Le localisme n’est pas un vain mot

Pandémie, terrorisme, restriction des libertés, faillite économique, absentéisme électoral grandissant, … La liste est longue des maux qui rongent notre pays et minent le moral des Français. Les causes, nous les connaissons. Inutile de s’attarder dessus. La trahison et l’infamie soufflent depuis longtemps dans les corridors des palais ministériels. Tels les vents mauvais s’échappant de la boite de Pandore, ils s’immiscent partout, forçant une à une les ultimes frontières protégeant encore la spécificité et la qualité de vie du savoir-être français.

Reste à savoir que faire.

Difficile de proposer des solutions politiques à un peuple qui, las de se faire berner, en vient à rejeter l’idée même de vie publique et revient, petit à petit, au bon sens le plus élémentaire, celui du système D auquel on a recours dans les temps de guerre et de calamités. Pourtant, des principes que nous portons depuis des années reviennent aujourd’hui dans le débat public. Ainsi le localisme, comme le retour des frontières ou la nécessaire souveraineté, répond d’un besoin humain élémentaire trop longtemps négligé et méprisé par nos gouvernants : agir au plus près des gens.

Si nous pouvons nous féliciter que la primauté de l’échelle locale redevienne un enjeu politique, le localisme ne doit pas devenir un emballage marketing, une sorte de label obligatoire pour des partis en perte de vitesse. Il doit se concrétiser dans des responsabilités. 

Ainsi, j’ai appris avec surprise la création prochaine d’un micro-parti de droite nationale axée sur le localisme. Une initiative intéressante mais qui interpelle lorsque la présidente du Rassemblement National salue tant l’initiative, qu’un concept « essentiel » nécessitant « une autonomie et une visibilité bienvenues ». Madame Le Pen, n’est-ce pas vous qui, dans les prochains jours, prétendez soumettre un projet de loi sur le séparatisme islamiste incluant la possibilité pour recteurs et préfets de se substituer aux autorités locales et aux établissements scolaires lorsque la situation leur semblera opportune ? N’y voyez-vous pas une contradiction flagrante avec le « concept » de localisme pourtant « essentiel » selon vos dires ?

Ce combat, que j’ai porté tout au long de ma vie politique et qui, disons-le, n’a jamais intéressé ni les partis de pouvoir, ni ceux prétendument d’opposition, mérite mieux qu’un mot d’encouragement devant les médias et un paragraphe voué à rester lettre-morte dans un programme présidentiel.

Les Français ne sont pas dupes, et c’est là notre meilleur espoir. Aux billevesées partisanes qui prétendent faire monter artificiellement la sauce autour de l’énième candidature de M. Truc et Mme Machin, je veux croire que nos compatriotes reconnaitront la qualité du franc-parler et la finesse d’esprit d’un candidat choisit par le peuple.

Aussi, plus que jamais, il faut qu’Éric Zemmour soit candidat en 2022.