La Nouvelle-Calédonie ou la nouvelle Algérie française ?

Dimanche dernier, un référendum sur l’auto-détermination de la Nouvelle Calédonie était organisé dans un contexte particulier.

En effet, trente ans après les accords de Matignon conclus en 1988 afin de trouver un point d’achoppement entre pro-Français et indépendantistes, était projetée l’organisation d’un référendum sur la question.

Inutile de dire qu’en trente ans la situation de la France en Nouvelle-Calédonie s’est relativement dégradée, puisque nos dirigeants successifs ont toujours été prompts à défendre les intérêts étrangers plutôt que ceux de la France. D’ailleurs lors du précédent référendum réalisé en Nouvelle-Calédonie le 08 novembre 1998 qui prévoyait de repousser le principe d’une auto-détermination, 72% des électeurs montraient encore leur attachement à la France. Vingt ans plus tard, ils ne sont plus que 56,4% seulement à choisir la voie de la France, soit 16 points de moins qu’en 1998, signe alarmant s’il en est. D’autant plus qu’Emmanuel Macron s’est empressé de confirmer que d’autres référendums pourraient être organisés, finalement jusqu’à ce que l’indépendance soit acquise, car c’est bien là la volonté de notre exécutif.

Comment pourrait-il en être autrement lorsque le chef de l’Etat lui-même, Emmanuel Macron, a refusé publiquement de s’engager dans cette campagne référendaire refusant de défendre la France dans le Pacifique ? Sans oublier que dans le même temps son Premier ministre préférait fleurir la tombe des leaders indépendantistes plutôt que celle des militaires tués dans l’exercice de leur fonction à Ouvéa.

Même les conditions de déroulement du référendum sont purement scandaleuses. Lorsque l’on sait que les désastreux accords d’Evian en 1962 avaient été soumis à l’ensemble des citoyens français, d’Algérie comme de la métropole, nous sommes en droit de nous demander pourquoi l’ensemble des électeurs métropolitains n’a pas été convié à ce dernier référendum. N’est-il pas écrit dès l’article 1er de notre Constitution que « la France est une République indivisible » ? N’est-il pas normal que n’importe quel citoyen français puisse donner son avis sur l’avenir de la France, y compris dans le Pacifique ?

De plus que pourrait signifier l’indépendance pour la Nouvelle-Calédonie, elle qui est déjà placée sous la tutelle économique de l’Australie comme de la Nouvelle-Zélande, principaux utilisateurs des ressources minières de ce territoire, alors que la Chine lorgne avec envie sur cette région deuxième productrice mondiale de nickel ? D’ailleurs des Etats de la zone Pacifique comme l’Australie ont clairement pris position pour la France, son ambassadeur à Paris affirmant clairement que « l’Australie accorde une grande valeur au rôle bénéfique joué par la France pour la sécurité et l’économie du Pacifique », afin de ne pas voir ses intérêts concurrencés par la Chine ou le Japon. Même l’Inde est allée jusqu’à défendre la présence française en Nouvelle-Calédonie afin de contrer l’appétit du rival chinois.

Cependant notre gouvernement laisse pourrir une situation qui par bien des aspects rappelle la guerre d’Algérie où tout avait été entrepris depuis 1945 pour conduire tout droit à une indépendance algérienne dont la France paie encore aujourd’hui les dommages collatéraux.