Syrie : Macron fait du Hollande en pire

Sur le dossier syrien, la France n’en finit plus de changer son fusil d’épaule. Sous le précédent quinquennat, François Hollande n’a jamais été à la hauteur de la situation, ridiculisant la France sur la scène internationale, tout en coopérant avec l’ennemi. Car ce même François Hollande avait préféré, au tout début du conflit, armer l’opposition dite modérée au régime syrien afin de faire tomber le président Bachar El-Assad, jugé comme un tyran massacrant son peuple. Tout le problème, c’est que cette opposition était le repaire des islamistes qui devaient rapidement proclamer l’existence de l’Etat islamique sur le sol syrien. C’est ainsi que l’exécutif français reproduisait les mêmes erreurs historiques que par le passé, sans en tirer la moindre conclusion. Que l’on se souvienne de l’intervention américaine en Afghanistan en 1979, armant les islamistes contre les Russes, et déstabilisant par là-même un pays qui est toujours dans une situation catastrophique. Sans oublier, l’intervention américaine en Iraq en 2003 qui conduisit à faire tomber Saddam Hussein pour mieux préparer l’arrivée de l’Etat islamique. Situation qui se reproduisit très rapidement en Lybie sous la présidence de Nicolas Sarkozy qui préféra éliminer son ami d’antan, Kadhafi, pour laisser le pays entre les mains des salafistes.

Emmanuel Macron, en digne successeur de son mentor François Hollande, marche scrupuleusement dans ses pas. Adoptant une attitude de suspicion et de mépris vis-à-vis de Bachar El Assad, le nouveau président français resta d’abord le témoin ennuyé de l’efficacité russe en Syrie, devant les assauts répétés de l’aviation de Vladimir Poutine sur les dernières poches de repli de l’Etat islamique. Puis en l’espace d’un week-end, le président français retourna totalement sa veste, faisant du François Hollande dans le verbe et dans le geste, en intimant l’ordre à l’armée française de bombarder des points stratégiques militaires du régime syrien, sous prétexte que Bachar El Assad aurait utilisé des armes chimiques. Tout le problème c’est que jamais Emmanuel Macron n’a révélé aux Français et à la scène internationale la moindre preuve lui permettant d’affirmer de tels propos, d’autant plus qu’il parait invraisemblable que le président syrien ait pu avoir recours à cette facilité alors qu’il reprend peu à peu le contrôle de son pays.  Là encore, Emmanuel Macron préfère faire le jeu des islamistes en Syrie plutôt que d’œuvrer au retour d’un Etat sous contrôle. Surtout, Emmanuel Macron brade encore un peu plus la souveraineté nationale en prenant ses ordres auprès de Washington et de Bruxelles, remettant en cause l’indépendance française en matière diplomatique. Le pire, c’est qu’il ouvre un nouveau conflit dans une Syrie déjà exsangue, prétendant combattre le mal… par la guerre.