Privatisation : à qui le tour ?

Avec un chiffre d’affaire de 1,42 milliard d’euros,
c’est une nouvelle manne financière qui glisse entre les mains de l’État.

Actuellement actionnaire à hauteur de 72%, l’État français s’apprête à brader ses parts dans la Française des Jeux pour renflouer ses caisses. Vaguement relayée par la presse complaisante, la dialectique du régime évoquant des « investissements d’avenir pour l’innovation » ne trompe plus personne, pas même les journalistes : On vend l’héritage pour régler l’addition des mauvais régisseurs.

Avec un chiffre d’affaire de 1,42 milliard d’euros, c’est une nouvelle manne financière qui glisse entre les mains de l’État. Comme les banques publiques, les entreprises automobiles, les sociétés pétrolières, maritimes, aériennes… Le gaz et  l’électricité, les autoroutes, les aéroports, etc… Tout ce qui a été fait est défait. Tout ce qui a été construit est déconstruit.

Un démantèlement voulu par Bruxelles

Héritière de la loterie nationale au profit des « gueules cassées » et des calamités agricoles, celle qui a été fort justement nationalisée pour éviter la concurrence des loteries étrangères et la fuite des capitaux s’apprête, à terme, à perdre son monopole national. Il faut être bien candide pour croire qu’un secteur devenu privé pourra échapper à l’œil de Bruxelles et à la sacro-sainte idéologie de la libre concurrence. Le 13 décembre dernier, la Commission européenne lançait encore une procédure d’infraction contre la France  « pour faire en sorte que les marchés publics dans le secteur de l’énergie hydroélectrique soient attribués et renouvelés dans le respect du droit de l’UE ». En clair : l’État va céder la main sur les barrages, dans un secteur aussi hautement stratégique que celui de l’énergie, pour satisfaire les appétits étrangers représentés à Bruxelles. Alors le monopole des jeux de grattage …

Parlons clair : Nous sommes dirigés par des coquins, dont la lâcheté n’a d’égale que la bêtise. Une fois les derniers reliquats de l’État providence français bradés ou réduits à peau de chagrin, la récession frappera. Ce n’est pas du pessimisme, simplement du bon sens. Mais il est vrai que le bon sens semble avoir disparu. La Française des Jeux sera donc privatisée en novembre. Et ensuite ? A qui le tour ?