Bruno le Mal nommé : Bercy contre les maires

Ce matin dans l’émission Les 4 Vérités, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a prouvé avec un zèle particulier qu’il était bien digne de servir Emmanuel Macron … c’est d’ailleurs ce même zèle qui le caractérisait déjà lorsqu’il œuvrait sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

En bon énarque et en parfait parisianiste, Bruno Le Maire a balayé d’un revers de main les conséquences budgétaires de sa politique sur nos collectivités locales. Pour lui, c’est un problème secondaire, qu’il prétend cacher par sa proposition malhonnête de suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français. Malhonnête car le principe de l’impôt réside précisément dans son équité et par le fait qu’il doit être payé par tous en fonction de nos moyens.

N’ayant jamais exercé de mandat local, si ce n’est celui de conseiller régional, autant dire un mandat bien loin des préoccupations citoyennes et quotidiennes, Bruno Le Maire ne connaît donc pas les problèmes récurrents auxquels sont confrontés, en premier lieu, nos Maires. Après la baisse de 13 milliards d’euros de dotations aux collectivités territoriales décidée par Macron, l’Etat poursuit sa logique destructrice en confiant de plus en plus de compétences à ces collectivités, faute de pouvoir les exercer lui-même, mais sans pour autant leur donner les moyens de le faire. Bruno Le Maire aura beau dire qu’il n’y aucun problème pour nos collectivités locales, c’est bien lui, en tant que ministre des Finances, qui sera responsable de la fin de l’équilibre budgétaire du bloc communal, dont la dette est pourtant inférieure à 12% du P.I.B., bien loin de celle de l’Etat qui a dépassé les 100% de notre P.I.B.

Avec la loi NOTRe, Emmanuel Macron avait fragilisé nos communes, en privilégiant un nouvel échelon territorial que sont les intercommunalités, une technostructure politico-administrative échappant à la vigilance citoyenne. Avec ses orientations budgétaires, Bruno Le Maire semble donner le coup de grâce au pouvoir local en le privant de ses leviers d’action financiers.