Balance ton maire : les équipes de Macron s’en prennent aux élus

Il y a trois jours, les équipes de la République En Marche publiaient un message dans lequel, selon le fameux modèle de « Balance ton porc » destiné à montrer du doigt tous les pervers sexuels, était créé le hashtag « Balance ton Maire » pour condamner tous les Maires ayant été contraints d’augmenter leurs impôts locaux face au désengagement financier programmé et volontaire de l’Etat dans nos territoires.

L’initiative ayant fait polémique, l’exécutif s’est très vite désolidarisé de la démarche par crainte de se mettre un peu plus à dos des élus locaux déjà très irrités par la première année de présidence macronienne. Même l’Association des Maires de France (A.M.F.), pourtant jusqu’à présente très accommodante avec les différentes majorités successives, s’est fendue d’un communiqué de protestation dénonçant « la campagne de stigmatisation » menée à leur encontre et dénonçant « le gouvernement et le parti majoritaire [qui] portent une responsabilité majeure dans le dérapage insupportable observé ces dernières heures ». Avec de tels propos, une chose est au moins sûre : François Baroin, président de l’A.M.F., ne fera pas partie de la nouvelle équipe gouvernementale.

En effet, ce sont 6.027 communes qui ont dû augmenter leur imposition locale face à la demande très autoritaire de l’Elysée de baisser de 30% la taxe d’habitation. Avec comme slogan sous-entendu de l’équipe En Marche : en 2020, punissez les responsables. C’est dire le mépris de l’exécutif pour la gestion municipale et tout paradoxalement son désir de faire émerger des candidats locaux L.R.E.M. pour briser les derniers bastions de bon sens résistant encore aux volontés d’hégémonie présidentielles.

Je peux d’autant plus librement dénoncer cette mascarade puisque ma ville d’Orange n’est pas dans le viseur présidentiel, étant donné que depuis mon arrivée en 1995, je n’ai cessé de baisser les impôts chaque année, avec une baisse cumulée de 7% ces trois dernières années, après avoir encore acté une diminution de 2% en 2018.

Que Macron et les siens respectent un peu plus nos terroirs et leurs représentants, car la sourde colère qui y bruisse pourrait bien avoir raison de leur pérennité politique et électorale.