Incendie de Notre-Dame de Paris : interrogations, haines et espérance

Accidentel l’incendie du 15 avril ? Peut-être mais l’histoire de la Vème république
nous aura formés au doute méthodique à coup d’AZF, de Rainbow Warrior
et de suicidés à deux balles dans la tête…

Les images terribles de l’incendie qui a ravagé en quelques heures huit siècles d’Histoire ne peuvent que nous emplir de chagrin. Ces flammes dévorant « la forêt » de charpente de ce joyau gothique en pleine semaine sainte ne peuvent que nous renvoyer à une profonde méditation sur la nature périssable de nos œuvres ici-bas. Pour autant, par-delà le chagrin et la pitié, il faut voir au-delà. Nous devons en effet redevenir des bâtisseurs de cathédrale, en fait des Français. Nous devons aussi tout voir et tout savoir sur un tel drame bien que le prêt-à-penser commence déjà son travail de sape de la vérité.

En premier lieu, je voudrais interpeller, sans illusion, les pouvoirs publics sur une menace qui sourd depuis plusieurs années dans l’indifférence générale.

L’incendie criminel de l’église Saint-Sulpice à Paris le 17 mars n’était-il qu’un essai ? La vague de dégradations, de vols et de profanations ciblant les églises et les édifices catholiques n’en finit plus de progresser. Dijon, Nîmes, Houilles et Maisons-Laffitte, ou encore Lavaur, avaient été le théâtre de profanations importantes dans la même semaine. En France, une église est attaquée tous les 2 jours et 95% lieux de culte attaqués sont catholiques. Silence général. Ni les actes, ni les auteurs, ni les mobiles ne sont ébruités. Il faut avoir l’âme d’un détective pour trouver dans la presse écrite quelques informations vite dites et rapidement évacuées comme l’histoire de ce migrant pakistanais qui a vandalisé la Basilique Saint-Denis dans la nuit du 2 au 3 mars dernier.

Dans ce contexte, qui n’est malheureusement pas nouveau et qui montre l’inaction complice de l’Etat, l’incendie de Notre-Dame garde tout son mystère. Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, a beau affirmer que «rien ne va dans le sens d’un acte volontaire» et que la piste accidentelle est privilégiée, il ne fait qu’orienter l’enquête et n’apporte aucune preuve du contraire. Peut-il ignorer les témoignages des pompiers ou d’experts qui parlent tous soit de plusieurs départs de feu soit de la nécessité d’une cause externe pour susciter des flammes de cet ampleur sur une telle structure ? Peut-on nier le professionnalisme de Julien Le Bras, PDG d’Europe Echafaudage, la société exploitant le chantier et habituée des procédures draconiennes puisque l’entreprise opère sur les plus célèbres monuments historiques depuis plus de 10 ans ?

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En parallèle de ces actes de haine sacrilège, plusieurs groupuscules antifascistes et gauchistes se sont une nouvelle fois publiquement réjouis de l’incendie de Notre-Dame. Les réseaux sociaux ont révélé que cette haine est partagée par une grande partie de la jeunesse islamisée. Le tweet de la militante de l’UNEF Hafsa Askar sur les délires de « petits blancs » à propos de l’émoi légitime suscité par l’incendie en est une illustration.

Ces réactions ne doivent pas être prises à la légère. Elles reflètent la fracture culturelle et politique qui couve sous la chape du prêt-à-penser, les nihilistes de pacotille n’étant que les idiots utiles d’un islamisme conquérant.

Il faut renforcer drastiquement la surveillance de nos lieux de culte qui sont aussi des lieux d’histoire et de communion nationale comme le montre l’entrain suscité par le sinistre du 15 avril. Plus encore, il faut cesser d’entretenir la haine de soi véhiculée par la pensée dominante et ne pas encourager par notre faiblesse les barbares et les mutants d’une société déracinée.

Nous sommes en deuil aujourd’hui. C’est pourquoi tous les drapeaux de la Ville d’Orange ont été mis en berne dès hier matin. Toutefois, nous ne devons pas nous morfondre dans une humeur noire, stérile par nature. De telles catastrophes obligent. Nous sommes là pour relever le défi des siècles. Finalement, nous pouvons interpréter deux signes dans ce feu hypnotique qui a massé les foules sur les quais de Paris en un silence presque sacré.

D’une part, cette flèche qui sombre dans les flammes ne peut qu’illustrer le destin de notre pays, lequel chute d’an en an au fil d’une décadence destructrice.

D’autre part, le feu a toujours eu une vertu purificatrice. Par-delà ses ravages, il permet de recouvrer les immenses qualités de foi, de don et d’allant nécessaires à la réédification d’un tel chef-d’œuvre. Cet incendie nous relie à l’âge d’or de la Chrétienté médiévale, à Saint Louis et aux compagnons qui se sont succédés durant deux siècles pour ériger ce temple qui dépassait la simple histoire de chacun pour former l’œuvre de tous en vue de la gloire de Dieu. Rien n’est impossible pour qui sait retrouver la patience du temps long et la transcendance nécessaire à la reconstruction d’un ouvrage sacré.

L’émotion légitime, les prières et le montant des premiers dons semblent montrer qu’il demeure encore de la foi et de la volonté en ce peuple de France parfois si décevant et si inconstant.

Notre-Dame doit nous faire relever les yeux vers le Ciel et nous aider à retrouver ce qui fait notre première qualité de Français, d’être les enfants de la Fille aînée de l’Eglise.