Heurs et malheurs de l’impôt prélevé à la source

Les 16 millions de foyers imposables s’apercevront très vite que pensions et fiches de paie verront leurs montants baisser et que cela ne fait malheureusement que commencer.

Il faut d’abord noter qu’avec le nouveau prélèvement à la source qui entrera en vigueur en janvier prochain, les assistantes maternelles, les femmes de ménage et tous les employés à domicile devront payer deux fois leurs impôts en 2020. Oui deux fois ! Une première fois chaque mois, dès janvier 2019, à travers leurs fiches de paie et le prélèvement à la source. Puis une seconde fois en septembre 2019 au titre des revenus de l’année en cours.

Pressentant le raout social qui devrait s’ensuivre, Bercy réfléchit au meilleur moyen pour faire passer sa réforme, alors que le Conseil Constitutionnel pourrait dans le même temps la bloquer car jugée anticonstitutionnelle au motif qu’elle engendrerait une inégalité devant l’impôt.

A moins de quatre mois de son entrée en application le prélèvement à la source semble bien chaotique. Déjà souvenons-nous que le président Hollande n’était pas parvenu à la mettre en œuvre et que son dauphin Macron avait dû repousser son entrée en vigueur d’une année.

Soulignons encore que désormais les collecteurs de l’impôt seront les entreprises et les collectivités territoriales qui le feront en lieu et place de l’Etat, puisque ce sont elles qui ont la charge de payer leur personnel. Bien sûr ce prélèvement s’effectuera gratuitement. Gratuitement ? Oui, mais uniquement pour l’Etat alors que le contribuable devra participer à financer ce travail supplémentaire en voyant son salaire un peu plus amputé de diverses contributions.

L’Inspection générale des finances estime que le coût de ce délire est évalué à 3 milliards d’euros, addition que les Français devront régler. La Cour des Comptes pense quant à elle que le prélèvement à la source devrait coûter 2 milliards d’euros à l’Etat étant donné les difficultés de mise en œuvre. La Cour des Comptes a d’ailleurs souligné que cette réforme présentait « un intérêt limité ».

Le pire c’est que ce prélèvement à la source viendra taxer davantage les contribuables français au titre d’une collecte anticipée des fruits de la croissance : l’objectif est bien de priver les Français des éventuels gains d’une croissance à venir.

Au prélèvement à la source ajoutons la montée en flèche des prix avec une inflation inégalée ces dernières années puisqu’elle atteint désormais 2,3% avec des incidences directes sur le pouvoir d’achat comme sur l’épargne des ménages.

Une chose est sûre : les macronistes au pouvoir continuent de ruiner le pays et avec lui les Français.