Ministères : à qui profitent les primes ?

Le Premier ministre entouré de ses conseillers

Macron réforme. Macron bouscule. Macron remanie. La propagande d’État continue son œuvre de mensonge en nous présentant un hyperprésident présent sur tous les fronts, à la fois à l’écoute du petit peuple et en même temps intransigeant sur son « projet présidentiel ».

En vérité, Emmanuel Macron continue dans la droite ligne de ses sinistres prédécesseurs. Les réformes annoncées sont lestées d’avance et ne changeront pas d’un iota le cap d’une Vème République qui nous conduit à la dérive. Cette sinistre pantalonnade ne trompe plus personne, mais elle a le mérite de faire rire pour peu qu’on se penche sur la réalité des cabinets ministériels.

Rions un peu. Connaissez-vous les ISP (Indemnités de Sujétions Particulières) ? C’est le doux nom donné aux primes des conseillers ministériels, ceci afin de compenser leur surcharge de travail. En réalité, il s’agit ni plus ni moins que l’actualisation légale des enveloppes d’argent liquide distribuées jadis, en toute opacité, et délivrées bien entendu à la tête du client. En 2019, elles représentent 22,32 millions d’euros.

Notre cher Premier ministre, en bon chef d’orchestre, s’est attribué pour son propre ministère la coquette somme de 1,8 millions d’euros pour les 70 conseillers de son cabinet. Rassurez-vous, Christophe Castaner, Florence Parly, Nicole Belloubet et Jean-Yves le Drian, représentant les différents pouvoirs régaliens, ne s’en sortent pas mal non plus. 350 000 euros chacun en moyenne pour 10 ou 11 conseillers.

La palme revient sans nul doute à Olivier Dusopt, secrétaire d’État en charge de la fonction publique : 256 000 euros ! Notre coquin peut même se vanter d’être le membre du gouvernement coûtant, en proportion, le plus cher : 880 000 euros pour un cabinet de 5 conseillers, salaires et primes inclus. Cocasse pour un sous-ministre qui a signé la dernière réforme de la fonction publique.

S’il est bien beau de vouloir dégraisser le mammouth, encore faut-il éviter comme toujours d’engraisser soi-même sur le dos de la bête !