Aix-la-Chapelle et Marrakech : la haute trahison se signe à l’étranger

 

En l’espace de deux mois, la France par l’autorité de la présidence de la République a signé deux traités internationaux majeurs : le Pacte de Marrakech le 10 décembre 2018 et le traité d’Aix-la-Chapelle le 22 janvier 2019. Aux dires de la presse officielle, simple relai des communiqués de l’Elysée, ces traités sont de simples formalités diplomatiques aux valeurs symboliques puisqu’ils n’ont aucune force juridique contraignante.

De deux choses l’une, quel intérêt d’engager notre nation en prenant le monde à témoin sur des textes sans conséquences réelles ? De plus, ces textes dûment ratifiés ont bien une importance juridique dans la hiérarchie des normes et, tôt ou tard, ils serviront d’assises et de justification à des lois nationales ou européennes. Il en résulte que le gouvernement, qui n’a consulté sur ces engagements internationaux ni le Parlement ni le peuple par référendum, joue l’esbroufe soit vis-à-vis des Français en niant l’importance bien réelle de ces traités, soit vis-à-vis des autres parties signataires en stipulant publiquement que la parole de la France n’a pas de valeur et ne l’engage pas. Quelle que soit l’alternative retenue, cela signifie clairement qu’au plus haut sommet de l’Etat, le sens de la parole donnée est galvaudé. Dire oui et penser non, cela s’appelle au mieux un mensonge, au pire cela constitue une trahison. Notons d’ailleurs que de Marrakech à Aix-la-Chapelle, la dissolution effective et symbolique de la France se signe toujours à l’étranger.

Dans un essai géopolitique d’il y a plus d’un siècle, Kiel et Tanger, le penseur monarchiste Charles Maurras condamnait l’instabilité politique des gouvernements français et leur manque de vision concernant les questions de défense nationale et de diplomatie. A Kiel en 1895, les marines française, russe et allemande décident de s’unir face à la première puissance maritime, l’Empire britannique. En première ligne, n’ayant pas les moyens de ses ambitions, la France est rapidement humiliée par l’ennemi héréditaire sur fond de rivalité coloniale à Fachoda. Changeant de personnel politique et d’alliance en 1904, la France conclue l’Entente cordiale avec l’Angleterre. En conséquence, le Kaiser s’oppose au protectorat français sur le Maroc lors d’un discours historique à Tanger en 1905. En une décennie, la France démontre son instabilité politique et diplomatique, subissant déconvenues et revirement, ne pouvant seule assumer ses ambitions sur la scène internationale, cherchant des amitiés là où ne doit prédominer que les intérêts froids des nations pour ne pas subir la loi des autres. Ce petit rappel historique nous permet de prendre du recul sur les errements du présent, et de comprendre à quel point la France est faible quand elle se croit forte en se retrouvant à la remorque des intérêt étrangers, et que notre nation est belle quand, jouissant d’une aura encore réelle, elle prend la tête des peuples libres, non-alignés, faisant entendre une voix autre dans le concert international.

De même aujourd’hui, la France signe des engagements la main sur le cœur espérant obtenir les bonnes grâces des élites mondialistes, et ainsi avoir part à la table des dirigeants de ce monde. Or il n’en est rien. Marchandant sa liberté pour quelques menues reconnaissances protocolaires, ceux qui ont charge du pays trahissent ses intérêts continuellement. A la manière dont ils dépouillent la France de son agriculture et de ses derniers fleurons industriels, ils vendent son indépendance politique et militaire sur l’autel d’un mondialisme utopique qui n’a plus rien d’universel. Ici les envoyés d’Emmanuel Macron reconnaissent un droit à la migration internationale et rayent d’un trait le principe même de citoyenneté, c’est l’essence même du Pacte de Marrakech lequel donnera demain autant, voire plus de droits politiques, sociaux et culturels au moindre nomade qu’à l’héritier de la civilisation française. Là, Emmanuel Macron lui-même s’engage à mettre la France au service de fait de l’Allemagne en créant une coopération diplomatique et militaire dont même le Reich n’a pu rêver. Armement, OTAN, interventions sur des théâtres d’opérations extérieures, siège permanent et droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, autant de domaines qui seront gérés demain en instituant « le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité » tel que stipulé dans le Traité du 22 janvier. Malgré notre force de dissuasion nucléaire, clé de notre souveraineté politique dans un monde incertain, malgré notre force diplomatique, l’une des plus importantes représentations au monde avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, malgré notre histoire, le président de la République française s’engage dans une alliance qui a pour finalité la plus grande convergence possible dans le cadre « d’un marché mondial ouvert ». En somme, Emmanuel Macron accomplit à l’Elysée ce pourquoi il avait brillé à la banque Rotschild : il négocie la fusion-acquisition de la Maison France. Ce banquier d’affaire, maître en séduction et acquis aux objectifs de l’élite mondiale, monnaye pour son propre compte l’indépendance politique, militaire, économique du pays au sommet, tandis qu’à la base il ouvre les portes aux déferlements massifs de l’immigration mondiale. Pour lui cela s’appelle de la haute stratégie commerciale, pour nous ceci se définit purement et simplement comme de la haute trahison.

Tandis que nos soldats meurent encore pour nos couleurs à des milliers de kilomètres de leur foyer, le Chef des Armées joue aux dés la précieuse étoffe. « L’humanité civilisée avait jadis pour limite et pour garantie, la chrétienté catholique : un esprit religieux aussi vaste que le monde. Cette garantie et cette frontière se sont rétrécies à la mesure des nationalités. C’est une perte, mais on aurait une perte plus grande si les nationalités venaient à être détruites. L’humanité y perdrait ses dernières défenses… », prévient le Maître de Martigues. Pour l’humanité, pour la civilisation, ne laissons pas disparaître la France. Revivifions-la de ses racines profondes par le localisme et l’espérance.