Y a-t-il un marché du travail pour favoriser la formation ?

Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre du Travail Muriel Pénicaud, vient de proposer le 5 mars ce qu’il appelle « le big bang » de la formation professionnelle. Vaste programme.

L‘objectif affiché se veut clair sur le papier : permettre aux salariés de se former pour acquérir les compétences nécessaires à l’évolution du marché du travail. Le gouvernement estime que 50% des emplois seront transformés ces prochaines années et qu’il faut anticiper ce changement. Pour ce faire, Macron et son équipe prévoient de consacrer 15 milliards d’euros sur cinq ans pour permettre à un million de chômeurs peu qualifiés et à un million de jeunes décrocheurs d’obtenir de meilleures qualifications et de nouvelles compétences.

Toutefois, il est à remarquer que depuis 2015 il existe pour chaque salarié un certain nombre de droits à la formation qui sont sous-utilisés. Ce qui fait dire justement à certains experts que sans une révolution culturelle, à savoir sans une évolution des mentalités, il est peu probable que le nouveau plan de Macron ait une vraie utilité, car peu de salariés seront disposés à suivre une formation.

De plus, ce n’est pas une seule révolution culturelle qui pourrait suffire. Sans une révolution fiscale et salariale qui soit incitative pour les entreprises, afin de leur permettre d’embaucher davantage sans explosion des charges, le gouvernement aura beau entreprendre de nombreux chantiers, aucun ne sera réellement utile. Surtout lorsque le ministre se permet d’annoncer la création d’une énième agence nationale, en charge de la régulation de la formation et de l’alternance, baptisée France Compétences, dont nous savons très bien que les coûts de fonctionnement sont disproportionnés par rapport au travail rendu. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le patronat a indiqué : « Ils veulent simplifier le système mais, pour le moment, c’est complétement flou ». Evidemment puisque aucune proposition sérieuse et de bon sens n’a été déclinée.

Bref, Macron n’a pas compris la situation économique du pays : tant que le marché du travail sera vide, il y aura un véritable frein à l’emploi. Et ce n’est pas en favorisant la formation de ceux qui sont déjà salariés que la France ira mieux. De plus, la question du traitement social du chômage en France reste véritablement problématique. Tant que la redistribution sociale paiera plus que le travail, il sera difficile d’inciter à un retour durable à l’emploi.

Les incantations présidentielles seront comme toujours bien inutiles mais elles sont là pour occulter l’incompétence du système incarné par Emmanuel Macron.