La loi Macron : une « loi de la croissance et de l’activité » contraire à beaucoup de principes éthiques

jbJ’ai déposé plus de 22 amendements contre le projet de loi Macron. Néolibéral et oublieux des travailleurs français, il attente en outre au principe du dimanche chômé. Au cœur de ce projet de loi plusieurs points portent en effet atteinte à beaucoup aux travailleurs Français.

Le travail du dimanche, dont il est question de lors du titre III du projet de loi, est, sous contrôle de l’Etat, autorisé dans les zones touristiques et à proximité des gares. C’est à la fois une violation du repos dominical qui est dû à tous, dont la législation allemande reconnaît d’ailleurs toutes les prérogatives : « Le dimanche et les jours fériés restent des journées de repos et d’élévation spirituelle protégées par la loi. »[1] et une atteinte à l’unité nationale en empêchant une journée de loisir, de retrouvailles familiales et amicales.

D’autre part, cette légalisation contraint les petits commerces à supporter une ouverture chère, qui comparée à des commerces plus grands, pourrait causer leur perte. Enfin, l’argument qui viserait à considérer cette autorisation comme créatrice d’emploi est assez pervers. Le pouvoir d’achat des ménages reste le même, il ne s’étalera donc plus sur six jours, mais sur sept. Peut-on considérer qu’ils dépenseraient plus ? Réduire l’homme à l’économie est révélateur d’une conception politique utilitariste des Français.

La réforme des professions réglementées est aussi une conception de l’homme utilitariste. Ces professions possèdent la liberté de leur patrimoine et c’est la contrepartie de leur indépendance. Cette modification de trente-sept professions réglementées, de millions de travailleurs, nécessite une étude de l’impact de cette loi sur chacune des professions. Notons qu’elle en péril ces professionnels qui se sont souvent endettées pour pouvoir exercer, impose aux Français de nouveaux impôts pour financer ces nouveaux fonctionnaires, crée une subordination à l’Etat qui impose une ligne de conduite de laquelle il devient difficile de s’extraire …

Après une main mise de l’Etat sur les professions réglementées, une main mise sur les transports un organisme de contrôle : l’ARAFER, qui met sous tutelle à la fois le transport ferroviaire et inter-urbain. Créer des lignes routières interurbaines là où la connexion n’est pas faite par des lignes ferroviaires est intelligent. Mais se fera-t-il au mépris des libertés des utilisateurs, combien coûtera-t-il au français, nombreuses sont les questions qui restent en suspens.

Une grande précarité dans les emplois permise par une capacité de licenciement plus grande, des plans sociaux qui ne promettent rien de concret, des travailleurs confrontés à une compétitivité qui privilégie les plus grands et méprise les plus petits, des jeux sémantiques quant au chômage partiel qui devient activité partiel …

Redresser l’économie ne peut se faire sans le respect de la dignité des travailleurs Français ! L’économie n’est pas constitutive de l’homme. En ce sens, le travail doit être vu comme moyen de s’élever et non pas comme un outil d’asservissement de l’homme sous contrôle de l’Etat.

[1] Cf. Article 139 de la constitution allemande