Quand on ferme les écoles de nos campagnes

Il y a bien longtemps que nos élites parisiennes se moquent ouvertement de la France rurale et de ses campagnes. Les politiciens parisiens n’osent s’y rendre qu’à l’occasion d’échéances nationales, pour augmenter leur capital sympathie, parcourant à grands pas la campagne tels des touristes qui visitent une réserve naturelle partiellement préservée des derniers musts de la capitale.

Pourtant la France des campagnes, c’est encore plus de 20% des Français. Si nous y associons les petites villes et villes moyennes, les territoires péri-urbains, mieux connus sous l’appellation de « France périphérique » développée par Christophe Guilluy, nous sommes à 60% de la population.

Cette France périphérique est belle et bien la France oubliée par tous nos dirigeants de droite comme de gauche. C’est cette France qui souffre d’une centralisation démesurée qui applique de façon uniforme une politique d’aménagement du territoire qui dépouille nos communes et nos anciens chefs lieu de canton de leurs services publics. C’est aussi cette France à laquelle on ne promet aucun espoir de changement, puisque le gouvernement vient d’acter la suppression de 1.000 classes rurales et près d’une centaine d’écoles primaires, dans pas moins de 57 départements. C’est ainsi que la Corrèze perd 14 classes, la Saône-et-Loire 21, l’Eure-et-Loir 28 et les Vosges 29.

En même temps, comme dit Macron, il existe une France bien mieux lotie. C’est la France dite des quartiers difficiles, où l’Etat ne cesse d’inventer de nouveaux acronymes, des Z.E.P. aux Z.U.P. en passant par les Z.P.S. C’est une France où ne vit que 7,5% de la population, soit 8 fois moins que dans la France périphérique. C’est aussi dans cette France que résident 32,5% des allocataires étrangers qui ont chassé les Français moyens partis se réfugier à la périphérie des villes. Cette France voit quant à elle l’ouverture de nombreuses classes dédoublées, puisque 85% d’entre elles bénéficient déjà d’un enseignant pour 12 élèves, alors que les classes rurales accueillent plus de 23 élèves en moyenne pour un seul enseignant. 117 écoles parisiennes devraient ainsi profiter de ce nouveau dispositif, 406 postes seront utilisés par ce dédoublement en Seine-Saint-Denis alors que dans le même temps 124 classes nouvelles ouvriront leurs portes en Val-de-Marne. Sans oublier les millions d’euros que l’Etat investit dans des programmes éducatifs en Afrique ce qui a poussé un maire d’une commune de 500 habitants de l’Oise a manifesté légitimement sa colère, en placardant à l’entrée de son village : « 250 millions d’euros pour ouvrir des classes au Sénégal. Ici on les ferme ». Sans oublier que dans le même temps l’Etat consacre 1,5 milliards d’euros par an à l’accueil des mineurs étrangers sur notre sol.

Ces exemples révèlent bien à quel point le gouvernement macronien privilégie une politique de solidarité envers les populations immigrées et les pays étrangers, au détriment de la France provinciale des clochers, où vit l’âme française comme le chantait Frédéric Mistral.

La solidarité de l’Etat pour ce qui est lointain le détourne de tout devoir d’équité et de charité envers le prochain, à savoir son propre peuple, ses propres campagnes et ses Français de souche.

A terme cette politique conduira inévitablement à la destruction de notre société vivante et organique, bref à la disparition de notre communauté nationale, faisant d’une prétendue solidarité l’enjeu suicidaire de toutes ses politiques, qu’elles soient scolaires, culturelles, économiques ou sociales.

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