Ministère des Armées : de l’incapacité aux conflits d’intérêts !

Parmi les efforts de renouvellement supposés opérés par le gouvernement Macron, la nomination de Florence Parly est un cas d’école. L’ancienne directrice de cabinet de Claude Allègre et conseillère budgétaire de Lionel Jospin à Matignon a réussi à se recaser au Ministère des Armées. Un poste particulièrement appréciable, en regard de son absence totale d’expérience en la matière. Avec sa carrière de haut fonctionnaire, le successeur de Sylvie Goulard hérite d’un poste éminent, qui semble lui avoir été dévolu par souci stratégique. Ironiquement, celle qui œuvrait comme secrétaire d’état à Bercy auprès de Laurent Fabius, ne devrait pas faire d’ombre au Directeur général de l’armement ni à un président qui s’est construit à la fréquentation des journalistes des allures d’un chef de guerre jupitérien. « Sans attache locale, cette ancienne fabiusienne n’a pas d’administrés à défendre, aucune petite boutique à faire vivoter et pas de comptes à rendre dans une quelconque mouvance du PS. Macron est donc à l’abri d’un coup d’éclat », déclarait même un proche du président dans les colonnes du Canard Enchaîné.

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A l’abri d’un coup d’éclat, mais pas des conflits d’intérêts qui menacent de ternir une nouvelle fois la réputation de ses ministres. Président de l’Agence des Participations de l’Etat dans les entreprises publiques, Martin Vial, mari de Florence Parly, risquait sévèrement d’influencer les avis rendus par son épouse. Annonçant aussitôt qu’il ne prendrait plus part aux dossiers relatifs à la défense et aux armées, il a indiqué vouloir éviter tout conflit d’intérêt…. Dans le même temps, le président de l’APE en profitait pour s’immiscer dans les affaires de la RATP, dont sa femme avait brigué la tête avant sa nomination, en tentant de placer sur la liste des noms proposée à l’Elysée le nom de son amie Catherine Guillouard. Un nom familier pour le nouveau ministre des Armées : l’ex directrice générale de Rexel a œuvré avec Florence Parly chez Air France.

Nommée avec l’appui de Jean-Pierre Jouyet, Florence Parly s’inscrit parfaitement dans un gouvernement rompu aux intérêts financiers et aux scandales répétés. Jacques Bompard, qui avait dénoncé dans un pamphlet le soir de l’élection du président, continuera d’alarmer le parlement sur l’attitude de ces ministres aux qualités douteuses. Car en plus de n’avoir aucune compétence dans le domaine militaire, le ministre, déjà soupçonné d’user de son puissant réseau à des fins toutes personnelles, va sans doute bientôt se voir rattrapé par de nouvelles affaires. La Commission Européenne vient en effet de déposer un recours en manquement visant la SNCF, dont Florence Parly était alors la directrice financière, pour avoir bâti « une construction artificielle contraire au droit européen de la commande publique ». Accusée d’avoir élaboré une filiale ayant pour objectif de contourner les obligations nationales en matière de marchés publics, d’avoir limogé certaines figures du personnel de la SNCF opposées à ce type de pratiques, le nouveau ministre se retrouve ainsi au cœur d’une affaire délicate. Une position récurrente, pour les ministres d’Emmanuel Macron….