Adrien Perez, nouvelle victime du prêt-à-penser

Un coup de couteau. En plein cœur. Adrien Perez, 26 ans, meurt sur le parking d’une discothèque de l’agglomération grenobloise le 29 juillet dernier, au petit matin. Il a voulu s’interposer quand un couple d’amis a été agressé par un binôme de racailles, aujourd’hui en attente de jugement et écroué.

D’aucuns diront que l’histoire tragique d’Adrien Perez n’est malheureusement qu’un fait divers, la chronique de la sauvagerie ordinaire. D’autres ne prêteront qu’une attention de circonstance à ce meurtre, voire l’ignoreront tout simplement. Une minorité enfin y décèlera le nouvel attentat de l’occupation ordinaire, l’impunité meurtrière des mutants de la République, tristes enfants du nihilisme et du laisser-faire.

Une marche blanche initiée par la famille d’Adrien Perez, ses parents et sa sœur, a réuni un millier de personnes le 8 août à Grenoble. Je n’ai jamais été adepte de ces cortèges païens qui oscillent entre la résignation fataliste et l’émotion parfois vide de sens, transmutation par l’Empire du Bien, cher à Philippe Muray, des cortèges de colère en défilé festif et moral. Pour autant, la société réagit avec le mimétisme de son époque, et cela ne retire rien à la peine et à l’injustice grave que représente un meurtre.

Pour prendre la mesure de la gravité de cet homicide volontaire, il faut entendre Patricia Perez, la mère de la victime : « Notre France ne fait rien pour ses enfants, Monsieur (…). Nos gouvernants, nos pouvoirs publics ne font rien, Monsieur. Ils ne font rien, je suis révoltée. Combien encore ? Combien de nos jeunes vont partir comme ça dans la violence gratuite, combien ? Combien ? (…) Adrien n’est pas le premier, il y a eu des enfants bien avant Adrien, et il y en aura encore. On fait des marches blanches, c’est bien (…), mais après ? (…) Nos enfants se font encore assassiner sauvagement, et par toujours les mêmes. Toujours les mêmes. » (RMC le 8 août). J’enjoins à chacun d’écouter le podcast de cet entretien difficile et touchant qui donne un ressenti assez juste de l’immense démission de l’Etat et de l’injustice conséquente.

Encore une fois, le prêt-à-penser minore sciemment la mort cruelle d’Adrien Perez, comme celles de toutes les victimes innocentes exécutées qui pour une malheureuse cigarette, qui pour un simple regard, qui à cause « d’une mauvaise rencontre ».

Cette violence gratuite, cette haine ordinaire qui tue sans faire l’objet des remontrances des associations culpabilisatrices et des personnalités qui ont voie de presse a pourtant des causes. Tant que l’Etat ne s’attaquera pas aux causes, les victimes seront de plus en plus nombreuses. Les petites frappes qui ont assassiné Adrien Perez l’ont tué physiquement. Le prêt-à-penser le tue une seconde fois. Pour qu’Adrien ne soit pas mort pour rien, nous demandons que l’Etat s’attaque aux causes, donc à la racaille en réformant sa justice par des consignes d’intransigeance et par l’abandon définitif de la doxa gauchiste de l’excuse sociologique qui bénéficient « toujours aux mêmes » pour reprendre les mots de la maman d’Adrien.