la plus totale, le protégé d’Emmanuel Macron n’a écopé que de quinze jours de suspension…

Arnaud Montebourg, précédent employeur de l’individu lorsqu’il était à Bercy, s’en était séparé au bout d’une semaine à cause d’une tentative de délit de fuite lors d’un accident de la circulation. Il semblerait qu’Alexandre Benalla ait su avec le temps s’attirer les faveurs de responsables moins regardant sur son pedigree et ses méthodes.

Autre anecdote, les coupures de presse révèlent que Makao, le géant congolais ami de l’hôtellier des terroristes Jawad Bendaoud, avait été recruté par le fameux Alexandre Benalla dans l’équipe rapprochée du président. Bref, alors candidat, Emmanuel Macron s’était constitué une petite bande de caïds de banlieue en guise de garde prétorienne. Le bourgeois du Touquet, lui-même obligé des banques, a recruté des hommes de main selon une forme de discrimination positive qui interroge : ces hommes qui vont et viennent désormais à l’Elysée comme à la maison sont-ils sûrs, n’ont-ils pas des attaches plus sulfureuses en marge de la loi ?

La sortie de cette affaire par le journal Le Monde révèle qu’une personnalité telle qu’Alexandre Benalla a dû en agacer plus d’un. Nul doute que certains policiers ou fonctionnaires dont le métier est d’assurer la sécurité des institutions et des personnes qui y travaillent ont perçu d’un mauvais œil l’impunité dont jouissent les lascars du Président, à l’instar d’un Benalla. Le recours à la presse plutôt qu’à la justice montre en creux la séparation toute théorique des pouvoirs et la crainte de magistrats aux ordres, le comportement d’un Benalla n’étant que l’écho de l’hybris présidentielle. Cela sans compter la curieuse atmosphère de barbouzerie qui empuantit progressivement ce dossier.

Benalla est le pendant de Belattar, le duo incarne les indigènes de la République macronienne, la grande gueule et les gros bras au service d’un Jupiter d’opérette vivant sur les restes d’une République décomposée. Que le vent se lève afin que nous puissions tenter de vivre sans ces crapules !

Du président des riches au président des villes

La conférence des territoires qui s’est tenue le 12 juillet et qui était organisée par l’exécutif macronien a été très largement boudée par les élus locaux.

Résultat : comme lors du discours du Congrès du président Macron, les élus de la majorité présidentielle se sont retrouvés dans un entre-soi politique pour exposer la manière avec laquelle ils souhaitaient continuer à détricoter la France rurale et périphérique.

Des absences notables furent à remarquer : celles des trois présidents des associations nationales des Régions, des Départements et des Maires de France, pourtant peu critiques jusqu’à présent à l’égard d’Emmanuel Macron, du moins en ce qui concerne Dominique Bussereau et François Baroin.

D’ailleurs ces derniers n’ont pas hésité à publier une lettre ouverte demandant le retour à un pacte dit girondin, afin que l’Etat puisse mieux entendre les préoccupations majeures de nos collectivités locales.

Il est vrai que la suppression brutale et drastique des dotations de l’Etat aux collectivités a rompu le lien de confiance indispensable entre l’Etat et les acteurs locaux. Pourtant, les collectivités territoriales ont toujours répondu présentes aux sollicitations de l’Etat lorsqu’il leur demandait de respecter sa politique de restriction budgétaire. Alors que le président Hollande imposait un plan d’économies de 11 milliards d’euros aux collectivités entre 2015 et 2017, il s’avère que ces dernières ont respecté ces engagements au mieux en ayant effectivement diminué de 10 milliards leurs dépenses. Parallèlement, l’Etat sommé d’économiser 21 milliards d’euros sur la même période n’a réduit la voilure officiellement que de 3 milliards.

Sans oublier que la loi Notre, pur produit de la technostructure macronienne, a profondément bouleversé le champ d’action des élus locaux, puisque l’Etat ne cesse d’abandonner bon nombre de compétences, y compris parfois régaliennes comme en matière de sécurité, à des collectivités locales qui n’ont ni les moyens humains ou financiers à dispositions. Le souhait implicite de l’Etat est de contribuer à faire exploser la dette des échelons locaux, alors que lui-même dépasse désormais les 2 000 milliards d’euros de dette. N’ayant plus de portefeuille adéquat, Macron espère utiliser celui des élus locaux.

Sans oublier, la goutte d’eau qui fait déborder le vase : la réduction de vitesse à 80 km/h, décidée par l’Etat, sera financée par… les départements qui ont en charge l’adaptation signalétique sur des centaines de kilomètres.

Décidément la France atteint des tristes records ces derniers jours.

Tout le paradoxe c’est que cela se produit au moment où son équipe de football a atteint les sommets footballistiques au mondial, comme pour que les Français détournent le regard de la triste réalité.

Depuis deux jours, la France n’est plus que la septième puissance économique mondiale, l’Inde venant de lui disputer son ancien sixième rang. Et tout est allé très vite.

En 2009, le Produit Intérieur Brut de l’Inde représentait seulement la moitié de celui de la France. En 2018, il le dépasse.

Déjà en 2006, la France avait été doublée par la Chine. Le réveil et l’émergence des géants asiatiques sur le marché mondial avait été présentés comme bénéfiques pour tous les vieux acteurs occidentaux. Un nouveau challenge, l’injection d’une dynamique nouvelle devait relancer l’esprit de concurrence et par conséquent la consommation, la production et les emplois. Les nouveaux blocs devaient rétablir un équilibre malmené depuis trop longtemps par la puissance américaine et permettre à chaque machine économique nationale d’embrayer à la vitesse supérieure.

Désavantagée de fait, les politiques économiques successives ont mis fin à la compétition avant même qu’elle ne commence en soumettant notre économie nationale à une mondialisation n profitant qu’aux riches et protégée par un étatisme clientéliste et anachronique: réduction de coût, dumping social, délocalisation… La France a été totalement dépassée, noyée dans ses rêves et son économie a régressé contrairement à toutes les promesses d’avenir radieux.

Toutefois au-delà de ses simples données statistiques, la régression de notre P.I.B prouve bien la longue et profonde crise qui nous concerne.

Notre productivité n’a cessé de baisser entre 2016 et 2017, la France passant du 12e au 14e rang dans le classement des pays les plus productifs. De plus, notre modèle industriel est en régression totale. Entre 2009 et 2016, le montant d’investissement industriel a baissé d’un million d’euros, n’atteignant plus que 9 millions, sans oublier que le nombre d’employés médian par site industriel est passé, durant la même période, de 30 à 20. Le pire c’est que la France affiche un colossal déficit commercial en matière de biens manufacturés, atteignant 35 milliards d’euros contre 20 milliards en 2012. D’après les statistiques, le coût de production de l’industrie française est 20% plus cher que celui de ses concurrents directs. A ce niveau, toute compétition est strictement impossible et le résultat s’en fait sentir douloureusement : depuis 2008, ce sont près de 600 usines françaises qui ont mis la clé sous la porte, alors que les quelques nouvelles entreprises fournissent moins d’emplois qu’auparavant, 49 par site en moyenne.

Sans oublier que le poids des dépenses publiques françaises représente 47,6% du P.I.B. ce qui fait de nous, et de loin, le champion du monde sans aucune étoile à arborer.

A ce rythme, il est prévu qu’en 2027 la France dégringole à la huitième place mondiale puis à la neuvième d’ici 2032, en espérant que la dégringolade ne s’accentue pas trop rapidement.

Nicolas Sarkozy, François Hollande et maintenant Emmanuel Macron ont beau nous dire que l’économie est la pierre angulaire de leur politique, il s’avère que tout a été contre-productif.

Il est urgent aujourd’hui de changer de politique économique, de revenir aux réalités de bon sens et de raison. La culture des clientèles, l’endettement systématique, les incitations financières vaines qui encouragent l’inactivité plutôt que le travail ne font que nous entraîner chaque jour un peu plus vers des solutions totalitaires infiniment regrettables. Tant que les rêves absurdes resteront la règle idéologique du système, la corruption intellectuelle et financière continuera de vendre tout ce qui est vendable et même ce qui ne l’est pas.

Il faut relancer une économie vraie, réaliste basée sur la création systématique d’emplois, encouragée par la promotion de grands travaux d’utilité publique afin de redonner toute sa valeur au travail et donc à l’économie positive dans notre pays.

Le Conseil constitutionnel valide la collaboration et l’aide active à l’invasion

Vendredi 6 juillet, les neuf membres du Conseil constitutionnel présidé par Laurent Fabius ont rédigé un communiqué de presse dans lequel il est stipulé que « l’immunité pénale à toute personne physique ou morale ayant apporté une (…) aide à un étranger » est accordée au nom du principe de fraternité. Cette décision est censée revenir sur l’injustice du « délit de solidarité ». Il faut bien reconnaître que les institutions ne font par là-même que de se mettre en accord avec le prêt-à-penser qui présente l’aide à l’invasion comme une obligation morale et constitue l’impératif catégorique de l’Occidental culpabilisé.

Voici donc l’énième chronique d’un délitement moral qui en vient à tronquer les vertus en germes actifs de l’esprit de la trahison et du sabordage. A la lecture de telles nouvelles, nous ne pouvons que repenser avec amertume au terrible constat de Jean Raspail dans un entretien au Figaro en 2004 : « La France trahie par la République ».

L’universalisme niais des valeurs maçonniques, pâle adaptation laïque des vertus évangéliques, ne peut constituer une doctrine politique à même de servir le bien commun au regard des circonstances présentes. En effet, l’aide à l’étranger mise en exergue par ce communiqué, même s’il ne doit donner lieu « à aucune contrepartie directe ou indirecte », n’est qu’une reconnaissance et un encouragement envers le militantisme des ONG et des passeurs. Il s’agit de sacraliser la tolérance de l’invasion en la mutant en acte de charité individuelle : il n’y a plus de patrie ni de peuple à préserver et à défendre, juste un homme dans le besoin à accueillir. Dans cette alternative simpliste et manichéenne, il n’existe plus aucune nuance entre l’amour de la patrie diabolisée en un égoïsme xénophobe et l’activisme migratoire vue comme l’engagement ultime de l’humanisme.

Au risque de subir les condamnations et insultes des chiens de garde d’un système qui n’a pour finalité que la disparition spirituelle, matérielle et totale de notre civilisation par la mutation, nous ne reconnaissons pas comme principe de fraternité l’aval de la trahison nationale. Ce n’est pas parce que Ganelon préside aux destinées de la Cité que nous devons nous soumettre à ses arrêts criminels. Nulle charité ne peut se construire sur la haine de soi. En revanche, toute conquête résulte de la défaite morale et physique de la nation vaincue.

Qui sont donc les traîtres ? Qui sont-ils ces fameux sages proclamés décidant du bien, de la loi, et de la morale à appliquer dans notre pays ? Qui sont-ils ces « magistrats » nommés par le pouvoir qui prétendent au nom d’une hiérarchie des normes arbitraire imposer leur bon vouloir à toute la Nation ?

Ils sont neuf, tous nommés par leurs obligés, issus des mêmes sérails politiques et des mêmes écoles. Ils siègent au cœur de Paris en reconnaissance de leurs mauvaises actions contre la Patrie. Voici leurs noms :

Laurent FABIUS,

Valéry GISCARD D’ESTAING,

Michel CHARASSE,

Claire BAZY MALAURIE,

Nicole MAESTRACCI,

Lionel JOSPIN,

Jean-Jacques HYEST,

Michel PINAULT,

Corinne LUQUIENS,

Dominique LOTTIN

 

Dette publique : les compteurs s’affolent !

Ça y est : la France est en été et les Français entrent progressivement en vacances. Jusqu’à ce mois-ci, il faut qu’ils sachent qu’ils n’ont travaillé que pour le gouvernement, puisque le taux de prélèvement obligatoire est tel que toutes leurs économies n’ont servi qu’à remplir les caisses de l’Etat. Si la France ne devient pas champion du monde de football, au moins elle l’est déjà en matière fiscale. D’autant plus qu’en janvier, le sieur Macron a ajouté 8 taxes supplémentaires qui n’étranglent que les Français moyens, puisque les bénéficiaires de minima sociaux comme les plus riches en sont exemptés.

Malgré l’allégresse estivale qui s’installe, les compteurs de l’Etat continuent de s’affoler. Jamais la dette de l’Etat n’a été aussi importante, alors que les présidents Sarkozy et Hollande avaient fait de sa réduction l’alpha et l’oméga de leur politique intérieure.

En 10 ans, la dette est passée de 64,5% du P.I.B. à 97,6%, soit 2.255,3 milliards d’euros ce qui correspond au coût de production de 27.000 Rafales, dont manquent pourtant cruellement certaines bases de notre valeureuse Armée de l’Air.

Ce n’est pas tout. Le poids des dépenses publiques s’envole aussi, représentant 55,1% du P.I.B., ce qui signifie désormais que la France se coupe de toute politique d’investissement et se contente de gérer les affaires courantes, ou plutôt de dilapider la cagnotte de l’Etat. Et tout le paradoxe, c’est que jamais autant que sous l’ère macronienne, le gouvernement n’a transféré d’aussi nombreuses compétences au bloc communal, sans lui afférer les compensations financières et techniques correspondantes, alors que les finances des collectivités locales restent vertueuses avec une dette largement inférieure à 12% du P.I.B.

L’Etat centralise toujours plus. Le gouvernement dépense toujours plus. Ce qui ne l’empêche pas de brader le pays et de vendre la France à l’encan : séparation des domaines viticoles et des propriétés historiques, dépossession des brevets français, cession de l’armement de pointe à nos ennemis, fin des dernières grandes entreprises publiques, perte de nos aéroports et de nos fleurons industriels …

Dans le même temps, le simple coût de l’accueil des clandestins, sans évoquer la prise en charge qui en découle, a augmenté de 5 milliards d’euros, ce qui là encore représente une somme faramineuse, soit 2 milliards de plus que la dernière enveloppe consacrée au secours du monde agricole.

Toutefois, notons qu’il y a bien un indicateur qui baisse avec Macron : c’est celui du pouvoir d’achat des Français. Depuis son élection, les prix à la consommation ont augmenté de 2,1% dépassant ainsi la moyenne européenne, alors que Macron ne cesse de donner des leçons de morale et de bonne conduite à ses voisins européens. Rien que le prix de l’énergie bat tous les records avec 12,2% d’augmentation supplémentaire. Edouard Philippe a beau vouloir réduire la vitesse à 80 km/h, il n’en demeure pas moins que le coût du transport sera toujours plus cher.

La Cour des Comptes se montre inquiète quant à la suite du quinquennat, précisant que « la crédibilité de la trajectoire des dépenses » était mise en question. Bref il y a longtemps qu’il n’y a plus de capitaine dans le navire même s’il pérore beaucoup et partout.

La police attaquée, l’Etat absent

Le jour même de la publication par le Sénat d’un rapport qui fait part du malaise ressenti par les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, des policiers étaient violemment pris à parti à Nantes et même blessés, dans le quartier du Breil.

La conjonction de ces deux éléments démontre, s’il en est besoin, la gravité de la situation dans laquelle se trouve la France.

L’abandon programmé et volontaire de l’autorité de l’Etat se conjugue avec la décadence d’une jeunesse banlieusarde rétive à toute forme de respect et d’amour du pays. Le cocktail en est détonnant comme l’atteste la violence des affrontements qui ont opposé, hier soir, des C.R.S. épuisés et énervés à des jeunes déracinés et épris de folie destructrice. Ce matin ce n’est pas seulement un quartier de Nantes qui s’est réveillé dans l’amertume et dans la peur. C’est la France entière qui a compris que la simple volonté des forces de l’ordre de faire respecter la loi pouvait conduire à une désastreuse nuit d’émeutes, que la France redoute toujours autant depuis la flambée de violences de 2005.

Rendons-nous bien compte : il aura simplement suffi que la police fasse son travail, à savoir un contrôle d’identité et l’appréhension d’un délinquant fiché, pour que tout un quartier, rétif à toute autorité républicaine, veuille casser du flic et par conséquent crier sa haine de la France.

Alors que l’on ne s’étonne pas devant le rapport sénatorial qui rappelle que les policiers figurent en bonne place dans le sinistre classement du taux de suicides par profession, avec plus de 50 victimes en 2017. Des policiers, qu’ils soient municipaux ou nationaux, ainsi que des gendarmes, qui ne se contentent plus de subir les insultes et les actes de violence, uniquement sur leur lieu de travail, comme beaucoup de citoyens ordinaires, mais qui sont suivis par ces maux jusque dans leur quotidien le plus intime. « Le risque intrinsèque au métier de policier […] s’est ainsi déplacé au sein même de la vie personnelle et de la structure familiale » souligne le rapport des sénateurs. C’est alors que le traumatisme de Magnanville, ville où deux policiers avaient été abattus chez eux par des islamistes le 13 juin 2016, sous les yeux incrédules de leurs enfants, reste dans tous les esprits.

Sans compter que le matériel mis à disposition de nos forces de l’ordre devient de plus en plus obsolète. Le gouvernement a beau se parer de bonnes intentions et réclamer à cor et à cri la création d’une police de proximité, sans moyens adéquats et surtout sans autorisation d’intervenir, toutes ces décisions, fussent-elles les meilleures, resteront vaines et inutiles. En effet, comment aujourd’hui les journalistes et demain les magistrats peuvent ou pourront interroger la légalité du geste des policiers qui ont ouvert le feu ? Notre société en est-elle devenue malade à ce point qu’il faille même justifier le fait de défendre l’Ordre et l’Etat ?

Ce rapport sénatorial ne fait donc que mettre la lumière sur une réalité béante. Nos dirigeants soulignent toute l’urgence qu’il y a à agir. L’actualité leur donne entièrement raison. Mais est-ce que la majorité présidentielle et ses alliés du système juridico-médiatique seront prêts à se donner les moyens d’agir ? Vaste question qui engage l’avenir de la France.

Marion Maréchal : observations d’un sceptique

Petite-fille de Jean-Marie Le Pen, fille de Samuel Maréchal, étoile filante de la politique locale (un mandat et puis s’en va !), désormais directrice d’école, le parcours de Marion sans Le Pen ne cesse de me surprendre. Pourtant, je dois bien confesser qu’il y a des éléments qui me tracassent dans cette sucess-story un peu trop lisse, un peu trop bien racontée, un peu trop séquencée à mon goût. Marion à l’Assemblée, Marion en Amérique, Marion au pèlerinage de Chartres, Marion s’installe à Lyon… Il y a un côté « dans l’épisode précédent… » qui est addictif mais casse le naturel d’une carrière et d’un combat politique souvent fait d’horions et d’avanies. Oh je ne me plains pas, mais l’expérience m’a appris à être méfiant.

Marion, l’étrange coqueluche des médias

Elle est jeune, elle est belle, elle a tout pour elle… Indéniablement l’ancienne député de Vaucluse que j’ai eu l’heur d’avoir pour voisine sur les bancs du Palais Bourbon ne manque ni de charme ni de succès dans ses entreprises. Du moins en apparence. Il faut dire que le récit déployé à longueur de pages de magazines, de photos sur papier glacé et de reportages télévisés, est à la hauteur d’une mise sur orbite rarement constatée.

Cependant rappelez-vous le lancement du jeune premier, vous savez cet obscur conseiller économique de la campagne de François Hollande, mince ! celui dont le nom m’échappe mais qui fut secrétaire général adjoint de l’Elysée avant d’être propulsé à Bercy… Celui dont personne n’avait entendu parler, celui qui n’avait même jamais daigné se présenter au suffrage des électeurs, mais qui a su parfaitement capter le désir de changement en mêlant populisme et technocratie. Souvenez-vous donc de lui, d’Emmanuel Macron, et de la véritable campagne d’affichage en sa faveur à la une de tous les journaux, alors qu’à l’époque l’homme n’avait déclaré aucune intention d’accéder à la fonction suprême de la République.

Je le confesse, je ne peux m’empêcher de voir une identité de situation, voire de stratégie, dans cette starisation à l’américaine. Ceux qui pensent que cette mise en scène est directement inspirée par Marion elle-même se trompent néanmoins, même si elle en a l’usufruit. Mais pourquoi le système aurait intérêt à propulser et à maintenir cette jeune fille sur le devant de la scène malgré ses idées théoriquement conservatrices ?

Marion contre Marine

Quel scoop ! me direz-vous, oui Marion est l’anti-Marine. Tout observateur de la vie politique sait que Marine Le Pen ne peut et ne se relèvera pas de son débat catastrophique de l’entre-deux tours. Même Alain Duhamel le sait, c’est dire s’il ne s’agit pas d’une brillante analyse mais d’un constat d’évidence. Il faut donc trouver une ou un remplaçant d’envergure dans le jeu dialectique de notre démocratie-spectacle. Et il semble bien que le nom du substitut soit déjà connu de tous, d’autant que la droite parlementaire traverse un véritable désert. Marion Maréchal est la candidate idoine pour suppléer aux déficiences de sa tante. Sans parti mais soutenue par de nombreux réseaux qui se ramifient jusqu’au-delà de l’Atlantique, l’ancienne député cultive sans avoir l’air une ambigüité qui lui laisse la plus large marge de manœuvre possible. Se présentera ? Se présentera pas ? Nul ne peut affirmer l’une de ces alternatives avec assurance, et je ne m’y risquerais pas, quand bien même la logique incline en ce sens. Cependant la logique politique aurait aussi voulu qu’elle restât dans sa circonscription et qu’elle s’enracina, ce qu’elle refusa au risque de tromper l’espérance de ses militants les plus dévoués.

En conclusion, et au regard de mes quelques doutes, je ne voudrais pas que mes pensées soient vues comme de simples piques lancées par vilenie. Je m’interroge publiquement. C’est tout. Ce questionnement est aussi alimenté par quelques souvenirs de l’Assemblée lorsque, lors de débats houleux et catégoriques, j’ai eu l’impression que la jeune promesse de la droite nationale flanchait et préférait donner des gages plutôt que de maintenir l’adversité. Je songe notamment à quelques paroles malheureuses sur la loi Veil qui me paraissent encore aujourd’hui comme un refus réel de lutter pied à pied contre le système.

Surtout, et c’est peut-être le grand scrupule qui m’habite en regardant le film « Marion face à son destin », de telles promotions ne sont jamais gratuites. J’entends par là qu’il existe toujours une contrepartie, et je ne vois pas comment l’enrôlement comme agent du système peut être la confirmation d’une pensée droite et d’un combat indéfectible pour le bien commun. Nous ne pouvons servir deux maîtres, et certaines attitudes nous placent obligatoirement dans l’un des deux camps. Espérons qu’elle conserve cette pensée à l’esprit, car les grands médias suivent une feuille de route qui est strictement écrite : aucun engouement médiatique n’arrive par hasard. Les chiens de garde obéissent à leurs maîtres.

La Ligue du Sud répond à l’appel de Matteo Salvini

Le 1er juillet, Matteo Salvini, vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur italien, et président de l’ex Ligue du Nord italienne, rebaptisée depuis peu en Ligue, a annoncé qu’il « pens[ait] à une Ligue des Ligues en Europe, qui unisse tous les mouvements libres qui veulent défendre leurs frontières et le bien-être de leurs enfants ».

Inutile de préciser, qu’en tant que président de la Ligue du Sud, je me suis immédiatement reconnu dans ses propos et je vais répondre à cet appel.

J’en profiterai pour féliciter le ministre Salvini de l’action conduite en quelques semaines en Italie. J’ai pu remarquer que jusqu’à présent il tenait bon sur l’essentiel : contrôle accru des frontières, fermetures des ports italiens à l’arrivée de nouveaux migrants, mesures pour préserver le modèle familial.

D’ailleurs, dans une Europe en désarroi, où à peine élus tous les dirigeants voient leur courbe de popularité chuter vertigineusement, les Italiens, y compris ceux qui n’avaient pas voté pour Salvini, sont de plus en plus nombreux à lui faire confiance : ils sont désormais 59%  alors que la Ligue à elle-seule n’avait obtenu que 17% des voix lors des dernières élections.

Enfin l’Europe se réveillerait-elle ? Lorsque je vois la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l’Autriche et maintenant l’Italie, défendre leur souveraineté, donc leur frontière, et par conséquent leur identité, je me dis que la France n’est sans doute pas condamnée à l’irrémédiable et qu’il est donc impératif de répondre à l’appel de Matteo Salvini, afin de structurer et de fédérer ce vaste mouvement de redressement de l’Europe.

La tentation de l’illégalité

A l’heure des lois iniques et d’une justice partiale, à l’heure du terrorisme impuni, à l’heure de la criminalisation des victimes et de la déculpabilisation des assassins, à l’heure du laxisme judiciaire et de la propagande inversée, il peut être séduisant de céder à la tentation de l’illégalité. Pourtant, il ne faut rien en faire. Le combat politique requiert discipline et abnégation : il tire sa puissance de sa capacité de résilience et non d’une colère passagère et désordonnée.

Je lis dans la presse que les services de surveillance et la police anti-terroriste ont interpellé une dizaine de personnes accusées de préparer un vague projet d’attentat à l’encontre des musulmans, et encore quelques articles à sensation plus tard, il apparaît que le dossier n’est pas très épais. Immédiatement, ces individus ont été qualifiés comme appartenant à l’ultra-droite. En effet, l’affaire tombe à pic dans une stratégie de communication politique. Contrebalancer la suspicion de terrorisme des mouvements islamistes à la nébuleuse de l’ultra-droite est une tactique relativement simple à mettre en place. Je salue d’ailleurs la vélocité de nos services de renseignements qui n’auront pas attendus cette fois plusieurs centaines de morts et de multiples attentats pour agir.

Pour autant, et au-delà de la récupération de cette affaire par le gouvernement, il est capital de rappeler que notre avenir ne réside ni dans des phantasmes de guerre civile ni dans la violence aveugle et lâche. Si notre idéal est de servir le bien commun, il est inutile de verser dans ce type de délire complètement opposé aux nécessités de notre combat. Et cela d’autant plus que ces cellules prônant l’activisme armée sont souvent des leurres montés de toutes pièces par la police elle-même.

La tentation de l’illégalité peut s’entendre, mais elle ne peut se pardonner si elle est assouvie car elle représente la plus grande faute politique contre l’action efficace de défense de notre civilisation.

Cependant, il serait bon que l’exécutif prenne garde à cette sourde exaspération qui peut nourrir de tels projets, voire de tels actes. A ne pas prendre en considération le profond malaise identitaire de notre peuple, à le laisser bafoué continuellement, tout cela constitue une indifférence, elle-même potentielle matrice de toutes les frustrations qui conduisent à la violence.

Que ceux qui ont faim et soif de justice pour notre peuple ne se fourvoient pas dans des actions qui ne profiteront qu’aux prévaricateurs. Nous avons au contraire grand besoin de militants politiques sérieux et prêts à s’engager : c’est l’esprit de service qui doit dominer et non celui de la vengeance.