Blanquer fait sa rentrée en arabe

S’il y a bien un ministre qui semblait tenir le cap dans ce gouvernement En Marche, c’était Jean-Michel Blanquer, tant il prônait un retour aux fondamentaux de l’instruction, à même de faire trembler les membres de la majorité présidentielle. Cependant, il semble désormais bien acquis que la bonne volonté et le dynamisme sont trop faibles pour pouvoir enrayer l’inertie du système, et que la bien-pensance qu’il véhicule finit par avoir raison des êtres les plus raisonnables.

Cette nouvelle rentrée de septembre vient de prouver avec fracas que Jean-Michel Blanquer courait le sérieux risque d’être la prochaine victime de la perversion de l’esprit.

En effet, le ministère de l’Education nationale vient d’annoncer en ce début de mois de septembre que ce sont 190.000 classes supplémentaires qui seraient dédoublées, soit près de trois fois plus que l’an passé, le ministre prévoyant même de passer à 300.000 classes dédoublées en 2019. Le pire, c’est ce que ce dédoublement concerne uniquement les quartiers dits en difficulté, baptisés sobrement de quartiers d’éducation prioritaire. Car visiblement pour le reste de la France, l’éducation n’est plus une priorité. En effet comment comprendre qu’il y ait des classes supplémentaires en sous-effectif ouvertes en banlieue, quand dans le même temps plus de 200 classes rurales ferment et laissent la place à des regroupements pédagogiques communaux essayant de drainer les élèves de différents cantons dans une même et seule école ?

La politique du ministère de l’Education nationale achève donc la logique de métropolisation et de déni des territoires ruraux telle qu’incarnée par Macron.

Cerise sur le gâteau, Jean-Michel Blanquer vient d’annoncer qu’il souhaitait voir se développer l’apprentissage de la langue arabe à l’école et « lui donner du prestige ». M. le Ministre a beau vanter la richesse de la langue comme de la culture arabe, ce que nous ne nions pas, il n’en demeure pas moins que cet apprentissage va à l’encontre de l’identité française et ne pourra que favoriser les logiques communautaristes. Lorsque l’on sait qu’un quart des élèves français entre au collège sans savoir ni lire ni écrire, il semblerait que la priorité de l’Education Nationale soit ailleurs, à moins que l’on accepte immédiatement l’abandon de ce qui nous est commun : le Français. Les gouvernements de la IIIème République avaient outrageusement brandi le principe d’unité de l’Etat en voulant tuer les langues régionales (respectées pourtant par l’édit de Villers-Cotterêts) par un apprentissage unique. La présidence Macron veut tuer définitivement notre socle commun par l’imposition d’une culture qui ne peut pas être la nôtre.