Autriche : l’Europe des droites se lève à Vienne

Depuis hier, lundi 18 décembre, un vent d’air frais souffle de nouveau sur l’Europe avec l’entrée du nouveau gouvernement autrichien qui scelle l’alliance entre l’ÖVP et le FPÖ. Ce qui semble impossible en France, une alliance gouvernementale entre les conservateurs et la droite patriote, se réalise sous les yeux ébahis de tous les tenants du consensus obsolète de la social-démocratie.

La patrie de Metternich, après la victoire du Parti populaire (ÖVP) emmené par Sebastian Kurz le 15 octobre, ose le pari de l’union des droites que nous appelons de nos vœux depuis si longtemps. Ayant moi-même l’habitude de me rendre en Autriche au moins une fois l’an pour y retrouver de la famille, je ne peux que me réjouir de cette heureuse surprise transalpine, et j’espère que cette marche viennoise fera bientôt entendre sa petite musique sur la scène européenne, comme pour un concert du Nouvel An digne de ce nom.

Un nouveau cœur bat au centre de l’Europe. L’Autriche rejoint la Hongrie de Viktor Orban et la Pologne conservatrice de Jarosław Kaczyński, qui forment avec la Slovaquie et la Tchéquie le groupe de Visegrad. Certes l’empire austro-hongrois ne renaît pas de ses cendres un siècle après sa disparition, car l’Autriche n’appartient pas encore formellement à ce club des nations de la Mitteleuropa, mais elle adopte une ligne politique similaire. Faisant de la liberté et de la responsabilité individuelle le socle d’un engagement patriotique profond, les deux grands partis de droite autrichiens adoptent une ligne claire fondée sur le bon sens et la mesure. En accordant trois ministères régaliens, soit l’Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères, à son allié du parti de la Liberté (FPÖ), le chancelier Kurz montre qu’une véritable union passe aussi par la considération et le respect de ses alliés. Cette coalition naturelle a six mois pour montrer à ses pairs européens la marche à suivre avant de prendre la tête du Conseil de l’Europe l’été prochain. Voilà une formidable occasion de remplacer le duo antique et mortifère incarné par Angela Merkel et Emmanuel Macron pour mener une politique d’espérance.