Jacques Bompard sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale

jbNous examinerons dans quelques heures le Projet de Loi de Finances rectificatives pour 2015. Dans ce projet de loi, on lit qu’il y a augmentation des crédits de paiement pour le financement de l’AME parce que le gouvernement n’a pas réussi à faire soutenir assez d’efforts par les nationaux. Ce Projet de loi de Finances de la sécurité sociale est sur cette ligne : plus d’efforts pour les Français déjà accablés de prélèvements divers pour soutenir des mesures idéologiques, des préférences étrangères ou encore la course à l’abîme d’un dispositif inefficace.

. La France est, depuis 2007, championne du monde des dépenses de protection sociale, calculées en pourcentage du PIB (30,5%). Eurostat fournit les données pour l’Europe à 25, et l’on sait aussi qu’aucun autre pays dans le monde n’atteint les chiffres européens. Et pourtant l’accès au soin et l’explosion de la très grande pauvreté sont toujours là.

On note d’ailleurs qu’il n’y a pas une ligne d’intervention sur la très grande précarité, notamment des Français des souches, aujourd’hui victimes d’une véritable mise en concurrence avec tous les pauvres de la planète. Le CSA rappelait d’ailleurs encore récemment que 29% des Français déclarent avoir renoncé à certains soins. Comment peut on accepter cela ?

C’est ce qui apparaît très clairement à la lecture du rapport c’est le maintien de quelques mesures idéologiques. La question de la date de versement de la prime de naissance a été largement minorée. Or c’est une question importante puisque tout ce qui peut être fait pour relancer la natalité et soutenir les familles est devenue une nécessité. Il serait inquiétant que la représentation de la Nation se passionna pour tous les sujets procéduraux pour négliger des aides essentielles.

Il   n’est certainement pas nécessaire de vous rappeler qu’il y a une chute libre des mariages dans notre pays : 280 000 en 2005, 231 000 en 2014 d’après l’INSEE. Cela signifie que la construction de foyers fait peur. Et nous ne prenons pas assez au sérieux l’importance de cet indicateur. Dans le même temps l’INED nous parle d’en moyenne 130 000 divorces chaque année. Et près de 70 000 ruptures de PACS. Prenons la mesure de cette indicatif : les familles implosent, et cela empire après l’action nuisible de votre gouvernement, or elles sont le premier rempart contre toutes les agressions de la vie.

Et le Sénat a donc eu tout à fait raison de supprimer l’article d’objectif de la branche famille pour 2016. Alors que les Français sont déjà accablés d’impôts, la modulation des allocations familiales n’est supportable ni pour l’avenir de notre pays, ni devant la simple constations de l’enfer fiscal au sein duquel vous avez jeté nos compatriotes.

Je regrette par ailleurs profondément un nouvel assaut dans l’intimité des familles en l’espèce l’article 41 sur la confidentialité et la gratuité des actes et consultations dans le cadre de la contraception des mineures. Nous sommes là devant un point de rupture : les idéologues et l’Etat s’octroient une prérogative qui est celle des parents, mais nous savons bien que pour les socialistes les enfants appartiennent à la République. Nous sommes finalement dans l’accomplissement d’une logique qui retire l’Homme de son cosmos pour l’enfermer dans des destinées absurdes, anti-naturelles, idéologiques.

Et même quand le Sénat vous offre l’occasion de vous pencher sur des sujets de première importance vous refusez de vous confrontez à la réalité. Refuser d’envisager l’extension de l’hospitalisation à domicile parce qu’un rapport n’est pas arriver, c’est vraiment être en dessous de vos rodomontades lors du projet de loi sur le vieillissement ou sur la fin de vie.

On dénotait encore quelques avancées dans le texte du sénat : la remise en place des jours de carence, dispositif essentiel visant à réconcilier le public et le privé, et qui admet qu’il est temps de supprimer un certain nombre d’inconvenances légales qui s’apparentent à de véritables privilèges indus. Evidemment l’amendement repoussant l’âge de départ à la retraite n’a même pas été considéré. Il est étonnant de voir à quel point vous vous interdisez toutes les réformes dont pas un Français ne doute qu’elles soient nécessaires !

En somme vous manquez toutes les occasions, comme à l’habitude et l’on peut vous reconnaître le mérite de la constance dans ce domaine.

Vous ne touchez évidemment pas aux régimes spéciaux, captés par des centrales syndicales dont les méfaits et l’absence totale de représentativité n’est plus à prouver. RATP, SNCF, ces litanies s’étalent chaque année dans les journaux, sans que jamais vous ne fassiez le moindre effort pour les réformer. Alors évidemment il devient complexe de trouver des complémentaires santé pour les personnes âgées, le gouvernement bricole sans jamais ne satisfaire personne.

La sécurité sociale est un système qui peut être à bien des endroits pertinents, dès lors qu’il est dirigé vers des objectifs précis, qui servent le pays réel et non pas une vision étatiste de la vie, de la Nation et des familles. Les velléités obèses de la Gauche n’en finissent plus de terminer de rendre ce système instable. Et je rappelle qu’il est encore à bien plus de 10 milliards d’euros de déficit. Cessez donc la licence d’Etat en faveur de la culture de mort pour promouvoir la vie et les libertés médicales. Vous économiserez bien des formules mortes nées.