La tentation de l’illégalité

A l’heure des lois iniques et d’une justice partiale, à l’heure du terrorisme impuni, à l’heure de la criminalisation des victimes et de la déculpabilisation des assassins, à l’heure du laxisme judiciaire et de la propagande inversée, il peut être séduisant de céder à la tentation de l’illégalité. Pourtant, il ne faut rien en faire. Le combat politique requiert discipline et abnégation : il tire sa puissance de sa capacité de résilience et non d’une colère passagère et désordonnée.

Je lis dans la presse que les services de surveillance et la police anti-terroriste ont interpellé une dizaine de personnes accusées de préparer un vague projet d’attentat à l’encontre des musulmans, et encore quelques articles à sensation plus tard, il apparaît que le dossier n’est pas très épais. Immédiatement, ces individus ont été qualifiés comme appartenant à l’ultra-droite. En effet, l’affaire tombe à pic dans une stratégie de communication politique. Contrebalancer la suspicion de terrorisme des mouvements islamistes à la nébuleuse de l’ultra-droite est une tactique relativement simple à mettre en place. Je salue d’ailleurs la vélocité de nos services de renseignements qui n’auront pas attendus cette fois plusieurs centaines de morts et de multiples attentats pour agir.

Pour autant, et au-delà de la récupération de cette affaire par le gouvernement, il est capital de rappeler que notre avenir ne réside ni dans des phantasmes de guerre civile ni dans la violence aveugle et lâche. Si notre idéal est de servir le bien commun, il est inutile de verser dans ce type de délire complètement opposé aux nécessités de notre combat. Et cela d’autant plus que ces cellules prônant l’activisme armée sont souvent des leurres montés de toutes pièces par la police elle-même.

La tentation de l’illégalité peut s’entendre, mais elle ne peut se pardonner si elle est assouvie car elle représente la plus grande faute politique contre l’action efficace de défense de notre civilisation.

Cependant, il serait bon que l’exécutif prenne garde à cette sourde exaspération qui peut nourrir de tels projets, voire de tels actes. A ne pas prendre en considération le profond malaise identitaire de notre peuple, à le laisser bafoué continuellement, tout cela constitue une indifférence, elle-même potentielle matrice de toutes les frustrations qui conduisent à la violence.

Que ceux qui ont faim et soif de justice pour notre peuple ne se fourvoient pas dans des actions qui ne profiteront qu’aux prévaricateurs. Nous avons au contraire grand besoin de militants politiques sérieux et prêts à s’engager : c’est l’esprit de service qui doit dominer et non celui de la vengeance.