L’honneur d’un Général

Le Général de Villiers n’a donc pas eu d’autre alternative que la démission. Cet acte courageux, contraint par un locataire de l’Elysée perdu par sa superbe, évoque davantage une crise nationale qu’une simple crise politique.

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Tout sera dit sur le comportement honteux d’Emmanuel Macron dans cette affaire. Et l’on aura bien raison de s’émouvoir de voir un banquier de chez Rothschild insulter l’armée et son premier soldat. Nous ne pouvons cependant manquer l’autre partie de l’analyse : la démission du chef d’état-major des armées est l’acmé de la séparation croissante entre le Système et notre Armée. Déjà, les partis avaient humilié nos militaires à de nombreuses reprises : en préférant la racaille aux hommes d’honneur à Carcassonne, en supprimant des régiments historiques, en confiant le livre Blanc de La Défense aux commis d’Etat qui ont plongé notre pays dans les désastres actuels. Ce grand mépris ne pouvait qu’aboutir à une immense méprise. Les pseudos élites installées par les médias voulaient croire que la grande muette ne partageait pas le même sentiment de dégoût devant les affaires, la disparition des caractères et la désertion générale de la poursuite du bien commun. Ils pensaient réellement que nos troupes continueraient de s’offrir en sacrifice pour les côtes de popularité des primaires et les gazoducs orientaux. Ne pas subir : voilà un des principes de la formation militaire. Le haut commandement a du longtemps s’en défausser pour préserver ce qu’il était encore possible de sauver. Déjà, des parachutistes combattant en savates et des marins mobilisant leurs temps à trouver du carburant se demandaient comment les successeurs de Clemenceau pouvaient espérer que cela tiendrait. Ils inventèrent d’ailleurs le concept de lien  » Armée-nation », notion qui laisse bien entendre que notre Armée est l’instrument du peuple et de la partie et certainement pas des régimes et des idéologies.

Une nouvelle réduction de 800 millions d’euros place la France à la remorque des autres pays, d’hypothétiques partenaires dans la vocation comme les objectifs différents des nôtres. Il n’était alors plus temps de continuer la farce : le Général Pierre de Villiers a bien montré que la cause de sa colère ne résidait pas des conditions du service mais bien dans la subsistance des honneurs militaires de la France. Les honneurs militaires sont étrangers aux anciens boutiquiers projetés présidents par les consortiums bancaires et médiatiques. La coupe était pleine. Encore une fois, la Vème République et ses nouveaux manipulateurs prouvent leur échec.