Notre-Dame-des-Landes : chronique de la fin de l’Etat de droit

L’abandon officiel par le gouvernement Macron-Philippe du projet d’aéroport Nantes-Métropole à Notre-Dame-des-Landes n’est qu’un nouveau chapitre de l’histoire d’un autre abandon, celui de l’Etat de droit. L’Etat par la parole du Premier ministre n’a pas tenu compte dans sa décision de la parole du peuple, lequel s’était prononcé le 26 juin 2016 pour le maintien du projet en Loire-Atlantique.

L’Etat n’a pas simplement bafoué le principe de la volonté générale qui fonde sa légitimité, il a renié son principe de prédominance dans le cours des affaires publiques se ravalant au même niveau que ses contestataires les plus acharnés qui ne lui reconnaissent pas cette autorité publique. Surtout, l’Etat par son manque de constance et de fiabilité crée un précédent majeur et une insécurité absolue, car il est désormais clair aux yeux de tous, citoyens, institutions, partenaires économiques nationaux ou étrangers, élus locaux et parlementaires, que l’Etat n’est pas un soutien de confiance sur lequel s’appuyer dans l’adversité et la durée. Pour paraphraser François Ier, « Souvent Etat varie, bien fol qui s’y fie ».

Nous n’appartenons pas au cortège des pleureuses de ces funérailles grotesques d’un aéroport mort-né, présidées par Jupiter, lequel laisse ses zélés débiteurs composer le livret de l’enterrement. Cependant, nous prenons acte d’une nouvelle lâcheté de l’Etat qui, incapable de porter un projet d’envergure, transforme en acte de courage politique l’une des plus surprenantes démissions de ces dernières années. Cédant aux caprices des gueulards et reniant sans vergogne les ambitions de ses prédécesseurs, le président de la République donne le cap de son projet politique pour les quatre ans qu’il reste : gloriole personnelle en avant, mépris de l’Etat de droit pour le reste.