L’Etat veut-il vraiment sauver les Urgences ?

Derrière le sourire de façade, la réalité de la destruction du service de santé français

Agnès Buzyn vient de proposer son plan santé, attendu depuis de longs mois par le personnel hospitalier. L’exécutif murmurait qu’il s’agissait de mesures à même de changer profondément le système hospitalier français, mais il n’en est rien.

L’esbroufe des annonces

Le ministre prévoit la création de 50 maisons de garde dans les territoires où les urgences reçoivent plus de 50.000 patients annuellement. L’objectif est d’y soigner les pathologies les moins graves avec pour fin de désengorger les services des urgences. Effort louable, me direz-vous. Sauf que ce vœu paraît bien pieux car ce n’est pas parce que le gouvernement souhaite multiplier ces maisons de santé qu’il créera les postes de soignants qui vont avec, numerus clausus oblige.

D’ailleurs la mesure suivante confirme cette triste réalité puisque le ministère de la Santé souhaite transformer les pharmaciens ou les kinésithérapeutes en supplétifs des médecins absents afin de pouvoir intervenir en leur lieu et place.

De même il est envisagé la création du poste d’infirmier de pratique avancée afin de décharger les médecins urgentistes de certaines de leur tâche. Sauf que ces infirmiers présents plus longuement aux urgences ne seront plus disponibles pour les travaux qu’ils réalisaient auparavant puisque pour l’heure le gouvernement ne semble pas disposé à créer des postes d’infirmiers supplémentaires.

Le recours au virtuel faute de personnels

La mise en place de la vidéo-assistance dans les maisons de retraite semble là aussi un gadget plus qu’une réelle solution étant donné que la médecine gériatrique suppose souvent des traitements spécifiques qu’il semble difficile de proposer uniquement par informatique. De plus là encore rien n’est fait par pallier le manque de médecin si ce n’est contourner très maladroitement le problème.

Enfin, le ministre souhaite que les hôpitaux se dotent de logiciels et de personnels pour gérer les lits. Du personnel ? Enfin ? Sauf que les logiciels existent déjà et que le personnel ne sera pas affecté à des tâches prioritaires.

L’exemple d’Orange

Il n’en reste pas moins que dans ma ville d’Orange ce plan santé ne répond en rien aux revendications premières du personnel soignant puisque leurs heures supplémentaires ne sont toujours pas payées et le poste d’infirmier d’accueil et d’orientation de nuit qu’il réclame semble toujours suspendu au bon vouloir de l’autorité de santé.