Recensement : des chiffres faux qui posent question

Quoiqu’on en dise, quoiqu’on écrive, Orange demeure la deuxième ville la plus peuplée du département (La Provence du 6 janvier 2020). C’est un constat. Bien sûr, il y a des baisses (légères) et des remontées, mais le nombre d’habitants de la ville reste stable.

La perte d’habitants annoncée et « comptabilisée » sur une décennie reflète-t-elle une spécificité orangeoise ? Le départ de la Légion en 2014 a logiquement eu un impact, mais au-delà il apparaît qu’Orange ne pourrait maintenir son rang de deuxième ville de Vaucluse si la baisse n’était pas tendancielle et générale.

De plus, l’article met en lumière la fiabilité relative des chiffres du recensement qui varient d’une année à l’autre avec des écarts de plusieurs centaines d’habitants partis ou arrivés parfaitement inexpliqués.

Cela est dû en partie aux méthodes employées. Le comptage s’établit au doigt mouillé selon une méthode déclarative aux nombreuses lacunes.

L’Etat dispose pourtant de chiffres réels : il suffirait par exemple de recouper les données de la sécurité sociale. Or, L’Etat a intérêt à minimiser le nombre d’habitants des communes car les dotations qu’il verse se fondent sur le nombre d’habitants. Rappelons ici qu’il y a un écart de plusieurs millions d’habitants (de 4 à 6 selon les sources) entre le recensement national de l’Insee et la base de données de la Sécurité sociale.

Par ailleurs, une augmentation massive de la population n’est pas un avantage pour une ville et c’est un critère à courte vue : cela peut amener une dégradation de la qualité de vie et une augmentation des impôts. Pourquoi ? La ville serait contrainte légalement à une augmentation exponentielle des logements sociaux (25 % du parc immobilier général), à la nécessité de redéployer des infrastructures nouvelles comme des écoles, des stades, les transports, la voirie.

C’est pourquoi la finalité d’une commune comme la nôtre est principalement de conserver une population stable, bénéficiant d’une réelle qualité de vie dans une ville à taille humaine avec l’équipement nécessaire.

Enfin, les chiffres présentés par le dernier recensement remettent quelque peu en cause certaines prospectives du schéma de cohérence territoriale (SCOT). On peut se demander si les données démographiques prévisionnelles perpétuellement à la hausse ne sont pas issues d’un diagnostic erroné sur le bassin de vie. Cela n’est pas sans conséquence, et légitime via les bureaux d’études des obligations de construction de nouveaux logements sociaux, dont les emprunts sont garantis à 100% par les collectivités locales mais dont 80% des attributions sont réservées à l’Etat.  Ce procédé inique ne permet pas de répondre aux demandes locales de logement mais sert à importer de nouvelles populations. On peut donc s’interroger sur les finalités poursuivies. Les orientations applicables sont-elles fiables ou seulement idéologiques, soit un grand remplacement qui ne dit pas son nom ?