Indonésie : l’islam s’y radicalise aussi !

Le 9 mai 2017, Basuki Tjahoja Purnama, ancien gouverneur de Djakarta, de confession chrétienne et d’origine chinoise, a été condamné à deux ans de prison, pour « insulte contre le Coran ». En novembre 2016, lors de la campagne électorale visant à élire le nouveau gouverneur de la région, l’homme politique surnommé Ahok, regrettait l’interprétation de certains oulémas du verset 5 du coran. Cette dernière interdit aux musulmans de s’allier avec des juifs et des chrétiens lors de votes. Fort de 70% des voix au premier tour, cette position l’a empêché d’être réélu et l’a conduit à la prison de Cipinang pour purger sa peine.

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Alors que la France et l’Indonésie ont signé un partenariat stratégique dont le préambule stipule que les deux pays « partagent une vision commune de la société internationale et sont toutes les deux attachées aux valeurs démocratiques, aux droits de l’homme et à la tolérance », il est étonnant que la diplomatie française ne s’émeuve pas de ce jugement scandaleux. Les deux pays soulignent leur « aspiration commune à un droit international plus équitable, plus transparent et plus démocratique et à un système multilatéral plus solide dans un monde culturellement diversifié où prévaut l’Etat de droit ». La condamnation de Basuki Tjahoja Purnama viole manifestement l’esprit et la lettre du texte. En 2016, l’application de la charia au Pakistan à l’encontre d’une jeune chrétienne, mère de famille, Asia Bibi, avait pourtant suscité de vives réactions de la part de la France. Asia Bibi a été condamnée à mort pour avoir osé boire dans la même eau que des musulmanes avec qui elle travaillait. François Hollande était intervenu personnellement pour enjoindre son homologue pakistanais de faire procéder à la révision du jugement.

Partout dans le monde, et particulier dans les pays à majorité musulmane, les chrétiens sont sujets à de graves discriminations et persécutions. Plus grand pays du monde musulman, l’Indonésie est aussi à 90% composé de ressortissants musulmans. Il est également l’un des plus corrompus et des plus hostiles à l’égard des minorités avec 400 églises fermées depuis 2004. Parce que la christianophobie sévit à l’étranger comme en France, le député Jacques Bompard avait soumis à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à lutter contre les attaques faites aux chrétiens. Aujourd’hui, il requiert du gouvernement qu’il se saisisse de cette affaire et d’intervienne diplomatiquement au plus vite.