Le sultan Erdogan tout-puissant

La presse internationale, ou plutôt celle présentée comme telle, fait ses gros titres sur le trio des affreux : Trump-Poutine-Orban. Theresa May est plutôt épargnée par la vindicte, quoiqu’on puisse se demander combien de temps cela durera encore. Les uns incarnent la « démocratie illibérale » qui effraye tant les éditorialistes, les autres la dérive des « fake news ». L’autocrate Erdogan est plutôt épargné par ce torrent d’analyses.

Pourtant sa victoire dans le referendum contesté sur les attributs du pouvoir présidentiel en Turquie réveille de grandes craintes. Le leader de l’AKP, parti proche des Frères Musulmans, a récemment décrit les Allemands comme des nazis, continue à soutenir des milices islamistes en Syrie et ailleurs, et mène une guerre secrète sans merci dans les Balkans et certaines îles grecques.

2048x1536-fit_turkey-s-president-recep-tayyip-erdogan-and-his-wife-emine-erdogan-pose-for-photos-with-cheering

Son objectif est le rêve incessant des Ottomans : recouvrer l’influence de la Sublime Porte en utilisant l’Islam pour convoyer son message. De nombreuses provocations turques l’ont encore prouvé dans les années précédentes. Membre de l’OTAN, ancien pilier de la diplomatie Obama, Erdogan bénéficie aussi de la mollesse de l’Union Européenne dans sa défense contre Ankara. Ainsi François Hollande laisse sciemment des ministres turcs seriner leur propagande sur le territoire national, insultant ainsi le peuple français et la solidarité des Nations européennes.

Aveuglés par leurs querelles partisanes, les responsables politiques français passent sous silence deux éléments très inquiétants : la possible remise en cause de l’accord d’août 2016 qui cherchait à contenir la submersion migratoire dirigée depuis la Turquie et les menaces du président turc, qui prétend empêcher les Européens de se promener tranquillement dans les rues.

Tout cela relève d’un enjeu de civilisation. Mais les partis politiques français se cantonnent aux bravades médiatiques. A force de ne pas être au niveau, ils font courir le risque d’un embrasement religieux et démographique qu’ils n’auront pas voulu voir venir…