Le RSA remplacé par un Revenu universel ?

L’idée avait été lancée pendant la campagne présidentielle par Benoît Hamon, mais lui-même avait dû reconnaître l’inanité de mettre en place un revenu universel. Fi, Emmanuel Macron reprend la balle au bond et charge le gouvernement de mettre en place un Revenu universel d’Activité (RUA). L’objectif annoncé au-delà de la portée démagogique d’une telle mesure ? Remplacer le RSA et mettre fin au « manque de cohérence et de lisibilité du système »…

Que le système de prestations sociales soit opaque, difficile à gérer par les départements, représentant entre la moitié et 70% de leur budget, cela ressort de l’évidence. Or, comme à chaque fois dans cette Vème république, on constate des effets pervers (ruptures, incompréhensions, sentiment d’injustice, insuffisances qui minent la confiance de tous dans notre système de solidarité…) mais rien n’est fait pour prendre les problèmes à la racine et défaire les causes délétères de cet échec.

Seul le droit au travail comme je l’avais exposé dans une proposition de loi peut et doit répondre au devoir de dignité sociale que l’Etat s’est engagé constitutionnellement à pourvoir : la Constitution de 1946 pose dans le cinquième article de son préambule le principe selon lequel « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Seul le salaire obtenu grâce à un emploi utile à la société et à l’individu peut réparer l’injustice du chômage, cause évidente de la misère.

Or, comme dans tous les dossiers traités par un gouvernement servile aux intérêts de l’oligarchie, tout est nommé et tronqué pour cacher le réel. Ici, pour voiler un chômage endémique et une imposition pléthorique, on parle de revenu d’activité (laquelle ?) et de « prestations sociales de solidarité ». Dans le même temps, les assurances chômage fondées sur une activité malheureusement mise à terme sont littéralement sabrées ! De deux choses l’une, soit ces restrictions ont pour finalité le retour rapide à l’emploi, soit tout est mis en place pour pousser les Français vers la misère subventionnée.

Plutôt que de remettre en cause une organisation économique pernicieuse qui favorise à la fois la prévarication et l’assistanat, nos chefs d’Etat préfèrent dans une continuité diabolique colmater les brèches de la révolte légitime plutôt que de répondre aux véritables attentes des travailleurs. Ces derniers, en activité ou au chômage, ne sont pas oisifs par volonté. Beaucoup se plaignent que le travail ne paye plus, qu’un salaire ne puisse plus assurer une vie décente à une famille, que les taxes et le coût de la vie ne cessent de basculer dans l’inflation la plus exponentielle.

Il faut donc redonner du travail, cesser de le taxer impunément et remettre l’activité économique en ordre pour qu’elle réponde aux vrais besoins des Français et non des idéologies ou des intérêts privés.