Amour, Sénat et Empire du Milieu : une histoire in-Folliot

Qu’il est beau de voir que les contes de fées existent. Philippe Folliot, sénateur centriste du Tarn, semble avoir trouvé le vrai grand amour auprès de sa nouvelle compagne Liu Jing, ressortissante chinoise. Un amour que rien ne saurait contrarier, pas même la justice de l’Empire Céleste qui a généreusement effacé l’ardoise de Madame Liu, condamnée il y a plus de 10 ans pour une affaire de fraude et expatriée depuis dans notre beau pays.

Au pays de l’amour courtois, Madame a repris ses affaires. D’abord mariée à un Français originaire de Gaillac dans le Tarn, elle a conduit celui-ci -ainsi que le maire UDI de la ville, Patrice Gausserand- devant les tribunaux français en juillet dernier pour corruption passive, prise illégale d’intérêts et complicité. M. Gausserand a d’ailleurs provisoirement perdu ses mandats d’élu (ville – département – intercommunalité) dans l’affaire.

Une mauvaise passe vite oubliée, puisque désormais Liu Jing file le parfait amour avec le sénateur du même département. Sa nouvelle idylle commence même on ne peut mieux puisque maintenant que madame a été blanchie par la justice de son pays, nos deux tourtereaux s’apprête à réveillonner en Chine dans le cadre d’un voyage d’affaire d’un mois, tous frais payés par un cabinet d’avocats de Shanghai réputé proche du Parti unique.

Pourtant déjà les mauvaises langues jasent. Philippe Folliot, membre de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, président du groupe d’études et de contact entre la France et la Corée du Nord, vice-président au sein de l’assemblée parlementaire de l’OTAN semble avoir pris, depuis un peu plus d’un an, le contrepied des convictions qu’il défendait depuis une quinzaine d’années.

Ancien député alors vice-président du groupe d’études sur le problème du Tibet, il s’est illustré en 2004 en portant un baillon blanc lors du discours du président Hu Jintao devant l’assemblée parlementaire française. En 2013 encore, il recevait en grandes pompes un envoyé spécial du Dalaï Lama … Dirigeant qu’il ne reconnaît plus depuis puisqu’en octobre 2019, il s’est démené pour faire annuler la réception au Palais Bourbon du « Premier ministre du gouvernement Tibétain en exil » !

Le Canard Enchaîné qui a révélé l’affaire (2/12/20) a même publié une lettre dithyrambique de notre nouveau sinophile adressée au Ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Chine. Ceci afin de le remercier du soutien de « la justice, de votre ministère et vos collègues pour cette issue favorable » au procès qui inquiétait toujours sa compagne.

L’amour rend aveugle diront certains. Pourtant, on peut trouver une cohérence idéologique dans toutes ces chinoiseries. Un sénateur centriste qui sympathise avec l’Empire du Milieu, cela se tient.