Où sont passés les 300 millions d’euros spoliés l’an dernier aux collectivités locales ?

Souvenez-vous, il y a un peu plus d’un an, Emmanuel Macron venait de démontrer son étrange habileté dans le mensonge. « En même temps », il promettait le 17 juillet 2017 lors de la Conférence nationale des territoires au Sénat de ne pas rogner les fonds destinés aux collectivités locales, et à peine trois jours plus tard un décret retirait 300 millions d’euros à ces mêmes collectivités… Certes, la promesse portait déjà sur 2018 alors que le décret concernait le budget 2017, mais la concomitance des deux annonces révélait le peu de valeur à attribuer à une parole politique qui n’existe que pour distraire l’attention des élus locaux et des électeurs.

Outre le mensonge des prévaricateurs qui nous gouvernent, cette réminiscence permet de prendre conscience de l’incroyable facilité avec laquelle ceux-ci se contredisent lorsqu’il s’agit du peuple français qui réside hors des métropoles, qui vient des territoires ruraux, des petites villes et de cette fameuse France périphérique théorisée par le géographe Christophe Guilluy.

Et par qui étions-nous défendus dans ce combat politico-administratif qui sacrifiait une fois de plus les territoires inutiles de la République ? Un député socialiste de l’Ardèche s’était levé pour croiser le fer avec l’Etat et Emmanuel Macron au nom de l’association des petites villes de France (oui, car dans notre merveilleux pays, il y a des associations pour tout). « Les entreprises locales et les associations vont être touchées. Cela peut concerner l’aide au devoir, la lutte contre les discriminations, de la prévention contre les addictions ou encore la mise en place de système de sécurité. », déclara alors Olivier Dussopt à France Info.

Diable, si la prévention des addictions et la lutte contre les discriminations sont concernées alors cela mérite bien que nous allions chercher ces messieurs de Paris à coups de fourche !

Voilà encore une belle démonstration du totalitarisme du prêt-à-penser qui ruine jusqu’aux plus simples arguments de défense du localisme.

L’analyse conjointe de l’aménagement du territoire et des budgets alloués par l’Etat illustre la politique d’abandon de la France des chemins noirs et des villages désertés. Ces 300 millions d’euros retirés aux collectivités locales l’an passé n’ont pas été économisés et ne permettront pas un allègement fiscal en faveur des contribuables. A titre de comparaison et pour mémoire, le simple budget consacré à la mission « Asile, immigration et intégration des réfugiés » a augmenté de 300 millions d’euros dans le projet de loi de finances pour 2018. Par ailleurs, le budget total de cette mission se monte à 1,38 milliard d’euros.

Cet été nous fêtons donc cet anniversaire symbolique des 300 millions d’euros qui résume toute la politique de l’Etat : ce qui est retiré à la France d’en bas, des champs et des villages, est donné en surplus à la France de l’invasion.