Comprendre la guerre qui est là

Il n’est pire gouvernement que celui qui ne prend pas la mesure de la situation, et qui, malgré des actes de guerre commis sur le territoire national, refuse de le comprendre et donc d’agir en conséquence.

Il n’est pire gouvernement que celui qui, confronté à un phénomène déjà ancien et qui ne lui est pas propre, refuse d’analyser les causes lui préférant le déni. Refuser de s’en prendre aux causes, c’est être condamné à revivre perpétuellement le même cauchemar, constamment aggravé par cette inefficacité même.

L’attaque terroriste au sein même de la Préfecture de Police de Paris, au centre du dispositif de renseignement, devrait susciter d’abord cette prise de conscience. Cela sous-entendrait aussi une remise en cause profonde des politiques de l’Etat concernant l’immigration, son financement avec l’impôt, la conquête de l’islamisme en France. Cette analyse constaterait de fait l’échec du rêve cosmopolite.

En lieu et place, nous assistons à une série de cérémonies compassionnelles, de paroles mièvres et de désengagement des responsabilités. Nulle remise en cause des principes et de l’idéologie mortifère qui ont permis le passage à l’acte. Le prêt-à-penser empêche toute velléité de défense, laissant aux seuls tueurs le monopole de la violence.

Les dessous de l’enquête révèlent que non seulement le tueur avait prémédité son passage à l’acte, mais qu’au regard de son poste il avait accès à des données sensibles et capitales dans la guerre permanente contre l’islamisme. Ainsi le Canard Enchaîné affirme que Mickaël Harpon pouvait détenir et avoir transmis la liste des policiers infiltrés dans les mosquées. Une telle incurie dans notre dispositif de défense lève le voile sur l’aveuglement politique : oui, il y a un ennemi intérieur qui se considère en guerre contre la France.

Pendant que Nutella retire ses publicités télévisées à cause d’Eric Zemmour et qu’à Gonesse des manifestations de soutien à Mickaël Harpon peuvent s’organiser sur la place publique, devant la mairie même, il est grand temps de sortir de la léthargie profonde du prêt-à-penser qui confine à la haute trahison, prélude à la ruine et à l’échec.