Le reconfinement condamne à mort l’économie réelle et les libertés publiques

L’erreur est humaine, mais persévérer dans celle-ci est diabolique. Emmanuel Macron, caché derrière les recommandations d’un conseil scientifique et d’experts anonymes, a décidé de reconfiner le pays.

Le reconfinement est une décision fatale qui ne préservera pas la santé publique. Il aura un effet certain en revanche sur la mise à mort de l’économie réelle. Les indépendants, les commerçants et les artisans, considérés comme « non essentiels », ne survivront pas. L’explosion de la dette publique ne pourra pas couvrir la perte d’activité à un mois de Noël, avec déjà un trimestre en moins. Le « en même temps » des décisions présidentielles provoque la confusion, l’incohérence et la peur.

Ce faisant, tous les Français auront été surpris d’entendre une nouvelle série de mesures liberticides et culpabilisatrices mais aucune solution sanitaire réelle. Les chiffres fictifs des « vies épargnées » ne tiennent pas la rigueur de la comparaison. Il n’y a pas plus de morts proportionnellement dans les pays qui ont choisi de ne pas confiner.

Au prix d’incohérences majeures, le gouvernement a décidé de nous contraindre à une nouvelle quarantaine inefficace. Il est de bon ton de se moquer du Moyen-Âge et d’un soi-disant obscurantisme, mais qu’avons-nous mis en place que les moyens modernes permettaient ? Rien. Les frontières demeurent ouvertes. La pratique du dépistage est arrivée très tardivement et demeure lacunaire. Le matériel médical de protection est toujours en rupture. L’incapacité gouvernementale ne peut plus se cacher derrière des annonces tape-à-l’œil, non seulement inutiles mais dangereuses.

La véritable raison du confinement

La vérité est simple. Pour libérer des places aux urgences et en réanimation, il faut soulager les services hospitaliers des principales causes d’arrivée de patientèle. En l’occurrence, la traumatologie des accidents de la route et des violences urbaines. D’où le couvre-feu dans un premier temps, véritable mesure sécuritaire et faux remède sanitaire dont personne ne saisissait l’adéquation des horaires avec la circulation supposée du virus. Bref, ce reconfinement général n’est qu’un couvre-feu renforcé rendu nécessaire par une double incurie de l’Etat sur la sécurité et la santé. C’est pourquoi le gouvernement refuse d’avouer ces simples faits.

En effet, la réalité est toujours la même depuis le mois de mars. Elle a même empiré. L’objectif des 12 000 lits de réanimation promis est loin d’être atteint : seul un millier de lits a pu être créé en 8 mois. Et les paroles sur la guerre et l’effort national ne résistent pas aux faits.

La 5ème République a détruit la médecine

La France souffre d’une pénurie de personnel médical. Hier encore, le professeur Raoult dans une intervention sur LCI l’expliquait : la France ne fabrique plus de médecins depuis 1970. La 5ème République a détruit la médecine. La pandémie a révélé l’ampleur du désastre : 5 000 lits en réanimation à l’échelon national pour plus de 67 millions d’habitants ; des médecins et des infirmiers qui fuient l’hôpital public ; une dépendance totale de l’étranger pour l’acheminement des médicaments et des molécules ; une tiers-mondisation avancée de nos infrastructures et de l’ambiance qui y règne.

L’arrivée brutale et inédite de l’épidémie a provoqué un sursaut et une tension solidaire du corps médical et du personnel de soin. 6 mois plus tard, à coup de primes non versées, de milliards invisibles et alors que l’hôpital public continue d’être démantelé activement, 40% du personnel hospitalier veut démissionner. Cet échec profond et durable, le gouvernement en est responsable mais souhaite le voir porter par la responsabilité collective en accusant les Français d’avoir propagé la maladie et de manquer de solidarité.

Puisque les décisions gouvernementales doivent être discutées devant le Parlement, j’espère que nos élus sauront faire entendre la voix des libertés publiques et de tous les acteurs économiques indépendants qui risquent de mettre la clé sous la porte et de se retrouver à la rue. L’heure est grave. La fuite des responsabilités, le refus de la prise de risque, l’incapacité à demeurer sur une même stratégie, la guerre des coteries contre les initiatives médicales indépendantes, tout cela conduit le pays à la ruine et à la mort sur fond d’attaques terroristes et de guerres étrangères sur notre sol.