L’Etat lâche la cordée et abandonne ses missions de sécurité publique

En cette période estivale qui s’achève, nombre de villes et de villages français ont organisé des animations pour leurs habitants et les nombreux touristes aimant s’arrêter et flâner. Tout le problème c’est que le contexte d’organisation de ces événements a crucialement changé ces dernières années, depuis que la France est malheureusement devenue le théâtre d’opérations des attentats islamistes.

Dès lors les Préfets astreignent les Maires à respecter des normes de sécurité drastiques pour assurer la sécurité des spectateurs et des visiteurs. Ce sont donc non seulement des équipes de policiers municipaux qui sont sur le pied de guerre sans oublier les agents de sécurité privés souvent recrutés pour filtrer les entrées et veiller à la sûreté des lieux. Tout cela payé par les Mairies alors que la décision est prise par l’administration parisienne. Bref, l’Etat abandonne ses pouvoirs régaliens à des collectivités locales qui n’ont ni les moyens humains et financiers nécessaires pour pallier les manquements de l’Etat.

Le pire, c’est que l’Etat prive même certaines communes du littoral français de nageurs-sauveteurs des C.R.S. alors que parallèlement ce même Etat oblige ces communes à sécuriser les plages. Il y a de quoi en perdre son latin.

Rassurons-nous : les Maires ne sont pas encore au bout de leurs surprises ! Rejoignant la colère légitime de Robert Ménard, Maire de Béziers, je crains que l’Etat oblige nos villes à payer dorénavant la présence des forces de l’ordre présentes le jour des manifestations. Après tout, les départements ne facturent-ils pas déjà aux communes la prestation des pompiers déployés le temps d’une animation ? L’Etat ne serait pas désintéressé par cette méthode.

A force de faire porter aux élus locaux ses obligations les plus impératives et fondamentales, l’Etat risque de dissuader nos communes de continuer à organiser des manifestations. Ou alors à des prix prohibitifs risquant de transformer des manifestations populaires en des zones réservées à la seule classe supérieure. Or, le devoir d’un Maire c’est avant tout d’agir pour le bien commun. Mais Macron s’en moque : il ne croit qu’aux premiers de cordée.