Ils assassinent nos derniers paysans

Dans notre pays peuplé de 67 millions d’habitants, les agriculteurs ne représentent plus que 2,8% de la population active, soit environ 750.000 personnes contre encore 6 millions au début des années 1960, soit 5.250.000 agriculteurs en moins en l’espace de soixante ans.

Les raisons sont d’abord d’ordre politique. L’ultra-libéralisme européen a accouché de la politique agricole commune, incarnée par Sicco Mansholt, l’homme des grands trusts, qui a privilégié leurs intérêts au détriment de la souveraineté alimentaire de l’Europe, et en particulier de la France.

Notre pays, pilier de l’agriculture en Europe, a profondément souffert de la destruction du modèle d’exploitation familiale, auquel s’est substituée une politique d’agrandissement à outrance des exploitations, converties dans l’esprit comme dans la forme en de véritables complexes industriels.

A partir du moment où la logique de l’Europe fut de distribuer des primes d’agrandissement aux agriculteurs, ces derniers ont trouvé une source de revenus qui les détournait de leur vocation première qui est celle de produire. D’où les cris de colère actuels des agriculteurs français qui ne réclament qu’une chose : vivre des fruits de leur travail.

Ensuite les raisons sont conjoncturelles. Dans un monde où le salariat devient la règle et où le passage aux 35 heures a profondément modifié le rapport au travail, besogner sept jours sur sept, de l’aube jusqu’à la fin de la journée, paraît complètement anachronique. C’est pourtant la réalité quotidienne de nos agriculteurs, et surtout de nos éleveurs, astreints chaque jour à la traite comme au suivi du cheptel. Être agriculteur aujourd’hui devient un pari d’autant plus fou que ce travail ne paie pas. En 2016 la Mutualité Sociale Agricole avait publié des chiffres inquiétants puisque 20% des agriculteurs ne se versaient pas de salaires, lorsque 30% d’entre eux touchaient moins de 350 euros par mois.

Aussi avons-nous malheureusement tous les facteurs qui expliquent que le monde agricole soit l’un des premiers secteurs où le taux de suicide est aussi élevé.

Comme le rappelle le journal Le Monde, en 2008, année du début de la crise économique, et en 2009 période de chute du prix du lait, l’agriculture a connu un excès de mortalité de +28% et +22%. Rien qu’en 2008, le taux de suicide chez les éleveurs de bovins-viande a bondi de 127% par rapport à la population nationale du même âge.

Pour faire face à ce fléau, la Mutualité Sociale Agricole a instauré une plate-forme de suivi psychologique, joignable 24h/24h et 7/7. Sur les trois derniers trimestres de 2018, la M.S.A. a ainsi reçu 4.723 appels soient 380 appels par mois. C’est bien mais symptomatique et non curatif …

La coupe est pleine mais pourtant aucune prise en considération d’ampleur n’a été décrétée par le gouvernement. Ce n’est pas le fonds de soutien de 3 milliards d’euros voté l’an dernier pour venir en aide aux impayés des agriculteurs qui va profondément modifier la donne. Les agriculteurs ne réclament pas tant l’aumône que la nécessité de vendre leur production au juste prix. La loi agriculture et alimentation votée l’année dernière devait résoudre tous les problèmes : or, en n’imposant aucune obligation aux grands distributeurs, cette loi ne garantit aucune meilleure rémunération de la production aux agriculteurs français.

Le grand marché mondial c’est la mort du marché local soumis aux lois sociales et à la fiscalité hystérique de l’Etat.

Accaparement des terres agricoles

L’ingénierie parlementaire a bien des caractéristiques sauf celle de la démocratie. Ainsi je ne pourrai m’exprimer en séance sur le scandale de l’accaparement des terres agricoles. Un sujet que je suis pourtant avec assiduité depuis plus de trente années. Une expérience qui me permet de dire combien la Vème République a assassiné l’agriculture comme la paysannerie de notre pays.

La première des évidences c’est qu’un paysan devrait pouvoir vivre de son métier. J’insiste, en pleine conformité avec le fonctionnement naturel des sociétés, si la subvention d’Etat et la mondialisation libertaire n’avaient pas présidé aux décisions agricoles chaque exploitation et chaque travailleur agricole pourraient vivre décemment de son labeur. Mieux, il n’y aurait pas plus d’un million d’agriculteurs soumis à des retraites affligeantes. Je l’ai d’ailleurs dit à plusieurs reprises la semaine passée lors du débat parlementaire sur les pensions agricoles.

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L’accaparement des terres agricoles est un titre piégé. Il désigne toute appropriation, légale, d’une terre agricole pour un autre propos que son exploitation agricole. Or, il faudrait préciser : l’appétit des sociétés étrangères ne peut pas être comparé à l’entreprenariat enraciné à l’œuvre sur certaines parcelles. Par ailleurs, ce débat ne peut être séparé de la gestion des cadastres qui pose historiquement problème dans nos campagnes.

Le foncier agricole doit donc être envisagé dans sa complexité : trop concentré par endroit, il diverge dans ses caractères en fonction de nos régions. L’exploitation intensive n’a en effet que peu de similarités avec la viticulture. De même, une parcelle à Gigondas n’est pas comparable à un champ abandonné dans le Quercy. Il convient donc d’associer prioritairement les acteurs locaux et les paysans eux-mêmes à cette réflexion.

La transparence dans les opérations foncières, la capacité paysanne et communale d’influer les projets mis en œuvre, et enfin le retour à une agriculture et une distribution locale plutôt qu’à une organisation globale sont les solutions à mettre en œuvre. Ni le communisme des terres, ni la marchandisation des terroirs n’aideront nos paysans.

 

Agriculteurs en danger : Jacques Bompard interpelle le ministère de l’Agriculture !

Jacques Bompard a alerté le ministère de l’agriculture sur les difficultés qui assaillent les agriculteurs français. « Avec 2,8 % d’agriculteurs en moins (2013) et une charge de travail ayant augmenté de plus de 1,4 %, les agriculteurs sont harassés. Abattus par des maladies graves dues à d’intenses crises sanitaires, qui augmentent les chances de contracter des troubles musculo-squelettiques ; épuisés par un trop lourd fardeau, portant atteinte au moral de ces garants des terroirs » , a –t-il souligné.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette question écrite ici.

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Les paysans de vaucluse valent mieux que les idéologues !

Le Vaucluse est une terre de paysans. Vignerons et cultivateurs n’ont cessé de travailler les traits de notre département. Plus généralement, les agriculteurs représentent une force économique et sociale qui fait rayonner notre territoire. Alors que des études récentes de l’INSEE actent la relégation financière et sociale des familles du Vaucluse, on ne peut que s’étonner de la nouvelle preuve d’amateurisme développée par le gouvernement. En l’espèce, un arrêté ministériel idéologique vient mettre en cause la surface des terres agricoles disponibles dans notre partie de la Provence. En effet, les zones de non traitement aux pesticides mettent en danger bien des pratiques agricoles alentours.

yab-agrFace à cela deux commentaires s’imposent. Tout d’abord je suis un défenseur de la dignité humaine et de l’harmonie que la société doit entretenir. J’ai demandé une commission d’enquête parlementaire sur le glyphosate. Je ne suis donc pas laxiste envers les industriels bénéficiant de l’agrochimie. Mon combat ne s’égare pas néanmoins dans l’idéologie. Et l’idéologie, c’est la volonté jacobine d’uniformiser des normes sur la dispersion entre des régions de France plus ou moins venteuses. L’idéologie c’est un comité parisien qui siège sans écouter les élus locaux et les corps constitués qui font vivre l’agriculture enracinée. Les chiffres donnés dans La Provence de samedi dernier sont accablants : 200 millions de bouteilles perdues, 250 000 tonnes de fruits en moins. L’écologie n’est pas rouge, elle n’est pas idéaliste non plus. L’écologie est le règne du réel. Je compte activement faire régner en défendant les agriculteurs de Vaucluse qui n’ont pas à faire les frais des méandres électoralistes de la gauche plurielle.

Terrible rentrée pour l’agriculture

Hier le petit monde médiatique étalait quelques révélations : Emmanuel n’est pas marxiste, Arnaud Montebourg manque de modestie, et Christian Estrosi minaude son soutien à Nicolas Sarkozy. Dans ce théâtre lassant, les journalistes trouvent leur compte et prétendent, aveuglés, que tout cela peut avoir le moindre poids sur le sort de notre pays. Dans le même temps des nouvelles inquiétantes minent notre subsistance agricole.
Ainsi l’Organisation Mondiale du Commerce vient d’affirmer que l’embargo russe sur la viande européenne n’était pas valide. Les sanctions économiques ahurissantes de l’Union Européenne, elles, le seraient. Dans cette décision de faux-semblant, chacun sent l’horizon s’assombrir à la notable exception d’une presse cosmopolite qui fantasme un règlement immédiat du sujet.


Cet embargo a notamment blessé la France agricole dans l’Ouest. L’Ouest qui connait aujourd’hui une manifestation des producteurs de lait pour beaucoup exaspérés par l’attitude de la centrale Lactalis. Les exploitants se plaignent d’un prix d’environ 250 euros pour 1000 litres quand il leur faudrait un montant de 380 euros pour vivre correctement. Certains leur répondent que la sur-exploitation et le gigantisme de leurs structures n’assureront pas de développement viable. C’est certainement exact mais il faut rappeler que la disparition de la paysannerie et sa soumission aux grands groupes internationaux est une politique structurelle de la Vème République. Le ministère de l’agriculture français se montre incapable de faire pression sur le géant mondial (229 sites et 75 000 salariés) comme de secourir les céréaliers.
Pendant ce temps, on apprend que les récoltes françaises sont attendues en recul de 30 % cette année, atteignant leur plus bas niveau depuis 1945. C’est la faillite de toute l’action de l’État sur ces questions. Ils ont assassiné l’agriculture pour satisfaire leurs maitres et culpabilisent maintenant leurs victimes. C’est le jeu pervers de la Vème République, un jeu dangereux…

Interdire les insecticides dangereux : j’ai déposé une proposition de résolution à l’Assemblée Nationale !

Nos agriculteurs sont étouffés ! Etouffés par des prérogatives européennes de plus en plus contraignantes. Etouffés par des décisions judiciaires futiles, condamnant les agriculteurs pour des pseudo-nuisances inhérentes à la bonne exploitation de leur domaine. Avec le développement d’insecticides dangereux sur le marché, c’est désormais à leur empoisonnement que l’on s’emploie. Il n’est de soutien légitime à la communauté agricole face aux grandes firmes agrochimiques s’octroyant le monopole de produits lucratifs, si cancérigènes soient-ils. Et de fait : les effets néfastes pour la santé des agriculteurs du glyphosate, composant actif du funeste Roundup de la firme Monsanto, ne sont plus à démontrer. « L’encadrement législatif relatif au cAfficher l'image d'origineontrôle du glyphosate est pointé du doigt par de nombreuses organisations non gouvernementales, qui dénoncent la schizophrénie des décideurs européen et l’hypocrisie des acteurs de la politique agricole européenne à son égard. » A ce danger sanitaire s’ajoute un risque de déséquilibre de notre écosystème : car l’absence Continuer la lecture

Contre le rapt du vivant

assembleeM. Jacques Bompard interroge M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur les conséquences de la découverte de blés transgéniques d’origine inconnue. Les véritables défenseurs de l’environnement condamnent les manipulations génétiques sur les semences connues sur le vivant au nom du principe de précaution. Ils condamnent aussi le rapt du vivant que mettent en placent les trusts avec les complicités d’une majeur partie du monde économique. On voit bien au travers de cette découverte que les essais en plein champ des semences transgéniques sont catastrophiques. Il l’interroge ce qu’il compte faire pour défendre la santé des Français face aux attaques des grandes multinationales de Continuer la lecture

Deuxième Journal du Député

Une journal du député Jacques Bompard Ligue du sud

page de couverture

Le 2ème journal du député Jacques Bompard est en cours de distribution dans la 4ème circonscription de Vaucluse.

Ce numéro fait le point sur la première année d’activité du député:

La loi sur le mariage pour tous, la théorie du genre, la proposition de loi pour le droit à l’emploi et bien d’autres sujets encore y sont abordés.

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Pour la défense et la promotion de l’agriculture française

assemblee agricultureM. Jacques Bompard attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt sur les problèmes qui préoccupent les éleveurs français. En deux ans, le cheptel bovin a perdu 80 000 têtes et 1 500 éleveurs ont cessé leurs activités. Un million de porcs ont disparu dans le même temps de nos fermes. Il va sans dire que les producteurs laitiers ne se portent guère mieux. La ruine de notre agriculture se poursuit alors que l’État demeure attentiste. Les éleveurs ne réclament pas d’aides, ils ne veulent que des prix justes pour leurs produits. La loi LME est ainsi rédigée qu’elle permet aux distributeurs d’imposer leurs conditions tarifaires unilatéralement. La profession ne peut plus accepter les diktats qui lui sont imposés. Il lui demande ce qu’il entend mettre en œuvre pour rétablir la vitalité de l’un des fleurons de notre agriculture. Continuer la lecture

Sur la situation alarmante des éleveurs porcins

assemblee éleveurs porcinsM. Jacques Bompard appelle l’attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, chargé de l’agroalimentaire, sur la situation des éleveurs porcins. Le secteur de la production de viande de porcs est en crise, quoiqu’il s’agisse d’un domaine où la France demeure un acteur-clef. Il s’agit d’un poumon économique pour tout l’ouest de la France. Les éleveurs porcins subissent de plein fouet la hausse du coût du travail et la fiscalité excessive imposée par le Gouvernement. La Fédération nationale des producteurs de porcs indique que le prix de vente de la viande est de 1,50 € le kilogramme, alors que le coût de production se situe à 1,75 € par carcasse d’animal. Il lui demande ce qu’il entend mettre en œuvre pour réduire le coût du travail dans la filière porcine et permettre aux producteurs de vendre leur viande à un prix viable. Continuer la lecture