Italie : le populisme en poupe

Ce matin, nombre de sujets d’actualité ô combien brûlants n’avaient pas échappé à nos journalistes français : la pluie et le beau temps, les chassés-croisés des vacanciers rentrant du ski ou encore les derniers résultats sportifs du week-end. Quant aux élections législatives du 4 mars en Italie, rares étaient les journalistes à vouloir évoquer ce sujet, bien épineux pour le prêt-à-penser médiatique. Ou plutôt la rare analyse proposée consistait à s’effrayer de la victoire du populisme italien.

Il faut dire que jamais nos journalistes n’avaient réellement osé s’aventurer sur le terrain politique italien, où des thèmes de campagne fondamentaux pour le devenir national italien ainsi que pour notre civilisation européenne s’étaient fort heureusement invités : dénonciation de l’immigration de peuplement, exaltation de l’identité nationale, volonté d’un retour à la sécurité. Face à l’exaspération italienne, nos journalistes français avaient préféré occulter volontairement tous les enjeux de l’élection italienne, alimentant à l’insu des citoyens français une campagne de désinformation choquante. Pire, le thème de l’abstention devenait pour eux l’alpha et l’oméga de leur analyse.

Mais en ce lendemain d’élection, la réalité est tout autre. Plus de 70% des Italiens se sont rendus aux urnes ce dimanche, balayant d’un revers de main toute la glose journalistique. Dès lors, pour masquer leur erreur d’analyse, cette non-abstention s’est transformée pour eux en une percée effrayante du populisme, qu’il convient d’occulter en n’en parlant pas. Pourtant le succès du Mouvement 5 Etoiles d’Alessandro Di Battista avec 32% des voix sans oublier les 37% réalisés par la coalition des droites composée par Fratelli d’Italia, la Ligue du Nord et Forza Italia sont un signe manifeste d’une volonté de sursaut du peuple italien. Sous le terme de populisme nos chers journalistes cherchent seulement à qualifier le succès dérangeant de candidats hors système, et dont la victoire était espérée par le peuple mais unanimement condamnée par la bien-pensance.

Ce populisme montre au contraire à quel point les citoyens veulent que le pouvoir politique s’empare des sujets impérieux tels la défense de la souveraineté, la préservation de leur modèle culturel et civilisationnel ainsi que leur héritage chrétien. Et ce n’est pas en promettant toujours plus à l’étranger et à ce qui est lointain, comme l’avait fait la gauche italienne au pouvoir jusqu’à présent, ou comme le fait en France Emmanuel Macron, que le peuple sera satisfait. Et que nos journalistes se préparent : si le peuple se ressaisit, le populisme a plus que jamais de l’avenir.