Victoire de Viktor Orban en Hongrie : le peuple contre l’oligarchie

Viktor Orban, figure de proue de la coalition du Fidesz-KDNP, a remporté dimanche 8 avril une large victoire lors des élections législatives. Pour les votes de listes, le Fidesz totalise 49,51% et récupère 133 sièges. Le Jobbik, parti nationaliste, arrive deuxième avec 19,61% des votes de liste, et obtient 27 députés. La très large participation des Hongrois à cette élection révèle le soutien réel et populaire que rencontre le Premier ministre Orban, à la tête de la Hongrie depuis deux mandats consécutifs.

Cette victoire réconfortante, après les élections autrichiennes et le score de la droite nationale italienne, démontre une nouvelle fois que le bon sens demeure du côté du peuple et que celui-ci a tendance à voter pour ceux qui lui tiennent un langage de vérité et luttent pour sa survie.

La sécession européenne

Nul n’ignore plus que l’Union européenne est entrée en sécession de manière informelle. D’une part, le couple franco-allemand dominant sur les plans économique et diplomatique tente de maintenir une hégémonie contestée sur les affaires européennes. D’autre part, les pays d’Europe centrale sous l’impulsion de gouvernements nationaux-conservateurs optent pour l’émergence d’un nouveau modèle pluraliste et surtout européen. Ainsi ils ont réactualisé le groupe de Visegrad, du nom de l’union scellée dans le château éponyme qui a prévalu entre les royaumes au XIVème siècle. Ce groupe de Visegrad réunit la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie et la Hongrie, tandis que l’Autriche a manifesté son intention d’adhérer à la structure.

Cette union diplomatique informelle est devenu aujourd’hui un véritable contrepoids politique aux injonctions de Bruxelles. En effet, la capitale européenne a tenté d’isoler à plusieurs reprises et tour à tour la Hongrie et la Pologne. Grâce à cette union de ces pays tous membre de l’UE, la technocratie européenne n’est pas parvenue à ses fins.

La gestion de la crise grecque et le Brexit ont mis à mal la domination économique, essentiellement allemande. Ensuite le modèle de société multiculturelle occidentale a pris du plomb dans l’aile avec l’arrivée massive de clandestins à partir de 2015. Les flots organisés de populations extra-européennes qui se sont déversés sur le continent ont révélé toutes les failles du melting-pot prôné par le capitalisme mondialisé : attentats, viols, agressions, revendications ethno-religieuses ont démontré le vrai visage des « réfugiés » en un temps record. L’idéologie du vivre ensemble a révélé sa face sombre trop rapidement pour des pays encore sensibles aux réalités de l’invasion.

Une campagne sans langue de bois

Viktor Orban a volontairement axé sa campagne sur la défense de la Hongrie et de l’Europe face à des hordes de clandestins. Il a mis en valeur l’efficacité de la barrière à la frontière sud qui a rendu caduque la route des Balkans vers l’Allemagne en quelques semaines. Le Premier ministre hongrois, plébiscité par son électorat, oriente désormais son combat contre Bruxelles et la fondation Soros, accusées de favoriser l’immigration illégale et la destruction des valeurs nationales.

Fortifié par l’expérience du passé communiste, déçu par les illusions de la démocratie libérale, Viktor Orban apparaît comme le chef de file d’une résistance conservatrice qui place en la nation les frontières naturelles du développement humain. Rétifs aux invasions et aux ingérences mondialistes, les peuples d’Europe centrale montrent une voie à suivre, fondée sur le pragmatisme et une identité culturelle forte.

Eviter l’illusion de l’homme providentiel

Cependant il convient d’éviter de tomber dans un piège rhétorique. Quand nous parlons de l’étranger, il faut toujours éviter deux écueils : la géopolitique en chambre, et l’illusion du paradis terrestre. La Hongrie rencontre bien sûr d’autres problèmes sur le plan intérieur que ne saurait gérer seul un homme politique, si bien intentionné soit-il. Il ne faut pas s’imaginer des rivières de miel et des champs d’herbe grasse. Prémunissons-nous de ce romantisme qui place son espérance en l’étranger ou en l’homme providentiel. Ce ne sont là bien souvent que des rêveries qui s’opposent à la nécessité du travail politique et qui entretiennent en contrepoint le découragement et le désespoir.

Si les Hongrois nous montrent qu’il est toujours possible de reconquérir le réel pied à pied en permettant l’alliance d’un peuple avec un gouvernement véritablement au service des intérêts de celui-ci, nous ne devons pas simplement nous réjouir pour eux, mais continuer jour après jour de travailler pour le bien commun : en cela nous accomplirons notre tâche dans la défense de notre civilisation commune.