Benalla de Bourgogne, l’homme de main de l’homme des Banques

Formé au service d’ordre du Parti Socialiste, Alexandre Benalla, à peine trente ans, est réputé pour brûler les étapes. Depuis 24 heures, cet inconnu du grand public est au centre de l’attention. Chargé de mission de l’Elysée en tant que responsable de la sécurité rapprochée d’Emmanuel Macron, il est à l’origine d’une véritable tempête médiatique, à tel point que l’effet « Mondial » aura été de courte durée pour le président de la République.

Dans une vidéo devenue virale, le garde du corps de Jupiter muni d’un casque et d’un brassard de police s’en prend violemment à un manifestant lors des manifestations parisiennes du 1er mai. Sans être titulaire de l’autorité publique, Alexandre Benalla recourt à la force sans autre justification apparente que sa simple présence sur le théâtre d’opération. Pour ce grave incident, accompli dans l’illégalité la plus totale, le protégé d’Emmanuel Macron n’a écopé que de quinze jours de suspension…

Arnaud Montebourg, précédent employeur de l’individu lorsqu’il était à Bercy, s’en était séparé au bout d’une semaine à cause d’une tentative de délit de fuite lors d’un accident de la circulation. Il semblerait qu’Alexandre Benalla ait su avec le temps s’attirer les faveurs de responsables moins regardant sur son pedigree et ses méthodes.

Autre anecdote, les coupures de presse révèlent que Makao, le géant congolais ami de l’hôtellier des terroristes Jawad Bendaoud, avait été recruté par le fameux Alexandre Benalla dans l’équipe rapprochée du président. Bref, alors candidat, Emmanuel Macron s’était constitué une petite bande de caïds de banlieue en guise de garde prétorienne. Le bourgeois du Touquet, lui-même obligé des banques, a recruté des hommes de main selon une forme de discrimination positive qui interroge : ces hommes qui vont et viennent désormais à l’Elysée comme à la maison sont-ils sûrs, n’ont-ils pas des attaches plus sulfureuses en marge de la loi ?

La sortie de cette affaire par le journal Le Monde révèle qu’une personnalité telle qu’Alexandre Benalla a dû en agacer plus d’un. Nul doute que certains policiers ou fonctionnaires dont le métier est d’assurer la sécurité des institutions et des personnes qui y travaillent ont perçu d’un mauvais œil l’impunité dont jouissent les lascars du Président, à l’instar d’un Benalla. Le recours à la presse plutôt qu’à la justice montre en creux la séparation toute théorique des pouvoirs et la crainte de magistrats aux ordres, le comportement d’un Benalla n’étant que l’écho de l’hybris présidentielle. Cela sans compter la curieuse atmosphère de barbouzerie qui empuantit progressivement ce dossier.

Benalla est le pendant de Belattar, le duo incarne les indigènes de la République macronienne, la grande gueule et les gros bras au service d’un Jupiter d’opérette vivant sur les restes d’une République décomposée. Que le vent se lève afin que nous puissions tenter de vivre sans ces crapules !