Quand le statut localiste et communal du logement social est supprimé

Aujourd’hui était discuté en conseil des ministres le projet de loi ELAN destiné à la réforme des bailleurs sociaux.

L’objectif clairement affiché du gouvernement En Marche est d’accélérer la construction de logements sociaux, comme l’affirme très clairement dans Le Figaro de ce jour, Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires : « Il n’y a pas suffisamment de logements sociaux, il faut en construire plus ». Or, tout le problème c’est que plus que de cohésion, il s’agit en fait d’une destruction de la société organique dans laquelle nous vivons, puisque ce projet de loi va acter la fin de la gestion communale du logement social.

En effet, la loi ELAN accentue encore plus le millefeuille administratif qui étouffe la France puisque désormais tout organisme H.L.M. devra avoir une taille minimale de 15.000 logements, favorisant l’émergence de vastes structures colossales faisant et défaisant ce qu’elles veulent sans attendre le consentement des Maires. Nous sommes totalement dans cet esprit macronien de course au gigantisme, qui se traduit par la destruction du bloc communal et l’émergence de vastes métropoles et maintenant par la création de bailleurs sociaux à taille surhumaine, désireux de gérer le parc social à leur guise, sans souci de respecter la cohésion sociale ou de préserver notre identité française.

Les bailleurs sociaux viennent d’ailleurs de m’alerter aussitôt, soucieux du détricotage du lien de confiance établi parfois après de longs pourparlers avec les Maires du territoire, et inquiets de l’avenir politique et financier qui leur est réservé.

Ce projet de loi ELAN est donc une nouvelle atteinte à la défense du bien commun comme à la société française, et ne règle en rien les difficultés sociales qui la gangrènent.